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Le global s’effondre en politique et seul le local résiste ! La République française repose en effet sur un système de la démocratie représentative dans laquelle les partis politiques tiennent une place essentielle. Depuis la Révolution il existe des appartenances différentes à des structures plus ou moins importantes qui avaient des appellations particulières : Tiers-Etat, Montagnards, Girondins, Monarchiens, Ultras monarchistes, Monarchistes républicains… auxquels s’ajoutaient le Club des Jacobins, des Feuillants ou des Cordeliers. Ils se constituèrent autour de fortes personnalités porteuses souvent d’une vision et d’un fonctionnement social plus ou moins recommandables mais qui avaient la particularité de rassembler autour d’eux des citoyen(ne)s que l’on appelait pas encore les militants ou les adhérents. Bien entendu en plus de deux siècles ils ont tous évolués en cherchant à se raccrocher à des valeurs de moins en moins présentes afin des e transformer en supports pour les scrutins électoraux. Lentement mais inexorablement le discrédit a atteint des sommets au cours de cette dernière décennie et notamment en 2016… Il ne reste que des lambeaux des entités ayant participé sous des sigles différents à la compétition présidentielle ou législatives. Tous espèrent cependant ressusciter dans les prochains mois alors qu’ils ont implosé !
Le Front National ne retrouvera jamais sont niveau antérieur tellement son égérie a perdu toute crédibilité et l’émergence des Patriotes (candidatures confirmes de ce nouveau parti) lors de deux partielles fin janvier va certainement révéler que la Marine a coulé ! Comme le prochain scrutin des Européennes sera à la proportionnelle et que le FN part d’un très gros score il ne pourra que constater les dégâts. Son électorat protestataire ira, c’est certain chercher un autre refuge pour sa mauvaise humeur ou restera à la maison s’il n’a pas de possibilité d’exprimer son… rejet des partis « traditionnels ». Il est certain que celui qui attend des retombées de ce phénomène de décomposition n’est autre que le fou du Puy en Velay qui se shoote à la verveine extrémiste.
Le « meilleur d’entre eux » qui n’a jamais gagné une élection hors de la ville de Bordeaux vient d’ailleurs dans ce contexte qui rappelle étrangement le louvoiement de certains partis de Droite en fin des années 1930 (1) de quitter le navire. Il offre l’extraordinaire particularisme d’avoir désigné pour lui succéder l’ambition faite femme qui occupe le premier strapontin offert par Wauquiez. Elle était à ses cotés durant la conférence de presse du Palais Rohan… ce qui donnait une allure surréaliste à la conférence de presse. Bien d’autres vont suivre le même chemin et prendre les chaloupes stockées sur le centre droit du bateau. Il se murmure qu’Alain Juppé aurait envie de conduire une liste nationale de marcheurs européens pour espérer terminer sa carrière par un succès pouvant le conduire à tenir un rôle de premier plan au Parlement. Combien y aura-t-il d’adhérents aux LR fin 2018 ? On parle de moins de 200 000 et il faut constater que seulement moins de 100 000 sont venus voter lors de l’élection du Président.
Au PS il y aura bientôt davantage de candidats pour s’installer à la barre du radeau de la Méduse qui va être construit après le naufrage du cuirassé Solférino (il a existé) que de membres d’équipage. Bien entendu il en reste qui attendent encore quelques semaines pour pouvoir participer au choix du capitaine mais quand on voit que les « Hollandais » se partagent et qu’une candidate annonce froidement qu’elle souhaite fixer le cap dans un parti qu’elle qualifie de « mafia socialiste » on peut craindre une renaissance impossible ! Avant on fera semblant mais après… ce sera courage fuyons ! Il existe des fédérations dont les effectifs ressemble à un bonhomme de neige un jour de réchauffement climatique mais chut… ils ne faut pas en parler.
Parti présidentiel tente de retrouver les enthousiastes de la République en marche que vont rejoindre les déçus de Républicains en marche réactionnaire sauf que comme personne n’a la même orientation générale. « Cap à droite » a donné comme instruction pragmatique Macron pour vite effacer les restes d’une politique un tant peu sociale du gouvernement précédent. Il sera bien temps le moment venu de faire de mettre un coup de barre à gauche pour éviter trop de déception des bobos en mal de gages modernistes. Dans quelques jours l’annonce de la construction de l’aéroport de Notre Dame des Landes va véritablement faire prendre le large au macronisme transgénique qui avait réussi à nourrir des illusions vertes. Il faudra beaucoup de photos avec bébé panda pour que les troupes progressistes se reconnaissent encore dans le nouveau monde ! Progressivement des pelotons se forment sur les chemins du pouvoir. Seul de gros coups de com (Juppé tête de liste aux européennes et les ralliement officiel de Valls) peuvent masquer ces fissures en formation. Pour éviter toute comparaison les adhésions n’existent par à LREM ! On va vite déchanter car plus rien ne distinguera dans ses pratiques le parti présidentiel des autres. Fini l’illusion de la nouveauté car on va vite se chamailler pour des places comme ailleurs.
Le Parti communiste a acheté quatre ou cinq cabines téléphoniques, les Verts ne sont plus à la mode, Hamon va se démener pour exister, le PRG s’est fait hara-kiri et chez les centristes la loi du milieu a évité que Bayrou aille à la messe pour confesser sa faute mais il n’est plus grand chose… Il reste alors les Insoumis qui tranche dans le paysage très évanescent. Ils espèrent se distinguer et bâtir leur stratégie sur la différence avec le système établi. Cette recherche permanente de la singularité peut leur offrir une plus-value électorale mais s’inscrira-t-elle dans la durée ? Rien n’est moins sûr ! En attendant la nature politique ayant horreur globalement du vide le risque est grand de voir apparaître le populisme qui adore que les valeurs restent dans le flou. le salut passera par le local !