Il y a toujours eu deux (ou plus!) gauches au PS

Laisser accroire que la faille interne du Parti socialiste est une nouveauté c’est ne pas avoir vécu les 4 décenbbies antérieures de la vie de cette formation politique. Il a toujours existé plusieurs gauches matérialisées par des courants et les départs des uns compensés par le retour des autres n’a jamais cessé. Il fut une période très dure avec eds affrontements infiniment plus violents que ceux qui ébranlent l’opinion dominante actuellement. Quand le parti était coupé en trois blocs (Mitterrandistes, Rocardiens et CERES) ou en deux (Mitterandistes et Rocardiens) la vie interne et l’image externe n’étaient pas meilleure. J’ose dire que ce fut la force du PS d’admettre que le débat, la confrontation d’idées était une richesse et pas un handicap. J’ai personnellement toujours été dans le camp minoritaire interne, celui qui était responsable de tous les mots de la planète politique !

Il y a exactement 40 ans nous partions à la conquête de la Mairie de Créon au nom de principes républicains et de valeurs aussi ésotériques que l’autogestion ou la démocratie participative. Nous avons eu contre nous tous les caciques du PS. Nous avons été combattus farouchement pour notre inconscience et notre section a été dissoute au nom de l’efficacité politique locale. Partis de rien si ce n’est de notre idéal nous avons gagné aux municipales de 1977 imposant une vraie vision de gauche de la gestion locale sur le modèle de Michel Crépeaux ou de Hubert Dubedout ! Nous avions eu le courage d’avoir raison avant tout le monde ! Certains ont quitté le navire et on ne les a jamais revus… mais nombreux ont été ceux qui nous ont rejoints !

En entrant dans la mouvance rocardienne j’ai beaucoup appris. J’ai en mémoire notamment cette phrase de Pierre Brana (1) à mes tous débuts : « Jean-Marie tu apprendras vite que la politique ce n’est qu’un rapport de forces ! » Je l’ai constaté. Si quand on est minoritaire on n’a pas de convictions fortes, profondes, désintéressées on finit vite par se décourager. Le rouleau compresseur majoritaire ne vous laisse aucune chance. Michel Rocard battu lors des multiples congrès, attaqué, raillé, humilié même parfois m’a appris que le seul juge c’est le temps ! Les idées finissent toujours par être reprises quand elles sont bonnes mais il faudra vous faire une raison si vous les avez ou si vous les portez : on vous reprochera inévitablement de les avoir avant les autres et en plus on tentera par tous les moyens de vous les faire abandonner ! Et si par malheur un jour elles deviennent majoritaires , celles et ceux qui sont en place, seront encore plus hargneux et agressifs.

La question était récurrente : «  soutiendrez vous le vainqueur de la désignation? ». Jamais je n’ai refusé de soutenir Mitterrand. Jamais aux élections locales j’ai déserté ou refusé mon aide. Jamais un lendemain de scrutin interne j’ai pris le large pour rejoindre une autre camp… Et pourtant j’ai perdu ! Là pour la première fois depuis la création du Parti des socialistes il semble qu’au prétexte que « la ligne majoritaire ne leur convient pas celles et ceux qui l’ont imposée et qui auraient échoué s’en irait chercher fortune personnelle ailleurs ! ».

Découvrir que deux gauches peuvent s’affronter au sein du PS c’est vraiment du grand art de la comédie burlesque. Elles ont même permis à ceux qui s’en émeuvent de faire des va-et-vient indispensables à leur réussite selon qu’ils devaient hériter ou conquérir, selon le poste qu’ils voulaient, selon les alliances qu’ils recherchaient. J’ai connu chez la gauche inventive venue du PSU des dizaines d’élus qui y ont fait des passages éclairs ou durables. Ils se sont souvent ensuite évertués à écarter, à assassiner au gré des circonstances les gens qu’ils avaient quittés. Ils oublient les valeurs qui les a vu naître pour aller vers le pouvoir et ce qu’ils appellent l’efficacité jurant leurs grands dieux que c’est au nom de l’intérêt supérieur du parti !

On a tout fait par exemple pour achever Rocard lors des élections européennes de juin 1994 ! Je n’ai pas oublié le terrible coup de Jarnac que fut l’émergence de Tapie chez les… radicaux de Gauche (ni plus ni moins que le Macron actuel). Il y en aura eu tant et tant. Les ralliements avant le scrutin tuèrent les listes de l’ex-Premier Ministre ce qui permit ensuite de l’écarter définitivement du pouvoir. Le PS termina à 14 % et le courant rocardien disparut ! Je crains personnellement que l’histoire ne resserve le même plat ! Sauf qu’à l’époque le « chef » capable de pareil assemblage se trouvait à l’Elysée et s’appelait Mitterrand ! Actuellement il n’y a plus de capitaine sur le pont du bateau fantôme du PS dont la cargaison a été jetée par dessus bord par les officiers au fil des écueils rencontrés. Alors la mutinerie organisée dans les salons dorés va surgir… de telle manière que personne ne puisse prendre le gouvernail. La seule arme qui reste pour résister c’est le bulletin de vote !

