De ma fenêtre avec vue sur le monde ravi de voir le soleil éclabousser sa joie de reprendre les habitudes d’avant que le coronavirus le mette sous cloche, j’ai pris conscience des difficultés qui seront les miennes pour retrouver une motivation sociale. On devient vite misanthrope dans un contexte comme celui du confinement puisque le danger ne peut venir que des autres. Il faut s’inquiéter de ce phénomène qui risque sérieusement de peser sur les relations humaines déjà fort distendues depuis quelques années. JE est irrépochable… ILS ou ELLES sont suspects !

Lorsque par exemple une personne avec un masque se promène ou attend devant un espace fréquenté par d’autres elle suscite deux types de réactions. Un regard amusé, narquois ou même parfois très réprobateur de celles et ceux qui ne sont pas affublés d’un « cache-gueule ». Il y a même parfois de la suspicion à plusieurs niveaux de la part des non-pourvu.e.s.

Comment ce.tte privilégié.e a pu obtenir cet objet réputé introuvable depuis de longues semaines ou que l’on promet sans que l’on les voit arriver ? Pour quelles raisons est-il porté alors que la pandémie semble peu active en Gironde ? Prendre autant de précautions devient alors vite suspect. Dans le fond, le masque devient parfois, pour certain.e.s plus inquiétant que rassurant.

Les affirmations contradictoires qui se sont succédées et qui continuent à alimenter les interminables débats sur la valeur de ce geste. Si l’on écoute les uns, il ne sert qu’à protéger légèrement les autres mais pas à se protéger. Alors pourquoi le mettre si l’on se pense en pleine santé ? C’est l’autre qui engendre la méfiance…

Les avis divergent. Si le masque empêche éventuellement de contaminer les autres (acte citoyen s’il en est) il ne protégerait pas de la réception des postillons éventuellement diffusés par les autres ou au minimum il ne protégerait pas totalement. En respirant à travers le tissu il serait possible selon les commentateur.trice.s que le virus puisse s’infiltrer sans trop de problème. D’ailleurs les protections en tissu ne figurent à ce jour dans les gestes barrières recommandés. Pas très rassurant.

Il aurait été intéressant de lancer un slogan national très simple du genre : « Je vous protège. Et vous ? » si les « pontes » les « sommités » des « baratineurs attitrés » avaient simplement accepté de dire que si le masque n’est pas parfait c’est mieux que rien. ne pas protéger les femmes et les hommes de première ligne a constitué une faute qui nécessitera autre chose que des missions d’information parlementaire.

Le Ministère de la santé des statistiques avait une position claire sur le sujet : « il n’est pas prouvé que ces masques (en tissu) soient efficaces pour se protéger. ». Comme ce n’était pas suffisant dissuasif les garants de l’efficience des mesures de protection de la population ont ajouté que ces masques en tissu « faits maison » peuvent se révéler dangereux : « [ils] donnent un faux sentiment de sécurité, les études montrent que les porteurs de masques se touchent bien plus souvent le visage, et risquent de plus se contaminer. » Et pourtant des millions et des millions d’entre eux vont déferler dans les familles qui ont ou les fabriquer ou les acheter. On a viré de bord dans ce domaine comme dans tous les autres!

Les modalités d’entretien, de préservation de leur efficacité, constitueront une vraie contrainte. Le danger résidera aussi dans un non-respect de la durée d’usage ou de l’impossibilité qu’auront les plus modestes à s’en procurer. Des associations girondines m’ont déjà contacté pour s’inquiéter des personnes en rupture sociale dont ils ont la charge et qui ne relèvent pas d’une commune ou d’une ville. Quid des migrants ? Quid des personnes n’ayant aucune conscience réelle de la situation dans laquelle se trouve la société car elles existent ? Où seront les masques?

De ma fenêtre sur une crise sanitaire que la Gironde a vraiment du mal à imaginer les contradictions sont partout. On multiplie les mesures de précaution se voulant drastiques alors que tout dépend simplement de prise en compte citoyenne de sa responsabilité personnelle. Un chauffard ivre, un empoisonneur déversant des pesticides, un pollueur anonyme est-il moins dangereux quotidiennement qu’un individu se promenant paisiblement dans un chemin de campagne sans masque à plus d’un kilomètre de son domicile ?

Peut-on vraiment oublier que l’épidémie a débuté avant les fêtes de fin d’année et que peut-être que des milliers de personnes sont décédées chez elles sans que la responsabilité du Covid-19 soit identifiée ? Doit-on ignorer qu’en France les maladies cardio-vasculaires tuent… 400 personnes par jour et que l’on attend un aggravation dans les prochains mois ? Pourquoi ne pas évoquer que 25 000 enfants, femmes, hommes meurent dans le monde de faim ? Nul doute que les masques sont trop sur les yeux et pas assez sur la bouche ! Et ce sera après comme avant…