Confinavirus (21) : la plus longue mi-temps se prépare

Le confinement finira pas peser sur le moral général de na nation. Comment par exemple imaginer que le pays puisse être encore longtemps privé de ces grandes rencontres footballistiques qui enchantent les soirées devant la télévision ? Qui résistera à l’absence de nouvelles de la cheville de Neymar ou aux tweets relatant les anniversaires des joueurs du paris saint6germain ? Qui ne souffrirait pas dans cette période déprimante de ne pas pouvoir contempler les splendides envolées d’un derby explosif entre les Girondins de Bordeaux et le Toulouse F.C  ou une somptueuse confrontation avec Dijon ?

Et même à RMC où Dugarry a annoncé son départ on se languit des polémiques sur l’arbitrage, les tactiques choisies par Tuchel ou Andrés Villas-Boas ou les exploits de M’Bappé. Courbis en a perdu sa joie de critiquer et Di Meco n’a plus rien à se mettre sous le crampon.

Plus rien d’important, d’essentiel, de fondamental à se mettre devant les micros ou les caméras de Téléfoot ou du Canal Football Club. Les consultant.e.s réduit.e.s au silence mortel d’une nation sans foot ont été remplacés par ceux des dégâts terribles effectués par une petite « boule » ronde invisible, redoutable et difficilement contrôlable si on en croit les portraits du Covid-19.

Les grands débats autour des millimètres de la V.A.R. ayant annulé un but pour un hors jeu ne sont plus de mise. Il en est de même pour ces coups de pied de réparation sifflés après une étude minutieuse déterminant si la faute est réelle ou s’il s’agit d’un effleurement accentué. Les vrais débats de société sur l’injustice… sportive n’existent plus.

Heureusement que les cafés des Sports ou les brasseries du commerce sont fermés car les chagrins seraient mis en bière de manière intensive. Le pire est à craindre si le peuple auquel des ouvriers dévoués garantissent encore le pain… est privé de jeux. Le confinement serait supportable si quelques soirées étaient éclaboussées par la technique enthousiasmante des talents de besogneux de la balle ronde.

Les sites de paris en ligne sonnent creux. Les sponsors refusent de régler les mensualités de publicité inutile car ils n’ont plus personne à restaurer ou à héberger. Les grandes caisses à fonds perdus des mécènes venus d’ailleurs commencent à sonner creux. On prévoit des replis stratégiques avant que ne coulent les armadas de vedettes surchargées de dollars.

La Ligue 1 a des semelles de plomb depuis quelques temps déjà et il va manquer du flous sur les pelouses. Une mesure s’impose : tester tous les joueurs de football à propos du coronavirus, les cloîtrer sur leur lieux d’entraînement et ne faire jouer à huis clos ceux qui ne seraient pas contaminés. Ainsi dans les chaumières la lumière reviendrait et la lutte pour le contrôle de la zappette de la télévision reprendrait de plus belle.

En état de manque le pays ne supportera pas longtemps de ne pas entendre après les défaites de l’Olympique Lyonnais les déclarations fielleuses d’Aulas ou celles autosuffisantes qui accompagnent les victoires. L’ardent défenseur du football capitalistique doit se miner en constatant que la bourse n’apprécie guère son absence de la scène médiatique.

Au Qatar où il s’est réfugiés dans l’air conditionné de sa prochaine coupe du monde encore saine et sauve, le Président du Paris Saint-Germain pense qu’il est maudit. Son club avait une voie royale vers la Champion’s League avant qu’un millième de grain de sable vienne se mettre en travers.

A l’O.M. on ne demande pas mieux que la situation bénéfique soit figée et que l’Europe veuille bien enfin revenir au bercail et on offrira une place en loge au Professeur Raoult pour avoir tenu tête aux savants Parisiens.

Il sera impossible pour certain.e.s de sortir indemnes de cette longue interruption de l’éclairage médiatique sur les stades de football. Si en plus il.elle.s se retrouvent privés du Tour de France des sponsorisés du vélo la crise aura de allures de cure terriblement douloureuses de désintoxication.

Les enchaînés de Canal, Europsort, BeIn ou RMC survivent dans le confinement. Leurs rediffusion de quelques rencontres mythiques ou des étapes de l’an passé tentent de calmer leur privation d’exploits plus frais. La nostalgie ne sert pas d’exutoire. Elle avive au contraire les regrets de ne pas pouvoir vivre au présent les émotions du passé ce qui dans le contexte actuel s’incruste dans les esprits.

Dans le sport spectacle rien ne sera plus de toutes les manières comme avant. Des matches de foot virtuels avec des clones des vedettes vont bientôt se répandre sur les écrans et des compétitions de home-trainer opposeront en visioconférences les plus grands pédaleurs des pelotons. Le public ne reviendra pas avant longtemps dans les stades ou le long des routes, d’abord parce que ce sera interdit durant des mois et ensuite parce qu’il aura entre temps trouvé d’autres centres d’intérêt… le Matmut bordelais va sonner creux encore pour quelques temps !

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2 réponses à Confinavirus (21) : la plus longue mi-temps se prépare

  1. Bernadette dit :

    Et que le plus fort gagne. C’est toujours la même chose dans ces matches endiablés. Mais combien gagne de sous l’équipe gagnante ? Taper dans un rond de cuir ça rapporte beaucoup d’argent.

  2. Philippe Conchou dit :

    Le foot ne me manque pas parce que je ne l’aime pas; le rugby qu’en tant qu’ancien pratiquant j’adore ne me manque pas beaucoup et revoir d’anciens matchs ne m’intéresse pas.
    Par contre revoir sur la 21 le tour de France 2000 est fascinant. Voir Armstrong pédaler comme une mobilette dans des pentes à 10% devant les yeux ébahis et complices des commentateurs de l’époque (Patrick Chene et Bernard Thèvenet) .
    Deux ans après l’affaire Festina tout va bien. Dans l’étape des Pyrénées diffusée hier on voyait Pantani, Ullrich, Riss, Zuelle Virenque etc.. tous convaincus de dopage un jour ou l’autre, courir après Armsrtrong.
    Thévenet grand spécialiste à son époque n’en revenait pas, alors que déjà tout le monde savait sauf les pauvres couillons de téléspectateurs et de fans au bord des routes.
    Mais l’argent, toujours l’argent…

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