La IV° République est morte des combines plus ou moins louches conclues à la buvette de l’Assemblée nationale. On lui a beaucoup reprochée (surtout de Gaulle) d’avoir été prise en otage par des partis totalement claniques qui pratiquait l’assassinat politique du fameux « pousse toi de là pour que je m’y mette ! » durant peu de temps mais suffisamment pour que gratte quelques avantages. Paradoxalement une large majorité des Français plus d’un demi-siècle plus tard a rejeté la dérive d’un système bipolaire qui servait de garantie élective à des centaines de candidats selon le principe de l’alternance. Ils ont au premier tour écarté sans discussion possible le Parti de ce qu’il restait des socialistes et celui des ex-UMP sans étiquette et sans morale. Le Parti Communiste et « Europe Ecologie Les Verts », les centristes aux multiples nuances sont passés par perte et profit en se diluant dans des coalitions réputées sans conditions mais qui en fait était à effets décalés. Il ne reste plus sur l’échiquier que des lambeaux du PS, une façade lézardée proche de l’effondrement de « Les Républicains » et de essoufflés de tous bords qui courent après « En Marche ». Eux les purs, les novateurs ont été rattrapés par ce système qu’ils continuent à dénoncer quand ils le singent avec la pire des hypocrisie.

Depuis des mois ils nous bassinent sur leur intransigeance vis  à vis des désignations des candidats devant leur apporter la majorité parlementaire nécessaire à un gouvernement qui va détonner ! Depuis des mois ils ont mis en avant des méthodes nouvelles, des jurys d’examen pour recruter des troupes fraîches, des règles de recrutement devant éviter une cacophonie propre aux… autres ! Les résultat est spectaculaire : révélation d’un accord qui n’était pas un accord mais qui, s’il a selon l’un de ses signataires rompu, devait exister avec celui qui a  toujours acheté une place à Paris avec une messe plus ou moins orthodoxe ! François Bayrou a coincé dans un coin du ring le « trop jeune » nouveau Président de la République pour lui décocher un direct du… droit qui le fait déjà vaciller alors qu’il est à peine remis de sa victoire. Pour le roi de Navarre en mode protestant, la liste annoncée n’est pas très catholique car elle est «totalement contraire à l’accord que nous avons conclu» (tiens donc il y avait donc un accord). Il aurait et une courte et sèche conversation téléphonique avec Emmanuel Macron. «La liste présentée par En marche ne recueille pas l’assentiment du président du Modem.» révèle ses proches sur les ondes et devant les caméras.

On discute sur des circonscriptions mais aussi sur la méthode consistant à bidouiller des candidatures à deux ou trois vitesses selon les tenants des postes et leur tendance récente ou ancienne en faveur du futur occupant du « Château ». On annonce des noms qui enthousiasment les foules des fans mais qui n’ont aucune véracité. On recase les incontournables collaborateurs de cabinets au titre… du renouvellement du personnel politique ! On parachute lus que pendant le débarquement ! On masque le réalité par des avertissements ne coûtant rien :  « Je lance un avertissement : attention il y a des limites à ne pas franchir. Les concitoyens ne veulent plus de petits arrangements, ce n’est pas une question de mathématiques, c’est une question aujourd’hui de cohérence, de confiance, de crédit et de mobilisation citoyenne », a déclaré Jean-Paul Delevoye en bombant son torse de colosse à la langue agile ! Il a mis de coté une centaine de circonscriptions à attribuer au plus offrant entre le Modem et des fractions de l’UDI. Bref encore une fois le ni droite, ni gauche, ni combines, ni marchandages , ni arrangements de partis… ne sont que des éléments de marketing sans rapport avec les inévitables pratiques d’appareils ! Mais finalement « En marche » a courbé l’échine devant Bayrou et on va destituer, reconstituer, remanier ! En quelques heures il est devenu un parti comme un autre avec ses calculs de fric et de postes !

A gauche ce n’est pas mieux. Les Insoumis ont oublié leur allié du PCF ruiné et en mal en point sous l’impulsion de Mélenchon qui sait fort bien que s’il veut devenir le « remplaçant du PS » il lui faudra nécessairement avoir un groupe au sein de l’assemblée et suffisamment de voix pour recevoir les subsides de l’Etat avant les municipales ! Il faudra des fonds pour aller au combat à Marseille si vous voyez ce que je veux dire ! Un coup de gueule, un zeste d’arrogance, une bonne dose de suffisance et l’affaire est dans le sac : le pourfendeur des pratiques socialistes fait alliance ici, divorce là, effectue un mariage de raison… localement !

Quant au PS il ressemble à un vase de porcelaine à roses rouges tombés du haut de la cheminée. Il a éclaté en morceaux avec cette particularité que chacun en a vite récupéré une partie pour lui servir de base à une reconstitution plus ou moins crédible. C’est « le sauve qui peut » généralisé avec des « collaborateurs » récompensés ou déçus, des « frondeurs courroucés », des « insoumis » aux ukases nationaux, des « épargnés » discrets ou ostentatoires… Aucun slogan commun… Aucun pilote désigné ou accepté… On est revenu au temps de la SFIO et donc à la IV° république là aussi !