Il fut l’un des premiers découvreurs du Nouveau monde et il a annoncé qu’après en avoir effectué le tour il préférait revenir sur ses terres oublieux des ors et des frasques bénalesques des palais de la République. Ben mon Colomb, pour un coup monté c’est un beau coup monté car c’était un secret de services peu au courant que celui DU départ vers l’extérieur de l’ex-empereur du Rhône, Ministre de l’Intérieur. Cocufié par les agissements d’un vrai faux-flic il a été un peu amer à l’égard de celui qu’il a emmené vers l’Elysée et donc il prendra le chemin du retour vers sa principauté constituée sur un coin de table de restaurant avec la complicité passive de Mercier.
Le vrai problème c’est de savoir désormais s’il n’obtiendra pas avant de quitter la Place Bauveau le privilège de démultiplier ce que l’on appelle modestement « l’exemple lyonnais » consistant à « métropoliser » le Département pour renforcer l’agglomération centrale ! Il œuvre en sous-main pour que Bordeaux, Lille, Nantes, Nice et Toulouse absorbent les compétences des conseils départementaux et élargissent leur influence !
Début août, Emmanuel Macron recevait discrètement cinq présidents de métropoles de plus de 500 000 habitants : Damien Castelain (Lille), Alain Juppé (Bordeaux), Jean-Luc Moudenc (Toulouse), Johanna Rolland (Nantes) et Christian Estrosi (Nice-Côte d’Azur). Objectif : accélérer le processus de transfert des compétences des départements aux métropoles dans le périmètre de ces dernières, selon le « modèle lyonnais » mis en œuvre le 1er janvier 2015. C’est un signe fort ! Avec un Maire de Toulouse heureux de se débarrasser de la présence d’élus de gauche sur son territoire fragile; un Estrosi voulant absolument détruire son meilleur ami Ciotti ; de Mme le Maire de Nantes espérant être récompensée par une bénédiction en Marche avant la « procession » aux urnes des municipales ; un Maire de Bordeaux poussé par les prétendants au trône métropolitain des communes limitrophes macronisables; un président lillois sur une siège éjectable la situation devient extrêmement dangereuse pour les conseils départementaux concernés. Pour Paris et Marseille la cause est entendue et leur extinction programmée sans espoir de retour en arrière. Hier leurs directeurs généraux des services se sont concertés pour évaluer les problèmes que représenteraient cette opération avant l’annonce quis erait faite au congrès de France urbaine. En Gironde ce sont plus de 2 000 agents que Bordeaux Métropole devrait absorber par transfert avec un budget d’environ 800 millions à assumer en plus de 250 millions d’investissements dans des collèges à assumer avant 2024 sur son territoire actuel.. Une sacrée gageure quand on sait que la mutualisation entre villes et métropole n’est pas encore vraiment « aboutie » et que la prise en charge des dépenses sociales non compensées par l’État n’améliorerait certainement pas des finances serrées.
Le seul avantage pour cette fusion : si le périmètre de la métropole bordelais était élargi (hypothèse très ancienne) comme ce fut le cas à Lyon la nouvelle assise permettrait de… faire payer par un plus grand nombre de foyers fiscaux les dépenses intra-métropolitaine (stade, tram, ressources complémentaires en eau.par exemple..) et donc d’améliorer ses ratios actuels. Il se murmure à Paris que l’annonce d’une métropolisation forcée serait faite dans les prochaines heures sauf si l’une des raisons de la fuite de Colomb résidait (mais je n’y crois pas!) dans un « stop » du disciple devenu Jupiter qui aurait besoin d’un peu de calme dans ses relations avec les collectivités territoriales.
Souvent étranglés par des décisions préfectorales (1) sur l’évolution de leurs dépenses de fonctionnement le quintet départemental concerné est mis en difficulté pour faire face à ses obligations légales. Il sera ainsi facile de suggérer leur incapacité à répondre aux attentes des populations et donc de les faire disparaître en zone urbaine. Cette stratégie se met en place sous l’égide de Bercy et sert les idées venues de Lyon. Il est certainement trop tard pour tenter d’enrayer une machine en marche destinée à installer le parti présidentiel dans des exécutifs à al proportionnelle.
Pour ma part je n’ai jamais admis (et je ne renoncerai jamais) cette métropolisation rampante ou avérée. En août 2009 j’avais proposé au conseil municipal de Créon d’organiser un référendum d’initiative locale métropole comme le prévoit expressément la loi (2) pour lutter contre un projet similaire. le Préfet avait cassé la délibération preuve effarante de l’inutilité de la démocratie participative. Perte définitive de l’identité communale diluée dans une entité anonyme, désastre pour la péréquation des ressources, croissance de la fiscalité sur les propriétés bâties, incertitudes fortes sur le financement des équipements en cours… le président du département du Nord (LR) a repris cette idée sur une éventuelle absorption de son département et elle mérite une étude attentive en Gironde car elle permettrait de mettre les citoyen(ne)s face à leur avenir mais le pire serait que justement une fois encore ils ne soient pas consultés et que ce ne soit que des manœuvres électoralistes qui s’imposent.

(1) Sont autorisés avec les mêmes arguments 1,25 de croissance au département et 1,35 % à la métropole
(2) Les articles LO1112-1 et suivants du code général des collectivités territoriales encadrent le référendum local