Le retour de l’inflation réjouit les uns ou inquiète les autres

Il existe des gens qui en rêvent ! Durant des années l’inflation a été considérée comme un phénomène utile au développement économique puisqu’elle permettait dans les faits de diminuer leur dette et générer une augmentation automatique des salaires. Certes c’est la perte du pouvoir d’achat de la monnaie qui se traduit par une augmentation générale et durable des prix et trop souvent elle est confondue avec l’augmentation du coût de la vie. Depuis des années tous les gouvernements européens luttent contre ce phénomène puisque les taux d’intérêt n’ont jamais été aussi faibles. En fait nul ne sait vraiment si c’est la solution à la crise. Or depuis peu apparaissent des signes, des indices d’une reprise de l’inflation et tout le monde s’affole. On annonce une remontée des taux d’intérêt à long terme.

Il est exagéré de parler d’un retour de l’inflation dans la zone euro, a déclaré jeudi François Villeroy de Galhau, membre du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE), signalant ainsi qu’il n’est pas favorable à une modification de la politique de la BCE en réaction à l’accélération de la hausse des prix au mois de décembre. Les prix à la consommation dans l’union monétaire ont en effet crû de 1,1% sur un an en décembre, a annoncé l’agence européenne de la statistique. Il s’agit du plus fort taux d’inflation depuis… septembre 2013. En fait c’est jugé insuffisant car les prévisions de la Banque centrale Européenne (BCE) était de 2 % ! Hors tabac, les prix à la consommation ont aussi augmenté en moyenne de 0,2% en France, après avoir aussi été stables l’année précédente ce qui va poser à terme plus de problèmes que de satisfactions.

« L’année 2016 est marquée par un recul moins prononcé des prix de l’énergie et, dans une moindre mesure, des produits manufacturés », explique l’institut statistique. « Par ailleurs, les prix des produits alimentaires accélèrent à peine » tandis que ceux des services et du tabac ont ralenti, ajoute-t-il. Ce taux d’inflation moyen, qui est conforme aux attentes du gouvernement, qui tablait sur une inflation à +0,2%, revient à comparer les prix sur l’ensemble de l’année 2016 (de janvier à décembre) par rapport à l’ensemble de l’année 2015. Il est distinct du taux d’inflation en décembre sur un an, qui est ressorti à +0,6% selon l’estimation définitive de l’Insee qui consiste à comparer les prix en décembre dernier par rapport à ceux constatés en décembre 2015. Nous sommes en retard car ailleurs il semble que l’élan soit donné et que la dette serait allégée !

De décembre à décembre, la hausse des prix a accéléré en Allemagne (+1,7% sur un an) et en Espagne (+1,4%), dans une moindre mesure en France (+0,6%) et en Italie (+0,5%) – dans ce dernier pays, les prix à la consommation ont reculé (-0,1%) en 2016, une première depuis 57 ans. On va assister à une campagne allemande forte sur la BCE pour qu’elle prenne des mesures destinées de juguler ce qui constitue selon elle un vrai danger pour son économie. L’inflation correspond à une perte de la valeur de l’argent avec le temps.

Si vous avez 100 euros sur votre compte en banque maintenant, cet argent a plus de valeur maintenant que dans 10 ans, dans le sens où vous pouvez acheter davantage de biens et services avec 100 euros maintenant qu’avec 100 euros dans 10 ans. L’inflation est donc devenu l’ennemi numéro un de la Banque Centrale Européenne. Mais il existe aussi un autre ennemi : la déflation ! La déflation correspond à une période de baisse du niveau des prix. Cela peut paraître intéressant sur le papier ; si les prix baissent car la productivité augmente ou bien car la concurrence est accrue, c’est en effet une bonne chose pour la société. Mais en réalité, il y a déflation principalement en période de crise, lorsque les bulles éclatent et que l’investissement diminue.

Une période de déflation est de plus liée à une baisse de la consommation; car en période de déflation, l’argent gagne de la valeur avec le temps. Pourquoi alors dépenser 100 euros maintenant, alors que 100 euros permettront plus tard d’acheter davantage de biens et services? Dans ce cas de figure, la croissance s’effondre, et la déflation qui apparaît donc comme bonne chose pour le pouvoir d’achat est finalement destructrice de richesse. La consommation est combattue par la thésaurisation !

En période de crise, le principal outil d’une banque centrale est le niveau des taux d’intérêt, qui permet de stimuler l’investissement. En effet, lorsque le taux baisse, les entreprises peuvent emprunter à taux plus bas, et donc investissent davantage. Or en France le crédit même à bas prix ne sort pas des banques et des sommes folles sont encore inutilisées et vont sur la spéculation. Il est certain que le dogme d’une limite de l’inflation risque de voler en éclat !

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5 réponses à Le retour de l’inflation réjouit les uns ou inquiète les autres

  1. J.J. dit :

    Je ne sais pas comment ces graves et sérieux économistes, bien au chaud, les fesses calées dans un confortable fauteuil, et complètement coupés des réalités quotidiennes, calculent des hausses de prix aussi faibles.

