Ils sont de plus en plus nombreux les Etats de la planète qui contestent d’une manière ou une autre l’ordre mondial établi surtout s’ils ne sont dirigés par de pseudos lauréats du suffrage universel. Tous les rapports antérieurs avec les grandes puissances ont été distendus et en 2016 pour certains l’heure de la révolte à sonné. D’autant que les instances internationales devenues extrêmement partisanes se révèlent incapables de gérer les conflits potentiels. Et si parfois elles y parviennent les belligérants refusent d’appliquer les décisions.

Cette déliquescence impunie des conventions accentue le désordre mondial et conduit certains à bafouer les droits de l’Homme, les accords économiques, les conventions de guerre relatives aux civils, les frontières pourtant reconnues, les colonisations illicites, le pillage des matières premières, la justice contre les crimes contre l’humanité… Le leader de ce mouvement de contestation reste incontestablement Poutine qui a agi au cours des derniers mois comme bon lui semble dans tous les secteurs de la vie internationale. Certains l’approuvent au nom de leur vision anti-américaine alors que d’autres s’inquiètent car ils y voient un retour à une forme d’impérialisme soviétique. Muni d’un droit de veto et sachant pertinemment que les autres (France, USA, Grande Bretagne, Chine) pour des raisons contradictoires sont totalement incapables d’imposer une quelconque régulation des conflits car en désaccord permanent il a avancé en 2016 sans se soucier outre mesure des vagues provoquées. En plus les « grandes » puissances sont dépourvus de moyens car elles sont engagés sur des fronts difficiles et en proie à des crises budgétaires les paralysant sur le plan matériel.

En 2016, rongés directement ou indirectement par les conflits essentiellement religieux ou économiques, les Etats sont donc entrés dans un tourbillon dont nul ne peut connaître l’issue dans l’année qui s’ouvre. Le Sahel reste une zone de non-droit pour tous les trafics. La Lybie n’a plus rien d’un État. Le Yemen est le théâtre du vrai conflit du Moyen Orient entre Chiites et Sunnites. L’Irak n’en finit plus de sortir du coma institutionnel où l’a plongé l’intervention US. La Syrie règle toujours ses comptes au TNT ou sous les bombes. Les « printemps arabes piétinent. Israël poursuit sans vergogne ses implantations sur des territoires interdits. Le proche où le Moyen-Orient implose en permanence autour de l’enjeu du pétrole. Les pays européens vivent dans une triple crise économique, sociale et identitaire. La Grèce ne va pas mieux et se rebelle toujours. En Italie il faut à nouveau renflouer une banque. Les ex-pays de l’Est se tourne vers l’ultra-nationalisme. L’UE dépassée car uniquement orientée vers le profit a atteint ses limites. Les migrations s’accentuent partout sous les effets du réchauffement climatique, de l’extrême pauvreté et des conflits armés. Au cours de l’année qui s’achève la mondialisation des problèmes a été patente et désastreuse et leur résolution inexistante ou réglée par les armes !

Il y a un seul espoir dans ce désordre angoissant qui fait que plus personne ne tente des voyages lointains celui de la COP 21 ! C’est véritablement le seul accord signé par plus de 100 États dont les plus puissants économiquement de la planète et il semble que, vu l’urgence de la situation la COP 22 de Marrakech en 2016, ait confirmé au minimum la prise de conscience. Il reste néanmoins à vérifier que l’économie avide de profits faciles à n’importe quel prix environnemental suivra des objectifs déjà sous-estimés. Les gens de l’OPEP eux, pendant ce temps, ont fini par s’entendre afin de réduire leur production et contraindre les USA  à puiser dans leur schiste les quantités manquantes à prix d’or (noir évidemment). Les Russes lâchent en revanche toutes leurs réserves afin de maintenir leurs recettes indispensables dans un pays où le pouvoir d’achat est en chute libre. Bref en 2016 la concurrence dans ce domaine s’est exacerbée. Comme la Chine patine en terme de croissance et que sa monnaie ne cesse de chuter les conséquence sur le commerce mondial sont devenues préoccupantes. Les prévisions sont inquiétantes mais inconnues du grand public.

En fait 2016 dans ce contexte déstructuré on a assisté à une vraie « poutinisation de l’ordre mondial. Les démocraties occidentales lui font désormais la part belle. Trump le Donald boiteux de l’esprit, des candidats aux présidentielles Française s actuellement connus, bon nombre des anciens pays réputés non-alignés ont nettement franchi le pas, la Bulgarie vient de revenir à un régime pro-russe, la Turquie vire vers la dictature et va cherche un allié peu regardant à Moscou  : autant de signes extérieurs de puissance du maître du Kremlin apparus au cours du seul dernier trimestre. Ils auront un poids considérable au cours de l’année nouvelle sans que l’on puisse véritablement en mesurer les conséquences réelles avec l’arrivée de Trump à la Maison Blanche.

Jamais on aura connu une telle accélération dans la déstructuration des instances mises en place après la dernière guerre mondiale. Impuissance patente de l’ONU dans la séparation de belligérants, collusion entre le monde de la finance et le FMI, échec de l’OMS dès qu’une catastrophe sanitaire type SIDA ou Ebola arrive, incapacité de la FAO à mobiliser des fonds pour lutter contre la famine… Il faut se rendre à l’évidence le chacun pour soi appelé nationalisme et l’intérêt comptable de quelques uns, ont pris le pas sur la fameux internationalisme ou même sur l’antagonisme des blocs combattu par le non-alignement… Ah ! « Si tous les gars du monde » voulaient bien se réveiller !