La chaleur sous toutes ses formes deviendrait, si l’on en croit quelques oracles de la lutte contre la pandémie, l’ennemi numéro 1 du Coronavirus. Le déconfiné ensoleillé que je vais finir par devenir, a bien entendu que la température jouait un rôle dans la destruction de ce virus . On ne va pas tarder à adorer à plus d’un titre, l’astre solaire et en attendant on s’évertue à l’éliminer en cherchant à le « cramer ».

Privés de chaleur humaine depuis de longues semaines, les déconfiné.e.s s’éclatent et vont certainement faire péter le cercle des cent kilomètres pour s’offrir un coin de plage. Les plus respectueux dénicheront un bout de gazon et les plus chanceux se prélasseront au bord de leur piscine quand d’autres se contenteront de se plonger dans une eau chorée tiédie par des rayons bienveillants. Le soleil arrive au bon moment pour renforcer la sensation de libération et donc celle d’une victoire prochaine contre l’ennemi invisible. En plus circule une consigne sur le rôle positif qu’auraient les rayons ultra-violet sauf que c’est faux !

Depuis que l’État a fait par exemple tenir par les collectivités locales sa promesse de fournir des masques à chacun.e on assiste aussi à une flopée de conseils en matière d’entretien de ces objets protecteurs. Sur les plateaux des télés qui ressassent, d’éminents hygiénistes y vont de leurs tests, de leurs conseils, de leurs recommandations, de leurs constatations reposant sur la stérilisation via la chaleur. Les méthodes reposant sur des « vérités » scientifique interprétées varient sur la base de tuyaux que l’on se refile dans des rencontres utilitaires.

Ainsi il ne faut absolument pas croire sur l’enfournement à 70° des masques dans un four. L’expérimentation a été menée dans des laboratoires dont les lieux de cuisson ne sont pas du tout identiques à ceux des cuisines de nos maisons. Le verdict est donc tombé : inutile de faire rôtir ou cuire les masques en tissu en mode pizza ou chaleur tournante. Il en va de même pour le lavage en machine. Rien à attendre également du four à micro-ondes qui ne lui fait pas la peau.

Là encore, aucune certitude sur l’usage du thermomètre. Un seul principe a été diffusé avec certitude : « masque bouillu… masque foutu ! ». Les conseils oscillent en effet selon les magazines spécialisés entre 60 et 70 ° avec une durée de brassage allant des 20 minutes à la demi-heure. La machine à laver le linge constitue alors un cimetière avéré pour le Coronavirus. Ça chauffe en effet pour lui surtout quand on lui passe un savon. Certains y ajoute du désinfectant, de l’adoucissant et tentent même le blanchiment dont personne ne sait vraiment quel est l’impact sur sa porosité ultérieure.

En fait si l’on résume la situation : il vous faut tirer au sort entre ces multiples propositions celle qui conviendra à votre sensation de mise en sécurité de votre bouche, de vos yeux, de votre nez. La seule certitude c’est que le virus n’aime pas qu’on lui « chauffe les oreilles ». Même l’Académie de Médecine a émis des hypothèses sur l’effet de la chaleur sur la propagation de la COVID-19.

Les résultats d’une enquête attestent que « l’indice de diffusion, de 2,67 en Europe pour une température moyenne de 11,2 °C, s’abaisse à 0,03 en Afrique subsaharienne où la température moyenne s’élève à 34,8 °C. Les académiciens confirment « les observations selon lesquelles les climats chauds ont un effet réducteur sur la transmission de SARS-CoV-2 et confortent l’hypothèse d’une influence saisonnière du climat sur l’épidémiologie de la Covid-19 dans les pays tempérés. »

Bizarrement, mais c’est un déconfiné n’ayant pas encore perdu la mémoire qui l’affirme, la première affirmation de la saisonnalité du Coronavirus vient du… professeur Didier Raoult. Le 23 avril dernier il déclarait : « On a une diminution maintenant constante du nombre de cas diagnostiqués, du nombre de cas d’hospitalisation. Le nombre de morts, ce sera un peu plus long car des gens meurent souvent plus d’un mois après avoir été infectés. On est sur une vague descendante. Je ne prédis pas l’avenir mais si les choses continuent comme ça, on a bien l’impression que ce qui était une des possibilités de cette maladie, c’est-à-dire une maladie saisonnière, est en train de se réaliser. » Il a ajouté: « Il est possible que d’ici un mois il n’y ait plus de cas du tout dans la plupart des pays tempérés. C’est une possibilité non négligeable. » Il semble qu’elle devienne réalité.

Une bonne canicule arrangerait donc bien les affaires sanitaires. Sauf que le déconfiné septuagénaire que je suis se retrouverait encore reconfiné… sans masque certes mais contraint de se mettre encore au frais ! Un mal peut en chasser ou en créer un autre.