Un débat idéologique agite depuis quelques heures le Parti socialiste ou du moins celles et ceux qui restent au Parti socialiste : doit-on vendre le siège récent du parti installé rue de Solférino à Paris. Outre l’installation dans un quartier parisien de haut niveau cette bâtisse imposante pose le problème de l’adaptation des moyens financiers actuels au fonctionnement d’une machine qui ne repose plus essentiellement que sur les cotisations d’un réseau de 20 000 élus encore organisé. L’évaporation militante a atteint un tel niveau que les ressources vont grandement en pâtir ! En fait la localisation et le rapprochement de « Soléfrino » pourrait suffire à inciter les dirigeants de la « Méduse » à réfléchir sur un départ rapide.
D’abord quand on parle entre initiés du PS de « Solférino » il faudrait être plus méfiants puisqu’il s’agit d’un rapprochement avec une « bataille » ce qui actuellement n’est guère positif mais réel entre les empereurs socialistes. Rappelons en effet que l’affrontement qui a donné son nom à une rue devenue célèbre en politique que par le siège du PS, a eu lieu le 24 juin 1859 durant la campagne d’Italie. Elle s’est déroulée en Lombardie, dans la province de Mantoue. Il s’agit en fait d’une victoire de l’armée française de…Napoléon III alliée à l’armée sarde sur l’armée autrichienne de l’empereur François-Joseph.
Plus de 330 000 soldats « encartés » ont combattu avec parmi eux, c’est souvent oublié, comme déjà pour la campagne de Crimée, l’armée d’Afrique française appelée à fournir un contingent pour la campagne d’Italie. Chacun des trois régiments de tirailleurs algériens dut fournir un bataillon de 1 100 soldats afin de créer un régiment provisoire, composé de trois bataillons à six compagnies chacun. Le commandement en fut donné au colonel Laure du deuxième régiment de tirailleurs algériens ! Des renforts précieux et décisifs qui s’illustrèrent au nom de leur participation à l’effort de guerre de la mère Patrie. Ce n’était que le début de leur participation aux grandes batailles de l’Histoire française souvent passée sous silence.
Solférino voit aussi (et c’est encore un mauvais point!) l’utilisation de techniques nouvelles de combat comme le transport des troupes françaises de renfort en train, qui mettront seulement quatre jours pour aller de Lyon jusqu’au Piémont. On utilisera aussi les canons et fusils à canon rayé (plus précis et puissants) pour tirer à vue. L’artillerie a joué un grand rôle, peu de combats ayant lieu corps à corps. Contrairement à la légende, le taux de victimes (morts et blessés) à cette bataille fut relativement faible. Beaucoup moins en tous cas que le nombre de socialistes après les échéances électorales successives ! Décidément il y a trop de similitudes entre cette bataille et celle qui est en cours et dans laquelle on masse de l’artillerie aux frontières entre clans pour un affrontement lointain en évitant soigneusement le corps à corps.
Le pire dans cette localisation reste que dans l’Histoire Solférino est devenue la date décisive du lancement de la le Croix Rouge, symbole à la fois de la compassion à l’écart des mourants et des blessés mais aussi de la nécessité d’avoir une intervention neutre pour mettre un peu d’humanité dans des affrontements terribles. Si le PS reste sur place il lui faudra nécessairement dénicher son « Henry Dunant » ! Pendant un voyage d’affaires en juin 1859, ce citoyen suisse (ça c’est pas terrible il vaudrait mieux une autre nationalité) se trouva à proximité de la ville italienne de Solférino et découvrit les dégâts humains de la bataille qui s’y déroulait. À partir de cette expérience, il écrivitt un livre intitulé « Un souvenir de Solférino » qu’il publie en 1862. C’est certain que ce titre sera repris dans quelques mois par un observateur du désastre « solférinien ».
Une année plus tard, Dunant participa à Genève à la fondation du Comité international de secours aux militaires blessés, désigné dès 1876 sous le nom de Comité international de la Croix-Rouge. La première convention de Genève fut ratifiée en 1864 et se référa largement à ses propositions. Il obtint avec Frédéric Passy le premier prix Nobel de la paix en 1901 et fin ainsi considéré comme le fondateur du mouvement de la Croix-Rouge internationale. Attendons de savoir si un pacificateur du PS pourra candidater à cette récompense suprême !
Il reste en effet à dénicher le bonhomme qui parviendra à mettre un peu de baume au cœur des combattants de Solférino puisqu’il semble que l’on aille vers une « bataille » sévère entre les héritiers et ceux qui se veulent « conquérants ». Les artilleurs sont déjà à l’œuvre et bien des cibles se sont réfugiés dans les tranchées ou s’abritent derrière la « croix rouge » pour ne vraiment pas rester sur le carreau ! Bien facile dans un tel contexte, de mettre le siège devant Solférino…car il paraît très incertain que les occupants puissent en réchapper vivants !