(1) député Maire d’Eysines, Vice-Président du conseil général de la Gironde

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10 réponses à Il y a toujours eu deux (ou plus!) gauches au PS

  1. bernadette dit :

    Bonjour,
    J’ai du mal a comprendre ce qu’il se passe aujourd’hui.
    Oui le Ceres avec JP chevenement qui veut integrer l’Islam a la France. Ce
    n’est pas progressiste c’est une deconstruction de l’evolution de chaque etre vivant en France.
    Ce qui donne ceci :
    – interdiction de travailler
    – interdiction de manger et boire du vin
    – interdiction de se soigner
    – interdiction de fumer
    – interdiction de chasser
    – interdiction d’aller en automobiles a la Ville pour cause de pollution,
    C’est toujours des interdits….
    Il y en a beaucoup d’autres….

    C’est quand la democratie

    Salutations

  2. faconjf dit :

    Bonjour,
    extrait de la déclaration de Gérard Filoche à l’AFP:
    « Des députés PS envisagent un « droit de retrait » en cas de victoire de Hamon
    Des députés de l’aile droite du PS envisagent un « droit de retrait » en cas de victoire de Benoît Hamon à la primaire dimanche même si l’hypothèse d’un ralliement massif et immédiat à Emmanuel Macron semble s’éloigner.
    Au nom des députés « réformateurs », qui seraient une cinquantaine selon l’un d’eux, « j’ai préparé un projet de texte qui sera présenté à la réunion du groupe » de ces députés « à l’Assemblée mardi. C’est un droit de retrait de la campagne de (Benoît) Hamon, une sorte d’objection de conscience », a indiqué l’élu de Gironde Gilles Savary à l’AFP.
    Ce n’est « pas un appel à voter (Emmanuel) Macron », le texte ne parlant pas d’un ralliement au leader du mouvement En marche!, « car nous ne sommes pas tous d’accord », a poursuivi le député. Il s’était dit mercredi lui-même prêt à soutenir Emmanuel Macron si celui-ci acceptait « des appareillements » (appartenance à deux mouvements). Les ralliements « se feront individuellement », le cas échéant, a-t-il estimé. … »

    Ah! Qu’en termes galants ces choses-là sont mises!

    Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière Le Misanthrope (1666), I, 2, Philinte

    Salutations républicaines

  3. bernadette dit :

    Il me semble que l’imagination du P »S » a fait beaucoup de sottises et .ca continue.
    Non au revenu universel.
    Non au bilan des premiers ministres
    Non a la mattraque de l’ecologie

  4. LAVIGNE Maria dit :

    Plusieurs gauches en effet mais derrière cela quelles valeurs ? Aucune pour certains, seule une ambition démesurée pour arriver en haut de l’échelle et nous, pauvres militants, utilisés comme serpillères, marche pied, faire valoir et c’est ainsi que, de Jean POPEREN (il y a longtemps) à HOLLANDE en passant par FABIUS on a atteint le but que l’on s’était fixé.
    Difficile, à l’automne de notre vie de faire ce terrible constat ! Demain, j’irai voter

  5. J.J. dit :

    Rien n’est jamais acquis à l’homme, ni sa force,
    Ni sa faiblesse, ni son cœur…

    Ces vers d’Aragon (la Diane française) traduisent un peu mon état d’esprit en ces jours de grandes désillusions et de colère.

  6. Christian COULAIS dit :

    « En marchant, je ne retourne pas ma veste, j’en change », nous disent les caciques du Parti Socialiste Libéral.

    Souvenons-nous de la formule du communiste Karl Liebknecht, « der Hauptfeind steht in eigenen Land » – L’ennemi principal se trouve dans notre propre pays.

  7. bernadette dit :

    Je voulais simplement exprimer ma colere en disant que les retraites ne sont pas extensibles comme l’augmentation des prix. Le
    panier de la menagere a laisse
    la place au charriot de la
    menagere.

  8. bernadette dit :

    Le haut de l’echelle a perdu des rallons. Et bien, il va falloir redescendre vers le bas.
    Le PS frondeur est en deconstruction.
    Dupont Aignan a raison avec la souverainete.
    L’Euro est une monnaie qui ecrase les encrages economiques (entreprises, salaries et la vie de ces derniers).

  9. BAILLERGEAU dit :

    Comment ne pas voir que nous sommes dans un cas de figure inédit ?
    Le Parti n’a pas rédigé de programme de peur d’ouvrir la boite de Pendore.
    On a laissé chacun présenter son programme au risque de voir certains en rajouter trois couches, rendant inconciliables les rapprochements et poussant à la recherche de l’humiliation du partenaire devenu un adversaire ! aux fous !
    Si personne ne cherche l’éclatement du Parti Socialiste, le silence et rien d’autre est à demander aux minoritaires.

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