La France quittera l’Union européenne (et même l’Euro) a annoncé depuis des années le clan Le Pen ainsi que d’autres candidats peu soucieux des vraies conséquences de cette décision dont il reste à démontrer la faisabilité. Et des millions d’électrices et d’électeurs peu conscients des effets de l’UE ainsi que de ses vrais défauts ont fait confiance en ce nationalisme exacerbé. Ils s’arrêtent sur la base d’une vision bien réelle du fonctionnement actuel de Bruxelles sur les aspects négatifs pour les peuples de la confiscation du pouvoir par les représentants du monde du profit. Il s’agit surtout de construire face aux populismes une Europe sociale pour les peuples et pas une Europe du fric pour les financiers. Quitter le système est désormais chiffré avec l’expérience des Britanniques qui pourtant n’y étaient pas franchement rentrés ! Et là on peut parler désormais d’une ardoise plus que salée !

La facture du Brexit va être salée, mais jusqu’à quel point ? Le journal anglais de référence, le Financial Times a estimé que la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne pourrait coûter près… de 100 milliards d’euros au pays. Soit beaucoup plus que les 60 milliards avancés par le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker qui se voulait peut-être accommodant avec une alliée politique. Le divorce est en effet beaucoup plus onéreux avec l’intégration des coûts supplémentaires liés « au secteur agricole post-Brexit et au fonctionnement administratif de l’Union en 2019 et 2020″, conformément à ce que réclament la France, l’Allemagne ou encore la Pologne.

La surprise est vive Outre-Manche et immédiatement la contestation est venue d’un gouvernement qui voulait les pleins pouvoirs grâce à une dissolution de la chambre des Députés. Le versement net du Royaume-Uni est évalué donc à 65 milliards. Un versement auquel il faut ajouter toutes les pertes économiques indirectes qui ne cessent de s’accumuler. Il est certain que l’on va réfléchir dans les chaumières ou les cottages du Sussex ou d’Ecosse ! Le Royaume-Uni devra honorer au terme d’un règlement financier unique (…) tous les engagements. Il ne s’agit pas d’une punition ni d’une taxe de sortie », a expliqué Michel Barnier négociateur en chef pour le compte de l’UE ! Il serait vraiment lamentable que les Anglais s’en tirent par une pirouette.

En définitive les élections britanniques qui semblaient une formalité pour les Conservateurs et les ultra-conservateurs pourraient tourner au cauchemar. D’ailleurs le ton est vite monté entre Londres et Bruxelles. La Première ministre britannique a accusé les dirigeants et responsables européens de chercher à influencer le résultat de ce scrutin et de vouloir faire capoter le fameux Brexit. « Au cours des derniers jours, nous avons constaté combien ces négociations allaient être difficiles. La position de la Grande-Bretagne dans ces négociations a été déformée dans la presse continentale, la position de la Commission européenne s’est durcie et des menaces ont été proférées contre la Grande-Bretagne » Elle n’y va pas avec le dos de la petite cuillère royale… car elle veut faire reporter sur les européens une décision librement prise par son peuple et qu’elle doit assumer dans le cadre des conventions en cours !

Rappelons que le duo « Front national et Couchée la France » projette de quitter la monnaie européenne pour revenir au Franc avec désormais un bricolage mixte entre Euro et monnaie nationale totalement irréalisable. Tout l’art de ce populisme repose sur le simplisme d’affirmations d’autant plus crédibles qu’elles sont « énormes ». Quel serait vraiment le coût d’une telle mesure ? Comment peut-elle concrètement mise en œuvre ? Quelles démarches sont inévitables ? Peu importe : on affirme, on gueule plus fort que l’autre, on gruge et on ramasse !  « Retrouver notre liberté et la maîtrise de notre destin en restituant au peuple français sa souveraineté (monétaire, législative, territoriale, économique). » constitue une forme de propagande dénuée d’absolument tous fondements !

Alors il faut réformer cette Europe que personnellement j’ai combattue de toutes mes forces en 2005 avec le résultat que l’on connaît mais surtout avec le respect que l’on a connu de la décision des Françaises et des Français. Jamais cette blessure ne s’est refermée dans le Peuple qui a depuis pris en grippe le monde politique. Le FN a exploité à outrance cette faiblesse avec des déclarations à l’emporte-pièce qui ont fonctionné aux Européennes et qui marquent encore les esprits lors de ces présidentielles. Comme les Anglais se sont tirés les premiers il est désormais possible de mesurer l’impact réel de ces rodomontades nationalistes…