Le journalisme est vraiment sous pression

Le formidable métier de journaliste ne risque pas de devenir une sinécure dans une société où deux dangers les guettent : la communication quand eux cherchent (normalement) de l’information et la désinformation organisée quand ils doivent apporter des éléments fiables à celles et ceux qui leur font confiance. On constate que de plus en plus tout est fait pour les conduire à n’accéder qu’aux événements qui valorisent les détenteurs de la moindre parcelle de pouvoir. Le parler vrai n’existe plus et d’ailleurs il condamne les pratiquants de cette méthode puisqu’elle est considérée comme de la haute trahison. Je suis par exemple des gens qui pensent que lorsque Wauquiez ne ment pas (on ne peut pas me soupçonner de le soutenir) affirme  que Sarkozy « contrôlait les téléphones portables de ceux qui entraient au conseil des ministres » afin de vérifier ce que chacun disait de lui. « Nicolas Sarkozy, il en était arrivé au point où il contrôlait les téléphones portables de ceux qui rentraient en Conseil des ministres. Il les mettait sur écoutes pour pomper tous les mails, tous les textos, et vérifier ce que chacun de ses ministres disait au moment où on rentrait en Conseil des ministres ». La tentation des tenants des pouvoirs restent de contrôler absolument ce qui peut-être dit aux journalistes et tout est mis en œuvre pour maîtriser ces « fuites » plus ou moins organisées. Les journalistes ont un mal fou à préserver leurs sources et doivent prendre toutes les précautions pour éviter qu’elles ne soient identifiables. C’est devenu une obsession…
Plus que jamais une chape de plomb pèse sur le système médiatique puisque le volume des informations originales pouvant être diffusées diminue comme la neige au soleil. Rappelez vous la foule impressionnante des professionnels présents dans la grande salle des fêtes de l’Élysée quand le général de Gaulle tenait conférence de presse… Désormais on sélectionne, on élimine, on interdit et on s’assure que ne sortiront que les phrases valorisantes ou les images flatteuses. Il faut que le média soit au service directement ou indirectement au niveau de celle ou celui qui l’exerce. L’épisode du Taj Mahal est révélatrice d’un nouveau monde auquel la presse va devoir se plier. Et il est désolant que les Insoumis prennent le même chemin alors qu’ils se présentaient en parangons de vertus ayant fui les autres ! Le ponctuel, le factuel, l’éphémère, l’anecdotique suffit au bonheur de beaucoup et il ne s’agit pour les plus habiles que d’offrir les opportunités de nourrir les supports décisifs et peu regardant. Impossible désormais d’échapper à cette systématisation de l’organisation de moments destinées à effacer l’essentiel pour offrir l’accessoire.
Pour avoir parfaitement démonté une stratégie de l’entourage présidentiel sur une pseudo « visite au Tal Mahal » une journaliste du Quotidien a été humiliée devant ses confrères par le fabricant de posters pour Paris Match et T F 1 ! « Je tiens à vous remercier de l’intérêt de votre question après une visite de trois jours dans un pays comme l’Inde, qui manifeste toute la richesse que vous avez dû tirer de ce déplacement, tout l’intérêt que vous portez à ces questions stratégiques. Je voulais dire par là que je n’étais pas accompagné par des officiels. Je crois que plusieurs d’entre vous étaient satisfaits de pouvoir être là ? Mais si la frustration de ceux qui n’étaient pas là les conduit à poser des questions de ce type, c’est en effet à se poser la question de savoir si ça ne devrait pas être totalement fermé aux médias. Je tiens vraiment à vous remercier pour la grande qualité dont vous venez de faire preuve » Bien évidemment cet agacement proche du mépris traduisait simplement l’embarras d’avoir à justifier une pratique totalement contraire à la liberté d’interroger une homme de pouvoir sur un fait qui a été largement souhaité, encouragé et maîtrisé !
Mélenchon peste, enrage, dénonce quand il n’est pas satisfait que sa vision du journalisme ne lui convient pas. Il réclame même un « tribunal professionnel » des médias contre « les menteurs, les tricheurs, les enfumeurs ». Il n’a pas hésité un iota à assassiner « Quotidien » pour avoir osé diffuser des propos tenus… pas Wauquiez dont il a partagé le courroux et l’indignation. Deux insoumis au diktat médiatique qui se retrouvent avec Marine Le Pen elle aussi martyr des méchants diffuseurs de fausses informations. Les petits jeunes de Yann Barthés viennent de lui infliger à son tour une cuisante déroute ! Refusés à l’entrée pour délit de sales méthodes ils ont mis en pièces le Congrès du replâtrage avec le fabuleux reportage sur celui qui n’était pas seulement bourré de certitudes comme les cerbères ou les fanatiques ! Le décodage des images pour « Nous Deux » ou « Intimité » faites au Taj Mahal a été tout autan ravageur… Les départs successifs du média mélenchoniste ont constitué une bombe à fragmentation ayant échappé à leurs créateurs. En fait tous ces faits menacent simplement la crédibilité des médias en général comme le comportement de certains élus ont totalement discrédité les autres sans aucun problème ! Ainsi va le nouveau monde !