    Pour ma part, lorsque je regarde les factures diverses, les montants des assurances, le prix des légumes, des fruits, de la viande, du poison , des services, (« hors tabac » sic) etc., je constate des hausses minimes, certes, mais qui se reproduisent de plus en plus fréquemment .

    A la longue (et la longue est courte) ces hausses sont considérables et l’augmentation du SMIC, comme le fabuleux 0,1% dont ont « bénéficié » les retraites en 2013 me semblent bien minces !
    Effectivement, il n’y a pas eu d’inflation du niveau de vie des travailleurs et ex travailleurs !

  2. J.J. dit :

    Erratum : lire POISSON à la place de POISON, le poison il est plus à droite.

  3. LAVIGNE Maria dit :

    A J.J, je partage ce terrible constat car je ne trouve pas une seule baisse mais que des hausses de prix. Même pour aller chez le médecin, il faut faire 17 kms et autant pour revenir et le carburant coûte bien plus cher…

  4. faconjf dit :

    Bonjour,
    inflation, déflation, stagflation, indice des prix, INSEE, tout est fait pour nous embrouiller et le constat le plus partagé c’est TOUT augmente sauf les payes et les retraites. Essayons d’y voir un peu plus clair, vous décrivez fort bien les deux cycles inflation et déflation avec leur corollaire la vitesse de circulation de la monnaie. Inflation= vitesse de circulation des capitaux augmentée on se précipite pour acheter car aujourd’hui c’est moins cher que demain. Et déflation c’est le contraire. Voila qui est très réducteur!! François Roddier, né en 1936 à Paris, est un physicien et astronome français décrit dans son excellent blog les quatre phases de l’économie. Roddier réécrit l’histoire qu’il a vécu pour illustrer ces 4 phases http://www.francois-roddier.fr/?p=471
    Et c’est tout simplement magistral, loin des experts autoproclamés ( françois Lenglet france2 par exemple), ses démonstrations sont d’une intelligence exceptionnelle de mon point de vue. La PHASE DE CRISES, traversée dans sa petite enfance: l’occupation allemande pendant la deuxième guerre mondiale. Il décrit le danger, les destructions et les pénuries. Puis la PHASE DE DÉPRESSION a duré une dizaine d’années. Elle se caractérise par une demande très forte et une offre excessivement faible. La population, notamment dans les villes, manquait d’à peu près tout. Les tickets d’alimentation ont subsisté jusqu’en 1949.Le début de la PHASE d’EXPANSION coïncide avec celui de la cinquième République. Il avait alors 22 ans. Il n’y avait ni mendiants ni chômeurs. Avec des salaires en constante augmentation, le pouvoir d’achat s’accroissait rapidement. Qui se traduit par une offre élevée tandis que la demande, enfin satisfaite, tend à baisser. A la fin de cette période où, pour compenser cette baisse de la demande, la publicité a fait son apparition. Le marché commençant à se saturer l’offre de produits ( + ou- innovants) maintient la demande comme la température maintient la pression dans une chaudière. L’économiste français Jean Baptiste Say en avait conclu que l’offre créait de la demande. (ça ne vous rappelle rien??). La PHASE de STAGFLATION est bien illustrée par l’économie actuelle. Le chômage est endémique. Les salaires sont à la baisse. Le pouvoir d’achat diminue régulièrement, à commencer par celui de la partie la plus pauvre de la population. Cela se traduit par une demande trop faible en regard de l’offre. Alors que la production stagne, des hordes de poids lourds sillonnent nos autoroutes à la poursuite hystérique de clients potentiels. Dans la « chaudière économique » les feux sont réduits ce qui produit une baisse de la pression et de la température de l’économie. Baisse qui serait pourtant souhaitable d’autant plus que le climat se réchauffe et que nos ressources en énergie diminuent. F. Roddier démontre pourquoi les références et les solutions des grands gourous ne fonctionnent pas et le risque représenté par la mondialisation. Maintenir la croissance économique en stade de stagflation nous rapproche dangereusement de la falaise de Sénèque.( « l’effet Sénèque » ou la « falaise Sénèque », image inspirée par la citation de Lucius Annaeus Sénèque « la richesse est lente, et le chemin de la ruine est rapide ».)
    Or cette chute est inévitable, car nos ressources actuelles en énergie s’épuisent. Il serait donc beaucoup plus sage de régionaliser l’économie, mais cela implique une décroissance économique, donc des dettes à résorber. Peu d’économistes sont prêts à l’accepter, encore moins à le suggérer. Rappelons seulement que les romains se sont trouvés devant la même situation. Ils n’ont pu maintenir leur économie qu’en étendant continuellement leur empire. On en connait le résultat. L’occident à mis des siècles à s’en remettre. Cette fois l’effondrement risque d’être beaucoup plus grave car la taille des populations et des énergies mises en jeu sont beaucoup plus importantes. Qu’on se le dise.
    Salutations républicaines

  5. alain clause dit :

    Salaire minimum
    1er juillet 2005 1 217,88 €
    1er janvier 2016 1466,62 €

    Président de la République 14 910
    Premier ministre 14 910
    Ministre 9 940
    2002 2014
    baguette 3,5 F 6,55F
    essence 5,5F 10,36 F

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