Nous sommes dans un contexte tellement dégradé que plus rien ne peut avoir raison des idées toutes faites, de ce que je ne cesse d’appeler le prêt à porter idéologique qui évite de se poser la moindre question sur la réalité. Le mal est terrible car plus rien ne s’oppose à ce tsunami fascisant conduisant à la destruction progressive de toutes les valeurs républicaines réduites à la portion congrue. La liberté, l’égalité et plus encore la fraternité ne sont que des mots creux inscrits sur quelques murs de bâtiments publics ! C’est ainsi qu’un responsable du service immigration de l’OCDE, organisme européen objectif et fiable avoue en parlant des migrants : « On essaye de poser les termes d’un débat apaisé, et en fait ça produit l’effet inverse ». Pour lui plus rien ne peut s’opposer à la montée exponentielle du racisme, de la haine et de la démagogie la plus caricaturale. Le XXI° siècle devient pour le moment celui de l’obscurantisme entretenu par un système médiatique télévisuel désastreusement simplificateur et falsifié.
Il est impossible de penser que ce phénomène serait strictement français et les résultats récents des élections allemandes, après celles de quelques autres pays européens attestent que les mêmes causes produisent les mêmes désastre. Le récent rapport « Perspective des migrations internationales 2016 », présenté aux Nations unies à New-York, tente (vainement selon leurs auteurs) d’expliciter les cotés positifs de l’immigration. Pour cette étude en 2015, 4,8 millions de personnes ont immigré dans les pays les plus industrialisés (soit 10% de plus qu’en 2014), les demandeurs d’asile ont représenté 1,65 million de personnes dont 1,3 million en Europe… C’est un fait intangible qui crispe la société (surtout les strates les plus âgées) pour provoquer d’incessantes éruptions de violence froide (vote dans les démocraties) ou ardentes (pays ayant basculé dans des régimes inquiétants). L’OCDE ne cesse dans son rapport, page après page de ressasser que l’enjeu réel sera la capacité intelligente d’être capable d’intégrer pour l’intérêt général bien compris ces flux de réfugiés dans une société ayant oublié la multiplicité historique de ses racines. C’est urgent ! Les déclarations débiles et superficielles des ténors de la Droite (Wauquiez est en pointe dans ce domaine!) rappelle les pires heures de la montée du fascisme en Europe. Les idées toutes faites ont tellement pénétré les esprits que plus rien n’a de prise !
Quelques pays ont anticipé et mis en place des politiques spécifiques en présentant le réfugié comme un atout. Le rapport signale qu’en Suède « les bureaux publics de l’emploi tiennent compte du niveau d’instruction et de l’expérience professionnelle du migrant, du taux d’emploi local, de la taille de la municipalisé, de la concentration de personnes nées à l’étranger dans la zone, et de la disponibilité de logements ». De son côté, la Norvège travaille sur « une procédure d’évaluation rapide des compétences pour faciliter la dispersion des migrants humanitaires hébergés en centre d’accueil dans les villes correspondant à leur profil professionnel ». Chez nous ont les entasse dans des « camps » sans aucun diagnostic réel de ce que ces arrivants peuvent apporter à la société française (langue, commerce international, savoir-faire historiques, diplômes…). On expédie des contingents vers des destinations sans aucun rapport avec les réalités territoriales. Ces jeunes qui viennent avec une vraie envie de s’installer pour la très grande majorité d’entre eux, sont considérés comme des rivaux, des fardeaux, des dangers quand ils peuvent s’intégrer facilement dans des secteurs où notre propre formation est défaillante. Rien, absolument rien n’est mis en place pour évaluer la compétence des réfugiés ou des migrants… Même le Nigeria et le Pakistan sont plus évolués dans ce domaine que la France car pour des sommes dérisoires ils ont mis en place des programmes d’évaluation des compétences en ligne !
Autre fait négatif de fond : l’apprentissage de la langue du pays d’accueil. L’Allemagne a mis en place des modules en fonction du niveau d’instructions des migrants, mais la France, l’Italie, la Grèce (faute de moyens) n’ont absolument aucun programme national construit (les bénévoles pallient selon leurs moyens cette énorme carence) distinguant « migrants humanitaires peu instruits ou très instruits. Quand on sait que l’apprentissage de la langue demeure le facteur essentiel d’une intégration réussie on devine quel sera le taux d’échecs pour la recherche d’emplois. Un sujet que l’Europe frileuse, crispée sur les réticences nationalistes, n’a jamais abordé et sur lequel elle n’est pas prête d’investir. Or le message essentiel de l’OCDE c’est l’apport bénéfique à long terme de l’immigration. D’autant que les pays d’accueil sont pour la plupart confrontés à une population vieillissante et un problème de soutenabilité des retraites. « Les migrants veulent contribuer à l’économie; ils sont disposés à payer des impôts, comme ils sont jeunes, ils sont a priori moins malades et ne pèsent pas sur le régime des retraites » rappelle son secrétaire général. Il ajoute « sur les 10 dernières années, les immigrés ont contribué à 47% de l’augmentation de population active aux États-Unis et 70% en Europe». Tout le monde s’en fout !