Quand on compose un gouvernement il y a des principes que seule l’expérience permet d’appliquer pour éviter de graves erreurs de casting. Ainsi tous les spécialistes vous dronte qu’il ne faut pas nommer des « spécialistes » revanchards sur un poste où ils auront la tentation de vouloir absolument détricoter tous ce que leurs prédécesseurs ont mis en œuvre. Le Ministère de l’Éducation nationale est à cet égard le plus exposé à ce risque. Surtout si l’enseignant ou le technicien a le « melon ». C’est la mésaventure qui arrive à Jean-Michel Blanquer, dont on sait que sa soif de régler ses comptes avec Peillon, Hamon et consorts qui ne l’ont pas reconnu à sa vraie valeur est inextinguible. Pour lui rien ne fonctionne dans les réformes antérieures et il faut donc se hâter à les abandonner ou à les détruire. Il a donc immédiatement effectué des déclarations fracassantes sur l’aménagement du temps scolaire espérant ainsi récupérer des voix en marchant vers la suppression des Temps d’Activités Périscolaires (TAP) !

Illico il a proposé que ces pauvres communes ruinées par une offre d’activités d’accompagnement du temps normalement scolaire inchangé pour les apprentissages, le sport, les disciplines artistiques offert puissent être libérer de ces contraintes.Il se gardai bien d’opérer une volte-face totale ou d’évoquer une abrogation de la réforme des rythmes scolaire dont on sait qu’elle n’est pas si impopulaire que ça quand elle est bien conduite. Prétendant que le candidat Macron avait été noyé sous les pétitions de parents inquiets par le surmenage de leur progéniture (rappelons que les TAP ne sont nullement obligatoires) il a fortement suggéré d’accorder « plus de liberté » aux communes et de permettre un « élargissement du champ des dérogations à l’organisation de la semaine scolaire dans les écoles maternelles et élémentaires publiques ». Il a ouvert par pure démagogie la pire des rentrées scolaires en 2017 en donnant au conseils d’école la possibilité de solliciter le retour à la semaine de 4 jours dont une grande majorité des spécialistes de la chronobiologie affirment qu’elle est plus catastrophique pour les enfants que la situation actuelle.

Bien évidemment tout n’est pas parfait dans l’organisation de ces « ouvertures » sur le monde du sport, de la culture, de la citoyenneté, de l’environnement, le patrimoine… mais les objectifs sont majoritairement atteints. Quand il y a cohésion, respect et dynamisme de tous les intervenants autour de l’enfant les TAP deviennent un véritable facteur d’intégration sociale surtout s’il s’appuie sur les structures locales utilisables par les gamins en dehors du temps de présence à l’école. Désormais le constat est simple : l’inégalité d’accès aux pratiques collectives ou individuelles de développement de la personnalité devient un véritable problème. Bien compris les TAP ne sont en effet que des sensibilisations, des opportunités d’ouverture d’esprit, des opportunités de découverte des équipements ignorés par les plus démunis.

Les familles éduquées, conscientes de cette réalité, ayant les moyens financiers d’offrir une entrée dans la culture ou le sport boudent cette offre d’animations. On constate quand on prend le temps de bien analyser les comportements que les enfants sont souvent dans un autre contexte bien différents des enfants tant l’école est devenue figée. Jamais les TAP ont mis en péril les apprentissages. Les plus fatigués le mercredi matin sont souvent (une enquête rapide le démontre dans une classe) ceux qui se sont couchées à des heures indues pour…regarder un match à la télé (quand ils ne partent pas massivement au stade) ou un film mais bien évidemment la responsabilité en incombe au système par aux parents. Les TAP ont bon dos. En fait le Ministre a cru qu’en tuant la réforme Peillon (il lui voue une haine particulière pour des raisons personnelles de carrière) il allait vite entraîner l’enthousiasme des composantes de la vie scolaires.

Or il y a des maires qui ont bien compris l’intérêt de ces aménagements (emplois associatifs stabilisés, amélioration du lien social, renforcement des fréquentation de certains lieux par l’arrivée de familles découvrant leur intérêt…) et ont déjà annoncé qu’ils ne toucheraient à rien en 2017. Des parents (les plus discrets) ont trouvé un moyen d’éviter parfois des « garderies » peu valorisantes et ils constatent que le plaisir de leurs gamins. Il arrive (mais c’est rare) que des enseignant(e)s admettent la complémentarité des temps éducatifs. En tous cas jean-Michel Blanquer a effectué des débuts tonitruants au nom de La république en Marche en tentant de passer en force sa « liberté » de revenir à 4 jours (avec diminution des temps de vacances) au conseil supérieur de l’Éducation nationale… il a en effet recueilli 8 voix favorables sur une… cinquantaine de membres de l’instance.

Immédiatement en bon marcheur démocrate il a annoncé qu’il passerait outre cet avis et la concertation réclamée par les partenaires ! On aura donc une France scolaire ressemblant à un puzzle horaire avec dans des communes voisines limitrophes  plusieurs organisations totalement différentes: soit sur neuf demi-journées, soit sur huit demi-journées réparties en cinq jours ou bien sur quatre jours avec le mercredi entièrement libéré. Le tout avec ou sans maintien des activités périscolaires et des vacances différentes ! C’est certain ce sera plus simple, plus clair et plus reposant pour les gosses mais en Marche !