Ce contenu a été publié dans PARLER SOCIETE, avec comme mot(s)-clé(s) , , , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

4 réponses à Le journalisme est vraiment sous pression

  1. JJ Lalanne dit :

    Beaucoup veulent mettre la presse sous contrôle, ne lui laissant exprimer que ce qui lui est favorable voire même qu’ elle s’ implique positivement dans sa campagne. Le documentaire Arte (ou 5?, je me fais vieux) de la fin des années 90 sur le « travail » de la presse bordelaise pendant 2 ou 3ans pour amener l’ installation de Juppé à Bordeaux: « Un ministre en campagne » est éloquent. Fr3 et Sud-Ouest pris la main dans le pot de confiture. Sans le matraquage pratiquement journalier de ces médias, Juppé serait resté à Bordeaux ce qu’ il était auparavant, un quasi-inconnu. Depuis,il a fait le mauvais choix de la patronne de médias Calmels contre Paris-Match pour Macron. Fidèle à lui-même il a choisi la gestion contre l’ imagination et ça ne pardonne pas plus que le « droit dans ses bottes ». On évolue mais on ne se change pas!

  2. LAVIGNE Maria dit :

    Que vive la presse libre et indépendante ! Une certaine presse s’est discréditée car n’oublions pas les images restées célèbres de tous ces journalistes aux pieds de Bismuth, la campagne qui a été faite pour faire élire Jupiter. Pour ma part, je crois avoir de saines lectures, plurielles mais surtout indépendantes du grand capital, même si, j’écoute des radios où tout le monde peut s’exprimer. Par contre, je ne donnerai pas un centime pour acheter une presse soumise;

    • J.J. dit :

      Maria, je pense que nous devons fréquenter le même genre de site que d’aucuns ne considèrent pas comme « politiquement corrects », et qui n’ont pas l’aval des fumistes du « Decodex » du Monde.

  3. JJ Lalanne dit :

    Difficile de trouver une presse qui ne soit utilisée, manipulée ou infiltrée. Je me souviens d’ un malheureux qui, confiant, avait fait des confidences au Canard Enchaîné. Marié, 2 enfants. La Grande Muette, avec ses entrées, lui est tombée dessus durement et sans explication. Même mes « patrons », officiers particulièrement durs, avaient les larmes aux yeux d’ avoir eu à faire ça sans lui dire le pourquoi. Le capital a parfaitement intégré les notions d’ écologie, de réchauffement, de médecine parallèle, de bio,…et les a marchandisées. La seule chose possible pour essayer d’ avoir un minimum d’ information fiable est de multiplier les sources et ensuite de se faire son opinion. Il m’ arrive pour savoir ce qu’ il se passe en France d’aller consulter la presse étrangère, comme par exemple la presse algérienne lors de la guerre en Lybie (très intéressant) comme un voisin immigré algérien me dit que lui réciproquement consulte la presse française pour savoir ce qu’ il se passe chez lui.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.