confiance

Il est incontestable que les Françaises et les Français n’ont plus du tout confiance dans le système politique actuel. On a cru au miracle après les élections présidentielles puisque qu’un « nouveau monde » arrivait… sorti du principe que l’on pouvait être ni de gauche, ni de droite et résoudre tout par des principes inédits. D’ailleurs ce fut comme dans l’évangile selon saint Matthieu on multiplia à l’infini les voix pour obtenir pléthore de députées afin de nourrir cette envie farouche de renouvellement. Sauf que même si l’on est « croyant » il faut se rendre à l’évidence : les résultats relevaient du mirage.
Lors des deux dernières législatives partielles et avant les autres qui se profilent l’intérêt des électrices et des électeurs pour les scrutins a atteint les bas-fonds de la démocratie. Dans la circonscription de Belfort on a atteint 28,91 % de votants ce qui donne un candidat élu avec…15,15 % des inscrits et on atteint… 19,09 % des votants en Val d’Oise ce qui donne une victoire avec… 8,71 % des inscrits ! Des scores qui devraient affoler l’opinion publique mais qui sont présentés médiatiquement comme des victoires glorieuses ! Un électeur sur 7 dans un cas moins d’un sur dix dans l’autre ont envoyé un(e) député(e) voter des lois les concernant dans leur quotidien à l’Assemblée nationale. Et le pire c’est qu’aucun(e) de ceux et celles et ceux qui sont restés chez eux n’ont aucun regrets et aucun remords ! Comment ne pas s’interroger sur la déliquescence inexorable de la démocratie représentative ?
Il faut admettre que depuis de longues années et maintenant depuis quelques semaines, les personnes méfiantes ont bien du mal à donner leur confiance à un(e) représentant(e) politique quel qu’il soit… Toutes et tous sont discrédités à tort ou à raison par de multiples supercheries techniques très éloignées des valeurs de l’intérêt général. L’expliquer ou tenter de le décortiquer c’est purement prendre le risque de s’attirer les insultes ou les reproches véhéments de censeurs certains qu’une nouvelle gouvernance est indispensable à une France en perdition. Or il n’en est rien ! Le pouvoir est tenu par les prestidigitateurs de l’opinion dominante qui avec une mesure médiatiquement vendable et habilement habillée. Faute de pédagogie citoyenne défaillante depuis très longtemps il est possible de duper toutes les consciences même les plus critiques.
Par exemple le gouvernement vient de décider de limiter à 1,2 % la hausse des dépenses de fonctionnement des grandes collectivités sur la période de 2018 à 2021 ! Il a dans le même temps assuré la main sur le cœur qu’il ne toucherait à la fameuse dotation globale de fonctionnement que les socialistes avaient amputé au nom de la participation au redressement des comptes publics. Sauf qu’il a inventé le système le plus pervers qui ait été mis en œuvre. Ainsi il a promis une concertation sur le niveau des économies entre le Préfet et les élus concernés… quand une circulaire ministérielle en préparation (1) annonce froidement que ce sera 1,2 pondéré de quelques ajustements de 0,15 % et rien d’autres.
A l’arrivée en 2019 le représentant de l’État constatera si l’objectif est atteint et décidera de récupérer 75 % sur le montant des dépenses excédant les 1,2 % autorisés si la collectivité a signé le pacte ou 100 % si elle a refusé ! Rien ne sera retenu sur la DGF : engagement tenu mais l’amende sera ponctionnée chaque mois… sur le produit de la taxe sur le foncier bâti (communes ou département) ou sur la récupération de la TVA (région). Une énorme entourloupe puisque l’État améliorera ses recettes à un niveau de dépenses constant. Il baisse par ailleurs dès 2018 de nombreuses dotations (compensation perte taxe professionnelle, compensation… des dégrèvements des impôts locaux) mais il sait que les contribuables se moquent de ces explications dont l’importance leur échappe. Récupérer des impôts directs votés par une collectivité locale chaque mois est parfaitement anticonstitutionnel mais au point où on en est la protestations sera inaudible. Pour compenser cette ponction il faudrait que les départements par exemple, selon leur situation, augmentent le foncier bâti de 1 à 16 points assumant une forte impopularité que le pouvoir central n’aura pas à gérer.
La manipulation (article 29 de la loi de programmation des finances publiques) sera complétée par une modification en 2019 du financement des aides individuelles de solidarité (RSA-APA-PCH) qui sera adossée à une part de la CSG augmentée actuelle, allouée aux départements selon des modalités à définir avant fin mars ! Ils ne bénéficieraient plus de la DGF (tout « bénéf » pour l’État) et le foncier bâti sera dévolu au bloc communal. Tout ce tripatouillage donnera l’impression que les impôts sont allégés et remettra les élus locaux à leur place … En ajoutant les départs de 120 000 fonctionnaires à la baisse obligatoire du soutien aux services de proximité par communes, intercommunalités et départements il est certain que l’avenir s’annonce meilleur pour celles et ceux qui sont restés chez eux aux législatives partielles !

(1) je l’ai lue…