Sur un sujet essentiel pour la Gironde voici mon intervention en session publique du conseil départemental le 19 décembre dernier. Jusqu’à quand va-t-on nier la nécessité absolue d’assumer les conséquences en Gironde de la croissance démographique? Le service départemental d’incendie et de secours de la Gironde (SDIS) :

« Cette année la contribution du Département aux Services d’Incendie et de Secours se situe dans un contexte particulier. A chaque session budgétaire, certains d’entre nous, alertent l’Assemblée sur les réalités du fonctionnement d’un service essentiel à la vie quotidienne des Girondines et des Girondins. Chaque fois, il est évoqué les aberrations des modalités de financement telles qu’elles ont été définies par la Loi de création des S.D.I.S. le 3 Mai 1996. Chaque fois, nous soulignons la solidarité du Conseil Départemental (1) afin que les personnels professionnels et les volontaires trouvent des conditions satisfaisantes à l’exercice de leurs missions. A chaque session, nous expliquons le contexte particulier de la Gironde, vaste territoire cumulant de nombreuses spécificités parfois totalement indépendantes de la volonté du conseil départemental qui doit finalement les prendre en compte :  
-les risques forestiers toujours plus prégnants avec le réchauffement climatique (2) ;
-les risques technologiques croissants avec l’implantation d’activités économiques certes bénéfiques mais parfois contraignantes pour le S.D.I.S, comme par exemple le tourisme fluvial ou les surfaces commerciales (3) ;
-les risques liés à un trafic international poids lourds croissant sur les grands axes routiers ;
-les risques liés aux carences constatées pour les secours des personnes en détresse médicale plus ou moins avérée (4) ;
-les risques croissants inhérents à une forte augmentation de la population sur notre département conduisant à une circulation accrue, des m² de bâti de plus en plus nombreux ;
-les risques nouveaux provoqués par des décisions urbanistiques ou architecturales nonobstant des appréciations portées par le S.D.I.S 33 (5) ;
-les obligations techniques imposées par les normes, les règlements, les circulaires qui ne cessent de peser sur les activités d’un service soumis à la tutelle de l’État ;
-les risques désormais incontournables liés à la montée du terrorisme et à la préservation de grandes manifestations comme l’Euro de football ou les rendez-vous festifs de masse (6).
la nécessaire couverture de proximité de tout le territoire avec des casernes modernes et équipées.
En 2017, le cap des 117.000 sorties sera dépassé avec certains jours le cumul de 55 sorties simultanées et parfois plus de 450 sorties en seulement 24 heures sur le Département soir une toutes les 3 minutes. Toujours présent le SDIS fait face mais parfois se retrouve aux limites de ses capacités humaines et matérielles. L’efficience du S.D.I.S 33 n’est mise en cause en Gironde que par un groupuscule se voulant vigilant alors qu’il ne fait que ressasser des critiques d’une époque révolue.
Nous savons toutes et tous, dans cette Assemblée, ce que la population girondine (+ 100 000 habitants sur 6 ans) doit à l’investissement compétent et efficace des sapeurs-pompiers professionnels et à l’investissement citoyen solidaire des volontaires.
L’année 2018 sera à cet égard décisive pour l’avenir du service.
Faute d’une prise de conscience de la réalité pour tous les élus, nous risquons de connaître de graves difficultés ! Tous les efforts effectués par le Conseil départemental qui, je le rappelle, dépassent les sensibilités politiques au sein du conseil d’administration ont convergé vers la recherche de solutions pérennes en faveur d’un financement équilibré du secours aux personnes et aux biens.
Bien au-delà des textes, il a toujours été possible aux élus lucides sur les enjeux essentiels de trouver les accords indispensables pour garantir au S.D.I.S des moyens quotidiens adaptés aux nécessités constatées et aux évolutions programmées;
La mise en place récente sous l’égide Monsieur le Préfet et le Président du Conseil départemental désormais président du conseil d’administration d’un groupe de travail avec les grandes structures intercommunales et la compréhension des Communautés de Communes conscientes des difficultés à venir laisse augurer des avancées en 2018. C’est un espoir de voir enfin une vraie prise de conscience des impératifs financiers incontournables.
SDIS
Il me semble en effet souhaitable que nous témoignions en tant que Conseillères et Conseillers Départementaux de notre solidarité active à cette recherche d’un juste équilibre du financement dans un Département en pleine évolution.
Il n’est plus admissible de rejeter sur le seul département le financement des conséquences de politiques communales ou intercommunales permettant des rentrées financières conséquentes. Ne pas l’admettre c’est aller contre l’intérêt des Girondines et des Girondins puisque c’est accepter davantage d’habitant(e)s sans pour autant en assumer les conséquences, sans en accepter les contraintes et surtout sans leur offrir la sécurité dont ils ont absolument besoin.

(1) en 2018 ce sont près de 92 millions d’€ qui sont versés par le département soit 31 points de fiscalité sur le Foncier bâti
(2) Le seul incendie de Cissac aura eu un coût global de 1,5 million pour le Sdis
(3) deux bâteaux ont été armés pour les secours pour 3 millions d’€
(4) 117 000 sorties dont 60 % environ sont consacrés au secours aux personnes
(5) un engin avec nacelle a été acquis récemment pour 1 million d€ pour cette défense spécifique
(6) l’Euro aura coûté 450 000 € au SDIS