Le mouvement de défiance s’accélère dans les rapports entre le milieu politique et les médias et il ne va pas dans le bon sens. Les affrontements avec les extrémistes se multiplient au prétexte que la dénonciation de leurs turpitudes ou seulement du caractère néfaste de leurs idées, par les journaux ou les supports médiatiques audiovisuels, constitueraient des attaques graves au bien-fondé de leurs actions. Ils entraînent dans ce combat ressemblant à une croisade contre des hérétiques une frange croissante des fans qui les suivent. Les accusations mensongères, les approximations délirantes, les amalgames douteux fleurissent désormais dans les meetings de Fillon ou de Le Pen. La mode vient comme toujours des Etats-Unis où Trump a construit sa victoire contre la suffisance des médias US certains de détenir la vérité et qui avaient oublié que leur audience ne couvrait absolument pas toutes les couches de la population. Au contraire, par manque d’éducation, de culture, de moyens financiers, de détresse sociale les « naufragés » de l’information fiable sont de plus en plus nombreux. Ils sont certes nombreux là-bas mais encore plus chez nous à ne plus faire la différence entre information professionnelle stable et désinformation voulue ! Trump a retourné hbailement la stratégie du « tous pourris » infligés à sasiété aux politiques en « tous pourris » appliqués aux responsables des grands supports médiatiques de son pays. Et ça à fonctionné à merveille car une défiance profonde s’est installée. On n’évalue plus rien… on croit dans un gourou distillant la bonne parole !

Ainsi une étape a été franchie aux USA et elle sera, n’en doutons pas un instant, mise en place en France dans les prochaines semaines. Plusieurs journalistes se sont vu en effet refuser l’accès à un point de presse donné par le porte-parole de la Maison-Blanche Sean Spicer. Un entretien entre lui et les médias avait été organisé dans un bureau de l’aile ouest de la Maison-Blanche, après l’annulation de son point de presse quotidien. Cependant, les noms des journalistes admis étaient inscrits sur une liste dont étaient absents notamment les représentants des médias suivants : CNN, The New York Times, The Hill, Politico, BuzzFeed, The Daily Mail, BBC, Los Angeles Times et New York Daily News !Tous ces médias sont en effet accusés par Donald Trump de répandre de « fausses » nouvelles et ils utilisent abondamment des informations qui proviennent de sources anonymes pour critiquer le président… Est-ce bien différent chez nous quand on voit le tri effectué manu-militari vis à vis des journalistes impertinents du « Quotidien » ou de « Médiapart » (ce n’est qu’un début) qui osent attaquer frontalement les thèses du FN ? Est-ce bien différent quand François Fillon s’égosille de meeting en meeting pour expliquer qu’il est victime d’un complot dans lequel bien évidemment la presse à sa part ? Le clan Le Pen « victimisé » à souhait ne s’est-il pas construit sa notoriété sur le passage à tabac de certains journalistes ou sur son refus à s’adresser à des supports qui n’hésitent pas à diffuser une autre image de lui que celle d’Epinal dont se contente l’électorat ? Est-ce bien différent quand de temps à autres de éruptions cutanées violentes font qu’un Dupont-Aignan ou Jean-Luc Mélenchon s’énervent vis à vis de telles ou telles positions prises dans la presse ou sur les télés?

Ce dernier a cependant été le plus habile et le plus en avance vis à vis de ce système national extrêmement complaisant avec les unes et pas forcément toujours aussi accorte avec les autres. Il a courageusement bâti son propre réseau de diffusion de ses prises de position via les nouvelles possibilités offertes par des supports encore libres d’accès. Cette décision devrait interroger les autres candidats . Doit-on se constituer sa propre télé , sa propre radio, sa propre communication directe ? Doit-on dans les programmes inciter les citoyens à s’emparer de l’information locale à l’ère de l’arrivée de la fibre optique qui devrait ouvrir des possibilités techniques nouvelles de large diffusion ? Doit-on professionnaliser les initiatives prises et les mettre au service de la vie politique ? Le débat devra vite être ouvert…

La guerre qui débute aux USA aura forcément des répercutions en France. Trump a réussi à se construire une image de « solidité » de « courage » de « vérité » en accusant justement celles et ceux qui dénonçait sa « pusillanimité », sa « couardise », ses « mensonges » avérés, en prenant les délaissés de l’information au sens noble, à témoin de l’injustice dont ilé diait être l’objet . Il a détruit la crédibilité d’un contre-pouvoir déjà mal en point économiquement. Il semble que le mal se répande quotidiennement en France où l’intox règne sur les réseaux sociaux laissant accroire que les professionnels de l’info sont « tous pourris ». Certains dont je suis que c’est le retour du boomerang tellement les sous-entendus sur les élus ont miné la totalité de la démocratie représentative et accrédité l’idée que quelques cas particuliers engagent tout un secteur de la vie sociale. N’empêche que le danger pour la démocratie est le même que la gangrène sur le corps humain… nul ne sait où il s’arrêtera ! Imaginons un instant que Le Pen et Cie arrive au pouvoir…