Le nombre d’initiatives positives, constructives et intelligentes menées dans les collectivités territoriales dans tous les secteurs de la vie quotidienne est considérable. Elles sont malheureusement étouffées voire détruites par un système politique de plus en plus verticalisé qui nie toute autonomie à celles et ceux qu’ils considèrent comme de simples exécutant.e.s des volontés d’une caste obsédée par des équilibres financiers qu’elle veut imposer aux autres. Le « local » comme les gens qui le font vivre est méprisé, oublié, dénaturé et même combattu.

Contraintes non seulement à l’équilibre de leurs comptes mais aussi à dégager des excédents couvrant leur dette et permettant des investissements commune set départements trouvent les moyens de construire de nouvelles politiques. Leurs expérimentations légales menées restent donc confidentielles et sont mêmes ignorées de la population.

Tout ce qui est local, proche, simple, peu coûteux mais qui échappe au contrôle de l’establishment n’offre que peu d’intérêt. Rares, très rares sont les innovations venant de la base peuvant être reprise au sommet malgré des visites ministérielles ou présidentielles qui vienent les contempler.

La France demeure un pays corseté, verrouillé dans lequel tout devient de plus en plus difficile à bouger. On y reproduit à loisir les « principes », les « habitudes », les « codes » de telle manière que les politiques puissent s’inscrire dans le système et y faire leur nid. Toute loi, tout décret, toute circulaire ne révolutionnent absolument rien, se contentant la plupart du temps d’ajuster, de modifier sans jamais offrir une vraie liberté d’agir. Jamais le nouveau monde n’a été aussi frileux.

Il faut entrer dans une « case » pour pouvoir développer une autre vision de la gouvernance, de la gestion, de la réponse aux problèmes constatés sur le terrain selon la formule constatée faute de quoi il existe un risque fort d’être rattrapé par l’orthodoxie existe.

Même structurée ou argumentée une démarche locale n’a que très peu de chance d’accrocher l’attention nationalement. Pourtant, souvent elles constituent des réponses pertinentes à des défaillances du système étatique mais le « global » susceptible d’intéresser plus de gens l’emporte toujours sur le local.

Une refondation de la politique devient urgente. Elle ne se fera pas dans la facilité puisque le système s’auto-protège et cherchera par tous les moyens de maintenir son contrôle sur les modalités d’exercice du pouvoir. Il bénéficie pour ça du système médiatique condescendant à l’égard des personnes ayant des idées mais méconnues du grand public.

Faute de relais déjà reconnus les « idées » novatrices s’arrêtent vite en chemin. Il existe un mur de verre médiatique infranchissable bâti par les réseaux d’influence soigneusement entretenus et protégés. Le « local » n’a vraiment aucune chance de le franchir.

D’abord parce que les « conseiller.e.s » en tous genres dézinguent toute initiative dont ils ne seraient pas les auteur.e.s car ils mettraient en péril leur statut. La disparition du débat public confisqué par des « spécialistes » sur les télés perroquets ou dans les tribunes qes quotidiens n’arrange pas ensuite l’émergence des concepts inédits.

On peut se demander si les « Lumières » du XVIII° siècle auraient actuellement une place dans un monde stéréotypé, répétitif et souvent idéologiquement aseptisé. On réagit plus que l’on agit et on n’est vraiment crédible que si on démolit ; on n’existe que dans la virulence et pas dans la mesure; dans l’outrance et pas dans la raison . Localement le mal se répand d’ailleurs très vite et n’a pas fini de progresser.

Dans de nombreuses communes et surtout dans bien des villes des « listes citoyennes » constituées d’électrices et d’électeurs de la socité réputée civile, motivés mais forcément peu connus, tentent de percer. Elles partent de loin pour plusieurs raisons. Leur stratégie relève de la construction patiente, non organisée et donc forcément évolutive. Elles veulent déstructurer un mode de fonctionnement qui arrange tout le monde car il permet justement de maintenir les pouvoirs en place et le jeu de rôles habituels voulant qu’il y ait des méchants et des bons.

Lors du vote du budget du conseil départemental les représentants de la droite ont affirmé par exemple haut et fort : « ce n’est pas notre rôle de proposer puisque nous sommes dans l’opposition. Nous sommes contre votre budget par principe mais nous approuvons vos propositions politiques mais nous n’avons rien à changer ou à améliorer… » Tout le monde est content : on occulte l’essentiel : les contenus, les priorités, les innovations pour se contenter de quelques mots dépourvus de toute solidité technique mais qui serviront à effacer le positif « local » pour revenir à des faits « globaux » inutilement valorisés. C’est ainsi et on n’en sortira plus !

Mon bouquin sur le « partage du pouvoir local » relève donc vraiment de l’utopie. J’en ai pleinement conscience et il ne dépassera pas le cadre « local ». Heureusement que tout ce que j’y présente a existé et a été mis en œuvre car c’est une vraie satisfaction : une autre société est possible à créon et pas ailleurs !