Pour vouloir continuer à être actrice ou acteur du monde politique il faut avoir une motivation hors du commun. Les militant(e)s se défilent les uns après les autres quand autrefois ils défilaient joyeusement les uns après les autres. Il faut bien avouer que chaque jour apporte sa dose de cyanure contre la motivation ordinaire de celle ou celui qui pense servir des idées incarnées par des femmes et des hommes réputés les représenter. La déliquescence devient angoissante !La capacité de mépris qu’ont une demi-douzaine de caciques de tous horizons mériterait une mise en examen pour crime contre la citoyenneté. Elle est inépuisable ! Du moins nous devons le croire puisque la noria des affaires sort toujours plus de l’eau pourrie qu’elle envoie dans le canal médiatique. Elle se répand et inonde les terres arides de la raison !

Le pire reste les donneurs de leçons, ceux qui commentent les affaires des autres ! Ils sont d’autant plus sévères qu’ils sont au moins aussi coupables que les coupables qu’ils enfoncent. C’est un principe devenu la règle d’or de la politique. Plus vous êtes en difficulté et plus vous devez nier en bloc, refuser la contradiction et vous accrocher à l’espoir d’une capacité d’oubli fabuleuse de l’opinion dominante. « La propagande vise à imposer une doctrine à tout un peuple.» Voilà ce que l’on peut lire dans Mein Kampf, le livre écrit par Adolf Hitler en 1924, alors emprisonné après son putsch manqué. Durant ses neuf mois de détention dans la forteresse de Landsberg, le futur maître du Reich a beaucoup réfléchi aux moyens de s’emparer des esprits et de diffuser ses thèmes de prédilection : le racisme, l’antisémitisme et la soumission à un seul et unique Führer.

Toujours dans Mein Kampf, Hitler affirme œuvrer «pour des buts qui ne sont compris que d’une très petite élite». Et délivre sa méthode pour les atteindre : « L’art de tous les grands chefs populaires a toujours consisté à concentrer l’attention des masses sur un seul ennemi.» Car, précise-t-il «les grandes masses sont aveugles et stupides. (…) La seule chose qui soit stable, c’est l’émotion et la haine.» Même si c’est douloureux vous admettrez que la machine à remonter le temps tourne à plein régime ! Le clan le Pen ne fait pas autre chose ! Cette utilisation intensive de la « haine » et de « l’émotion » accompagne celle des faux et usage des faux permanents pour justifier l’injustifiable !

On se jette à la tête une kyrielle incroyable de manquements à la probité ! Certains sont devenus de fait des terroristes de la démocratie. Leurs « attentats » détruisent à coups de bombes à fric les moindres valeurs républicaines. L’engrenage est impitoyable. Il happe tout le monde qu’il entra^ne dans l’indignité nationale. Cette France du fric et du frac pour personne squi ne reculent devant aucun profit a l’avantage incontestable de se foutre des principes moraux. Souvent une bonne part d’entre elle se réclame des principes de la religion catholique afin de cacher la triste réalité de son comportement. Comment peut-on avec une brin de sincérité accepter une accumulation de manquements à la probité intellectuelle de Fillon ou Le pen réunis ? Comment accepter la négation de l’engagement par une tambouille idéologique ressemblant à ces platées que l’on réalisait dans les familles pauvres avec tous les reliefs des repas précédents ? Macron confectionne ses sauces programmatiques avec des produits bidons, des denrées périmées, des ingrédients recyclés et attire ainsi les affamés de l’apolitique créés par justement les terroristes de la politique.

Fillon et Le Pen assassinent la citoyenneté et étouffent toute tentative de rébellion en la présentant comme un acte indigne du contexte actuel. Ils méprisent de manière ostentatoire les fondements de cette République qu’ils aspirent à gérer en sachant que les fanatiques qui les soutiennent ne changeront pas leurs votes. La pluie des arguments raisonnables glisse sur les plumes de ces canards qui, comme dans le sketch de Robert Lamoureux est « encore vivant » des jours après que sa mort ait été annoncée. Inexorablement leur arrogance et leur morgue renforce au contraire leur image de résistants.

La fin de Le Roux malgré son profil est également une douce chose ! Elle vient à point nommé pour stigmatiser les comportements de Le Pen et Fillon. « L’opinion publique se fabrique et ceux qui veulent participer à sa formation endossent une responsabilité colossale vis-à-vis de la nation et du peuple entier» avait annoncé Goebbels et donc il avait simplement interdit tous les journaux critiques ou raisonnables. On n’en est pas encore là mais il devient patent que la longue agonie républicaine ne va jamais plus cesser. Jour après jour on va déballer le linge sale avec délectation sans se rendre compte que l’impunité qui accompagne ces révélations (et qui dure depuis des décennies) finira par effacer la moindre parcelle de démocratie ! Même si Hamon n’est pas parfait il mérite un autre regard que celui condescendant des pirates pilleurs de la République !