CONSEILLERS D2PARTEMENTAUX

Conseillers départementaux ? Qui sont-ils ? Que font-ils ? Qu’apportent-ils à la vie sociale ? En quoi peut-on leur faire confiance ? Quelles critiques a-t-on à formuler sur leur action ? Autant de questions démocratiques que 3 millièmes des électrices et des électeurs du canton de Créon sont venus se poser lors du compte-rendu de mandat que nous avons effectué avec ma collègue Anne-Laure Fabre-Nadler ! Est-ce une satisfaction? Oui puisque nous avons tout tenté pour mobiliser autour d’un véritable dialogue de proximité ! Est-ce un succès ? Non car 95 personnes présentes par rapport à l’impact quotidien qu’a la politique départementale sur le quotidien des gens d’un territoire de plus de 50 000 habitants c’est insuffisant ! Doit-on regretter une soirée de ce type ? Absolument pas puisqu’elle a le mérite de rétablir la vérité sur la volonté des élu(e)s de rendre compte de leur mandat confié exactement il y a 3 ans par une majorité de votants.
Ce type d’exercice permet se se rassurer sur la mise en adéquation de ses principes et de ses actes. Paradoxalement on peut s’interroger sur son utilité réelle. Bien entendu on est bien éloigné de l’impact du passage sur un plateau de télévision pour débiter des certitudes éloignées de tout le vécu des téléspectateur(trice)s béats d’admiration devant des synthèses hâtives ou des certitudes de communication ressassées à volonté !
L’opinion dominante colporte à cet égard des idées reçues : les élus(e)s ne nous écoutent pas ou surtout ne font rien qui me soit utile ! Les tenant(e)s de cette théorie de l’éloignement ne voit la « politique » que de loin avec les lunettes de la haine ou de la confiance aveugle. Ils se régalent d’idées toutes faites mais refusent de prendre un peu de leur temps pour comprendre et donc pouvoir un jour juger. Peu de personnes, selon un récent sondage, connaissent réellement les compétences départementales mais c’est normal puisqu’ils sont devenus des consommateurs du système pour ce qui concerne leur intérêt individuel mais se réfugient dans l’indifférence sur les considérations relatives à l’intérêt général. Ainsi sur à peu près dans le canton de Créon plus de 400 élus locaux (maires, adjoints ou conseiller(e)s municipaux) ont trouvait dans la salle une trentaine d’entre eux. C’est dérisoire mais révélateur de la faiblesse actuelle des assemblées communales en déliquescence plus ou moins prononcée.
Je connaissais à une ou deux exceptions près la totalité de la salle… ce qui est révélateur de la mobilisation. Sur des sujets aussi sensibles localement que la mobilité domicile-travail, l’implantation d’un troisième collège, l’arrivée d’un lycée ou les services publics proposés, l’aménagement du hait débit les associations (parents d’élèves notamment), les élus (1) étaient aux « abonnés absents » ce qui leur permettra dans les prochains mois d’affirmer péremptoirement qu’ils ne sont pas au courant. La rencontre a duré une heure… dix minutes ce qui démontre que le manque de mobilisation n’est pas imputable à une extraordinaire perte de temps. Certes la tendance est plus aux courriers véhéments, aux commentaires anonymes sur les réseaux sociaux mais pas forcément à la réunion publique favorisant le dialogue direct ! C’est dépassé mais pourtant c’est fondamental : rendre compte d’un mandat devrait être obligatoire à condition que cette démarche soit reconnue comme conforme aux valeurs républicaines. En fait il faut se demander si l’ignorance de la situation ne permet pas de laisser dire tout et n’importe quoi !
Dans une bonne ambiance le boulot a été accompli avec une présentation du travail du duo dans les instances départementales et leur déclinaison au niveau du territoire cantonal. Plus de 2 000 attributaires d’une allocation individuelle de solidarité ont manqué l’occasion de s’inquiéter des mesures gouvernementales visant à étouffer le département qui est le garant de la solidarité humaine. Ce désintérêt favorise toutes les attaques contre un système social reposant sur l’égalité d’accès et l’équité. On y trouve aussi les racines de l’abstention ou celle des votes extrêmes reposant essentiellement sur l’intoxication médiatique portée par les idées toutes faites.
Redonner d’urgence tout son sens à une démocratie ouverte, tolérante et proche devient une priorité politique. J’en ai marre de cette croyance dévastatrice dans des généralisations dévastatrices pour la démocratie. Il est difficile de convaincre que le vrai militantisme politique passe désormais par une forte envie de redonner un sens à la pédagogie citoyenne active ! Elle est devenue fondamentale pour préserver ce qu’il reste d’un système républicain qui s’est construit sous les préaux des écoles publiques ou dans les arrières-salles des cercles ou des bistrots !
J’étais tout de même heureux de pouvoirs pour la vingt-troisième années consécutive être fidèle à ce que j’estime être une obligation démocratique que tous les élu(e)s de tous niveaux devraient pratiquer. Avoir la conscience tranquille permet de se regarder chaque matin dans la glace avec humilité et bonheur. Pour le reste ce n’est qu’une affaire de verre à moitié plein ou à moitié vide !
(1) Seules les municpalités de Baurech, Camarsac, Camblanes, Carignan, Créon, Croignon, Cursan, Fargues Saint Hilaire, Le Pout, Loupes, Quinsac, Tresses, les communautés de communes des Portes de l’Entre-deux Mers et du créonnais étaient représentées. Bonnetan et Cénac s’étaient excusées.