En décembre 2015 j’ai pris la décision de me mettre en congé du Parti socialiste en raison de ma farouche opposition à l’inscription dans la Constitution du principe de la déchéance de la nationalité pour les bi-nationaux. Se mettre en congé veut dire que l’on retrouve sa liberté de parole sans engager un parti auquel pour ma part j’adhèrais depuis 42 ans. C’était pour moi une question d’honnêteté et de clarté ! Je n’avais pas digéré les propos haineux de Manuel Valls à l’égard de celles et ceux, très nombreux, qui m’avaient rejoint sur cette opposition de fonds à une mesure aussi inutile que dangereuse. Inutile car la loi française permettait de prendre cette décision. Dangereuse car la Constitutionnalité de ce principe le rendait exploitable par des responsables politiques peu respectueux de la démocratie élémentaire !

J’ai été insulté dans des centaines de commentaires fielleux, de coups de téléphone anonymes, de tweets se voulant assassins ou accusé de « trahison » voire de « lâcheté ». Un député girondin avait même implicitement demandé ma démission de mon seul mandat électif de conseiller départemental au prétexte que j’avais été élu (ce qui est faux) avec l’étiquette socialiste.

J’ai eu droit à de multiples mises en garde quand j’ai critiqué les propos d’un certain manuel Valls qui avait pris la parole pour défendre le projet de révision constitutionnelle et l’article controversé sur la déchéance de nationalité. « La déchéance de nationalité fait partie intégrante de la République » (sic), avait-il lancé et avait conclu ainsi cette envolée par l’une des certitudes qui le caractérise : « La déchéance de la nationalité est une réponse collective des Français vis-à-vis d’autres Français qui brisent le pacte républicain ». C’est pathétique de constater maintenant que le « pacte républicain » qui lui tenait tant à cœur n’était qu’un paillasson. J’avais bien raison et je ne regrette rien.

Tout le monde sait que la force d’une action solidaire autour de vrais tenants des valeurs républicaines a contraint Manuel Valls à reculer. François Hollande a reconnu (et il a été le seul à ce jour) dans son adresse à la Nation lors de son renoncement à candidature présidentielle, qu’il avait commis « une erreur » sur ce sujet ! C’est tout à son honneur. Je suis resté en congé durant la loi travail que je désapprouvais. J’ai été un frondeur déçu par la loi NOTRe ou révolté par l’utilisation du 49-3 ! J’ai jamais fléchi dans mes analyses. je n’ai planté aucun poignard dans le dos de quiconque et j’ai seulement modestement exprimé ma divergence de vue.

J’ai mis un terme à mon congé du PS en octobre alors que j’avais poursuivi mon engagement personnel quotidien au service de la mise en œuvre des idées clés de ma vie d’homme de gauche. Il aua été constant, loyal et sans aucune amertume mais au contraire avec la satisfaction d’avoir participé à la défense des valeurs républicaines qui me portent. Comme le veut un principe « si j’avais pardonné à celles et ceux qui m’avaient profondément offensé j’en avais conservé la liste ! » ce qui m’a permis de vérifier qu’elle correspond à quelques unités près à celle des ralliés « socialopportunistes » rejoignant  le  vrai tueur de François Hollande et les 14 ministres ayant officié dans des gouvernements de droite qui se font les chantres de son talent !

J’ai été porté sur la liste des soutiens aux fameux « frondeurs » avec fierté car je n’ai jamais failli à mon honneur.

Je n’ai jamais trahi mes convictions profondes !

J’ai soutenu, je soutiens et je soutiendrai encore Benoît Hamon !

J’ai plaidé sa cause auprès de centaines de personnes du Créonnais et de la Gironde qui pouvaient m’honorer de leur confiance alors que bien d’autres se mettaient prudemment en réserve !

J’ai donc participé à des primaires, alors que depuis l’origine, je ressasse l’idée que ce type d’organisations ne correspond absolument pas en France aux enjeux politiques fondateurs de la démocratie.

J’ai une fois encore cru dans la sincérité, dans la loyauté, dans la fiabilité des propos tenus par certains professionnels nationaux de la politique et aux engagements qu’ils avaient signé !

J’ai maintenant honte d’avoir, au bureau de vote créonnais des primaires, donné un espoir d’un changement du PS à des centaines de jeunes et de moins jeunes ayant pris de leur temps pour faire vivre une autre idée de la gauche. Moi, l’instituteur ayant un peu tendance à croire que je peux encore donner des leçons de morale aux autres je suis humilié par des comportements qui me discréditent et me blessent. Nous les avaons  trompés et je leur présente mes excuses !

Aujourd’hui se brisent définitivement mes derniers liens (une carte et une cotisation) avec un parti que j’ai servi beaucoup plus qu’il ne m’a servi depuis 40 ans ! Plus de retrait. Plus de congé. Simplement un départ définitif sans vraiment aucun pincement au cœur. Je quitte le parti socialiste actuel et le laisse à ses défaillances.

Je suis? dès ce jour? absolument délié de tout engagement que prendrait le PS national sur n’importe quel surjet. Je n’obéirait à aucune consigne si elle est éloignée de ma conscience.

Je redeviens un élu de gauche avide de sincérité, de fraternité et de liberté.

Je tenterai donc de terminer honorablement mon mandat de conseiller départemental solidaire de la majorité départementale autour de Jean-Luc Gleyze.

Je soutiendrai avec encore plus de conviction Benoît Hamon, Catherine Veyssy et Bruno Marty.

Je ne veux pas que mon nom soit mêlé aux prises de positions nationales d’un parti auquel plus personne n’appartient vraiment et qui n’est que virtuel.

Plus que jamais j’appelle les citoyen(ne)s à faire vivre localement les valeurs socialistes car c’est une certitude pour moi : le salut est dans la proximité.