Après l’élection américaine, une certitude apparaît dans le monde politique : la mort annoncée des partis qu’ils changent de nom ou pas. Trump est parti avec l’hostilité des républicains installés… Clinton a imposé sa volonté àà des démocrates peu convaincus de l’intérêt des a candidature. Les partis structurés des USA ont du plomb dans l’aile… comme en France. Plus personne ne leur fait confiance dans l’opinion dominante et le militantisme qui ressemble de plus en plus au statut de « supporteurs de vedettes du show-business » ou de protecteurs des acquis électifs n’a plus grand sens. Que restera-t-il réellement du PS au 31 décembre 2016 si les primaires opposent un Président sortant impopulaire et des leaders ne surfant que sur ce rejet de leur leader ?  François Hollande aurait cette semaine rassemblé une centaine de parlementaires triés sur le volet à l’Elysée lors d’une soirée pour prendre la température et se constituer un parti-bis car il a vraiment l’intention de partir. Manuel Valls multiplie chaque semaine les repas discrets avec des élus susceptibles de porter son action aux primaires. Ce qu’il reste du PS entre dans la tourmente et y restera après des primaires portion congrue ne lui permettant pas comme avec Royal et Hollande ensuite de trouver des forces nouvelles.

On peut aussi s’interroger sur l’état de l’ex-UMP après le scrutin de novembre qui fera s’écharper et dynamiter en fait de l’intérieur une structure dont le Président et ses lieutenants sont sur des sièges éjectables ! Le Parti Communiste a été pris de vitesse par Jean-Luc Mélenchon libre à l’égard de toutes les structures et même du Parti de Gauche ! EE-LV est en état de décomposition avancée avec des clans irréconciliables surtout depuis que Duflot a coulé à pic et que la scission entre leaders a été consommée. Le FN malgré les apparences est rongé par le cas « papa Le Pen » qui va accentuer dans tous les domaines sont pouvoir de nuisance. Et le centre déjà parcellisé attend le résultat de la primaire de l’ex-UMp pour se disperser entre des ambitions personnelles encore contenues…

Bref jamais la vie politique « traditionnelle » française n’a été en aussi mauvais état. Elle implose de manière lente mais inexorable ! Plus personne n’y croit et d’ailleurs on voit bien que les principaux leaders se démarquent ou refusent de se mouiller dans les jeux d’appareils ! Certains ont des études d’opinion indiquant qu’une étiquette trop étroite pénalisera fortement une candidature aux présidentielles ou aux législatives ! Ils envisagent même aux législatives de se présenter sans appartenance politique. 

Marine Le Pen va donc jouer sur le fameux « Bleu Marine » qui fera oublier les miasmes qui traînent autour de ce FN désormais en proie aux tourment des affaires personnelles et collectives. Elle met en place partout en France des clubs avec des sympathisants qui vont former un réseau parallèle à celui de son propre parti qui viendra qu’en renfort. Elle ne s’exprime plus au nom du FN et laisse  la parole « officielle » à la troupe qui l’entoure managée par un conseiller en communication très organisé. En refusant de se disperser das des réactions réputées partisanes elle se prend sa distance avec un parti pas si soudé et efficace que l’on veut bien l’écrire. Demain il changera de nom lui-aussi et il élargira son audience en absorbant des « clubs » ou « associations » noyautées par des envoyés très spéciaux comme au sein des facs ou des lycées.

Que restera-t-il de l’UMP qui est devenue une fédération d’intérêts personnels ou de sous-partis officieux ? L’unité n’est qu’apparente, provisoire et extrêmement fragile. Que fera Nicolas Sarkozy si, comme le laisse présager les sondages il perd les primaires ? Laissera-t-il le parti aux mains du vainqueur ? Que deviendra « la France droite » de NKM , « Idées Nation » de Bruno Lemaire ; « Force républicaine » de Fillon : les « clubs Juppé » en instance de création… et « La France forte » et tant d’autres fractions qui vont s’ériger de manière directe ou indirecte en micro-partis surtout si les problèmes de répartition du fric se pose pour les législatives… Le néo-parti issu de l’UMP ne tiendra la route que si le victorieux aux présidentielles ne fait pas trop de dégâts auprès des battus des primaires qui solliciteront tous des investitures ou des postes pour leurs soutiens. Le Modem paiera les pots cassés et l’UDI éclatera si Sarkozy gagne !

Le PS de son coté masque l’hémorragie qui le menace en fanfaronnant au niveau national sur une situation dénuée de tout réalisme. Des milliers de militant(e)s ne renouvelleront pas en 2017 leur cotisation et pour le moment n’apparaissent pas comme « démissionnaires ». Ils attendent le positionnement sur les primaires éventuelles et surtout attendent la date de désignation des candidat(e)s aux législatives. Après selon le candidat désigné aux présidentielles il risque de manquer bien du monde pour tracter. D’ailleurs là encore on s’organise hors du parti… Des consignes sont arrivées avec à la manœuvre pour Hollande un improbable duo formé de Daniel Vaillant et Julien Dray chargés depuis peu de mobiliser quelques réseaux départementaux.

Emmanuel Macron a envoyé le faire-part de naissance de « En marche » une association bien entendu dénuée de toute arrière-pensée de candidature mais dont on cause discrètement en Gironde. Quant à Martine Aubry elle reste précautionneusement sur le concept du Think tank intitulé « Renaissance », tout un programme. Macron est « en marche » en dehors des sentiers battus et rebattus par les caciques socialistes et il annonce son indépendance pour début décembre. De partout montent les initiatives issues du principe de précaution comme des assurances survie après la disparition de la maison mère ! Il faut en attendre d’autres et admettre que les décisions se passent ailleurs désormais que dans les sections fantômes ! Et pendant ce temps à gauche Jean-Luc Mélenchon rassemble au-delà des partis politiques et il a largement anticipé la démarche suicidaire de la nomenklatura du PCF en bâtissant une stratégie de mobilisation citoyenne.

L’engagement politique devient de plus en plus difficilement supportable et les primaires l’ont tué.  Plus personne ne sait exactement dans quel état sortiront les partis politiques de l’élection présidentielle française surtout si on se fie au résultat des présidentielles américaines. Ils seront en ruines plus ou moins réelles dans tous les camps : c’est la seule certitude que l’on peut avoir… et il faudra bien du temps pour reconstruire pour les échéances de 2020 ! En attendant plus rien ne s’oppose en France à l’élection justement d’un(e) président(e) qui critiquera vertement l’inefficacité du système politique. L’alerte est générale et l’ignorer en s’entêtant à ne pas changer profondément les méthodes et les programmes c’est aller au même résultat que celui désastreux d’Outre-atlantique !