Alléluia les TGV vont se multiplier entre Bordeaux et la capitale dans un temps record et de tous les cotés on se glorifie d’avoir obtenu à coup de milliards puisés dans la poche de tous les contribuables un tel outil de développement démographique, économique et même pour certains culturels. Les premiers essais vont débuter et au printemps 2017 on montera dans le train inaugural. Un autre information est tombée en fin de semaine dernière.
Une nouvelle étape vient d’être franchie dans le projet de ligne à grande vitesse reliant Bordeaux à Toulouse mais aussi la portion Bordeaux-Dax. Le Conseil d’Etat avait émis un avis favorable à la déclaration d’utilité publique (DUP) ce qui fait qu’en juin l’arrêté pourra être pris. On va donc vers une extension du réseau malgré les remarques défavorables contenues dans l’enquête publique ! Personne, j’écris bien personne, ne sait comment on financera cette ligne puisque on en est toujours au même point sur le tronçon Bordeaux-Tours qui n’a pas reçu les fonds prévus par des engagements signés par les collectivités territoriales. « Il nous manque 795 millions d’euros », détaille le Président de SNCF réseau à cause des collectivités qui « n’assurent donc pas le paiement des subventions en temps et en heure ». Mais aussi parce que l’État, de son côté, n’est pas capable d’assurer correctement sa part. L’Agence de financement des infrastructures de transport de France (AFITF) « n’a pas eu les ressources en trésorerie pour régler les appels de fonds que nous lui adressions »… et pendant ce temps on emprunte donc à tout va (37 milliards) pour terminer les chantiers que l’on sait déjà non rentables ! On rogne partout sur tous les postes dont celui de l’entretien ou du renouvellement des équipements sur les lignes existantes afin de rééquilibrer des comptes pour le moins inquiétants !
Dans ce contexte une panne informatique du système de signalisation au poste de commandement de Monts, en Indre-et-Loire, a interrompu l’ensemble du trafic ferroviaire entre les gares de Paris-Montparnasse et Bordeaux. Sur la soirée, 7.000 personnes ont été touchées. Quelque 3.500 à 4.000 ont patienté plusieurs heures dans des TPV (trains à petite vitesse) en circulation, La SNCF avait annoncé auparavant avoir dû supprimer deux TGV au départ de Paris et un au départ de Bordeaux et que 13 autres TGV étaient retardés. C’est quasiment quotidien pour une raison ou une autre que des retards oins importants se produisent mais on continue à faire comme si dans quelques mois tout allait aller comme sur ds roulettes de TGV ! Il manque en fait des millions voire des milliards d’euros pour fiabiliser ou renouveler l’existant.
Rebelote d’ailleurs le lendemain puisque le trafic des trains a été interrompu pendant près de deux heures à Paris-Montparnasse en raison d’une panne qui a duré plus de 2 heures.Un composant électronique défectueux des installations de contrôle des équipements de voie de la gare, qui a dû être changé par les équipes de SNCF Réseau en milieu de matinée pour permettre au trafic de repartir. Au total pendant la panne, six trains grandes lignes (TGV et Intercités) au départ de Montparnasse ont été retenus et deux autres trains en direction de la gare ont été temporairement bloqués en amont. Alors qu’on évoque des allongements, des restructurations, des temps de trajet exceptionnels on admet que le « réseau est vieillissant » et que si la sécurité reste la priorité absolue on constate que les pannes augmentent. Un seul repère suffit : les opérations de maintenance et de renouvellement deviennent inexorables sur un réseau ferré vieillissant, dont l’âge moyen est à peu près le double de celui du réseau allemand.
La fiabilité est essentielle pour tous les voyageurs et surtout ceux qui empruntent les TGV car ils calculent leurs horaires et payent pour passer le minimum de temps loin de chez eux. D’ailleurs pour les trajets quotidiens ordinaires sur les TER la ponctualité et même souvent l’existence du train deviennent une obsession permanente. Il devient très difficile de prévoir des déplacements via la SNCF… Quand il faudra de toute la Gironde se rendre à Bordeaux (durée du trajet), trouver une place (très onéreuse) des stationnement, trouver un TGV qui parte à l’heure on verra si statistiquement et financièrement les efforts effectués pour économiser du temps sont rentables. On parle de 18 trains dans le deux sens par jour : imaginons simplement que les pannes intervenues en 48 heures se produisent…pour envisager leurs conséquences commerciales !