Le discours que j’ai prononcé hier sois au nom du Conseil départemental de la Gironde lors du rassemblement contre l’antisémistisme place de la République à Bordeaux :

 » Mesdames, messieurs les élus, chères et chers collègues,

Mesdames, messieurs les représentants des partis politiques du monde associatif ou des instances institutionnelles,

Chères et chers amis laïques,

Mesdames et messieurs les porteurs des valeurs républicaines,

Citoyennes et citoyens de Gironde ou d’ailleurs,

Au nom de Jean-Luc Gleyze président du Conseil départemental et de l’ensemble des mes collègues présents ici ce soir ou excusés, je vous voudrais d’abord vous remercier chaleureusement :

  • de votre solidarité réconfortante à l’égard de toutes les victimes de l’antisémitisme et plus largement de tous les actes racistes, xénophobes ou homophobes qui émaillent désormais notre quotidien collectif,
  • de votre engagement concret pour témoigner de votre attachement aux valeurs fondatrices de notre République que sont la fraternité, la laïcité, la tolérance et l’humanisme,
  • de votre volonté commune de pas céder un pouce sur le terrain des idées, face aux propos, aux actes, aux crimes portés par une haine dévastatrice colportée par l’ignorance, l’indifférence qui transforment peu à peu l’Homme en loup pour les autres Hommes,
  • de votre conviction que la défense du respect de l’autre n’est pas justement l’affaire des autres mais notre affaire à chacun et chacun, quelle que soit notre place dans la société, quel que soit notre engagement philosophique ou citoyen !

Nous sommes face à une responsabilité claire : condamner ne suffit plus ! Dénoncer ne suffit plus ! Se lamenter ne suffit plus ! Expliquer, éduquer, résister, combattre à chaque instant, chaque jour contre la bête immonde dont le ventre est toujours fécond, doivent être désormais les moteurs de notre action individuelle au service de l’intérêt collectif.

Les élu(e)s départementaux garants de la solidarité humaine et territoriale en Gironde condamnent avec la plus extrême fermeté toutes les atteintes aux droits fondamentaux de la personne humaine, tous les comportements, toutes les actions, toutes les idéologies mettant en cause les libertés individuelles, le droit à la différence, le droit simple de vivre fraternellement ses choix au milieu des autres.

Citoyennes et citoyens du pays des droits de l’homme je me permets de vous lire une adaptation de ce bref poème du pasteur allemand Martin Niemöller interné à Dachau. Vous pouvez y ajouter tous les vers que vous inspire la situation actuelle avant sa conclusion qui de toutes les manières restera la même :

« Quand les nazis sont venus insulter les communistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas communiste.

Quand ils ont insulté les sociaux-démocrates, je n’ai rien dit, je n’étais pas social-démocrate.

Quand ils sont venus insulter les syndicalistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas syndicaliste. 

Quand ils ont insulté les juifs, je n’ai rien dit ; je n’étais pas juif.

Quand ils sont venus chercher les catholiques, je n’ai rien dit ; je n’étais pas catholique

Quand ils sont venus m’insulter, il ne restait plus personne pour protester. »

Défenseurs, défenseures de la liberté de penser, actrices ou acteurs de la vie démocratique, créateurs ou créatrices du lien social simplement attachés au respect, à la tolérance, à la paix des cœurs et des esprits sortez de l’ombre, n’attendez pas dêtre les derniers !

Au-delà de tous les sursauts républicains qui parsèment notre vie démocratique donnons-nous ce soir comme mission de tout faire pour que l’antisémitisme honteux, le racisme banalisé, le mépris humiliant, la violence physique ordinaire, la parole réputée libérée alors qu’elle est esclave de slogans offerts en prêt à porter idéologique, reculent dans une nation forte de ses différences et de ses diversités.

Les élus du département appellent à l’unité, au rassemblement, à la raison et simplement clament solennellement : « ça suffit ! Assez !  Ressaisissons-nous, redonnons sa vraie place à la citoyenneté dans ce pays ! A l’instar de Saint Exupéry ce soir mais aussi demain, après-demain, rappelons-nous simplement que faute de pouvoir revenir sur le passé nous devons savoir que « l’avenir n’est jamais que du présent à mettre en ordre ! » Comptez sur Jean-Luc Gleyze Président du département et les élus qui l’entourent pour lutter de toute la force de leurs convictions contre la gangrène sociale de l’antisémitisme et de toutes les formes de racisme !

Vive la Gironde !

Vive la République !