Encore une fois Benoït Hamon a fait la déclaration juste après les propos du martyr de la Sarthe en passe d’être canonisé, sur le « scandale d’Etat ». Sur Europe I sans emphase et de manière sobre il a souligné : « Ils ont la chance, ces dirigeants politiques, d’avoir les médias pour les écouter, là où les justiciables ordinaires, eux, suivent le parcours de tout justiciable. Il est bon que François Fillon découvre ce qu’est la justice ordinaire », a voulu souligner le candidat socialiste. « Il n’est pas victime de quoi que ce soit, il est aujourd’hui l’objet de procédures, et de procédures normales dans un État de droit ». Pas mieux ! C’est bien mieux que toutes les autres communiqués ou déclarations officielles.

Ces gens là se pensent intouchables, préservés par des castes complices, exonérés des contraintes opposés au pékin moyen ! Les soumettre aux lois communes c’est les injurier ou les humilier ! Or le pire comportement c’est justement de réclamer la confiance de gens en s’excluant de toutes les mesures drastiques que l’on réclame pour eux. Ce que l’ex-Premier Ministre qui a rendu la France plus ruinée qu’il ne l’avait trouvée, appelle un « scandale d’État » n’est simplement que l’application des textes et règlements en vigueur et qui s’applique quotidiennement à des milliers de personnes. Prétendre qu’il faut un cabinet noir élyséen pour se faire pincer relève du fantasme, du mensonge et de la supercherie éhontée  En effet absolument tous les élus en France, à tous les niveaux sont soumis au contrôle du système Tracfin et pour des sommes nettement inférieures ils se font interpeller par cet organisme de contrôle des mouvements bancaires anormaux par leurs origines ou leur montant.

Le service Tracfin (Traitement du renseignement et d’action contre les circuits financiers clandestins) est peu connu du grand public. Ce petit service de renseignement, rattaché au seul ministre de l’Économie, doit surveiller les flux financiers clandestins en vue de lutter contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. On comprend les raisons qui ont pu conduire l’archange Fillon à avoir une bonne douzaine de comptes bancaires pour éviter justement l’apparition de sommes susceptibles d’attirer l’attention des gestionnaires contraints (enfin pas tous et pas pour tout le monde) de signaler des lignes de crédits ou de débits posant simplement une question sur leur origine. C’est ainsi que même de petites sommes répétitives, accumulées en grand nombre, peuvent révéler des détournements interceptées par le système ! Alors des montants élevés, prélevés sur des fonds publics, avaient tout lieu d’être suspects ! Tous les fonctionnaires ou anciens fonctionnaires ayant un pouvoir décisionnaire en matière de marchés publics, de contrôle de dépenses, de gestion de fonds publics sont eux aussi dans le faisceau de Trafinc ! Ils n’y échappent et ne se répandent pas dans les madais en cas de contrôle ! 

En 2015, cet organisme a ainsi collecté près de 45.200 informations, principalement auprès des « professionnels déclarants » (banques, assurances, notaires ou cercles de jeux). C’est 18% de plus qu’en 2014, et 56% de plus qu’en 2013. Le Ministère attribue cette hausse non pas à une augmentation de la fraude mais à « l’arrivée à maturité des mesures de vigilance pour lutter contre la fraude fiscale  » et à « la participation active des professionnels déclarants ». Bien entendu la priorité a été la lutte contre le financement du terrorisme mais dans les mailles du filet les élus sont toujours concernés.

Le nombre de déclarations portant sur des Personnes Politiquement Exposées (PPE) s’établit à 278 en 2015 et progresse de 29 % par rapport à l’année précédente. Il convient à cet égard de relever que certains établissements ont anticipé la transposition en droit français de la quatrième Directive anti-blanchiment qui étend la définition des PPE aux personnes qui exercent ou ont exercé des fonctions publiques importantes sur le territoire national (« PPE domestiques ou nationales »). Il n’y aurait rien d’anormal à ce que des renseignements sur les sommes ayant atterri sur les « comptes » divers et avariés de Fillon aient déclenché des signalements ! Le vrai scandale aurait été que si le constat aavait été effectué il ne soit pas pris en compte !

N’oublions pas d’ajouter que comme tous les anciens Premiers Ministres le Saint Homme de Sablé bénéficie d’une protection policière et d’un chauffeur avec voiture de fonction à vie… et le carburant qui va avec. Un autre oubli auquel il faut ajouter ceux concernant le cumul d’activités lucratives d’influence et un mandat électif ! François Fillon serait capable d’attaquer le Président de la République pour un excès de vitesse signalé par un radar placé spécialement sur la route du pilote de course ! Absolument aucune des procédures entamées contre lui n’est anormale ou exagérée. Il ne s’agit que de constats ordinaires pour un comportement à l’égard du profit qui ne l’est pas. Le reste n’est que le reflet d’un mépris d’un privilégié pour la valeur républicaine essentielle : l’égalité devant la loi !