Ce qui a été durant de siècles considéré comme le Nouveau Monde a les allures catastrophiques d’une époque que l’on pensait révolue. Ne pas s’en inquiéter relève purement et simplement d’une méconnaissance absolue des liens existant entre les États-Unis d’Amérique et nos sociétés réputées évoluées. Un pays fédéral sans aucune unité nationale réelle se retrouve confronté à une double crise : sanitaire et sociétale ! Elle semble profonde, durable, dévastatrice dans un contexte politique d’une extrême dangerosité. Où est passé le rêve américain ? Il n’existe absolument plus et il a pris l’allure d’un cauchemar.

Le système des élections américaines avec ses fameuses primaires personnalisant à l’extrême le scrutin a réussi à contaminer la France qui l’a bêtement reproduit sans aucune éducation citoyenne. Ils en sont arrivés à la quintessence de l’absurdité en ayant à leur tête un Président omnipotent, débile, instable, raciste qu’ils n’ont pas majoritairement choisi.

Tout le monde a oublié que le Trump conduisant le pays à sa perte a été devancé de 2,1 points de pourcentage (soit près de 3 millions de voix) par sa rivale Hillary Clinton au plan national, ce qui fait de lui le cinquième candidat remportant une élection présidentielle aux États-Unis sans avoir obtenu le plus grand nombre de suffrages populaires.

Si l’agité du bocal de la Maison Blanche a recueilli 62 984 828 millions de voix son adversaire avait eu la confiance de 65 853 514 électrices et électeurs. Un écart de près de 3 millions résultant de la spécificité des États malgré le soutien prouvé des Russes.

Obsédé par sa réélection il s’efforce à chaque instant de conforter le galaxie des racistes, des religieux extrémistes, des grands exploitants agricoles, des exploitants des énergies ravageuses pour l’environnement, les militaires les plus violents. Une inquiétude pointe aux USA. Elle prend ses origines dans les propos de ce Président protégés par de sénateur.trice.s « Répoublicians » élus avec le soutien de lobbies et de pan d’une société déboussolée. La théorie du « j’y suis, j’y reste » fait son chemin.

Dans son émission Real Time (1), le présentateur Bill Maher prédit que Trump, n’imagine pas un instant qu’il perdra les Présidentielles face à un « socialiste » et donc il va se déchaîner pour renforcer son électorat, usant du mensonge, de la démagogie, de la violence, de la provocation, de la restriction des libertés individuelles, du national-protectionnisme économique.

Tous les contre-pouvoir ciblés sont victimes d’attaques de plus en plus violentes. Bill Maher prédit même un Président battu se barricadant avec des supporters du National Rifle association, le lobby le plus puissant du pays dans la maison blanche. Est-ce totalement absurde ? J’en doute !

Les Républicains conduisent le pays à la ruine alors qu’ils avaient fait de la lutte contre le déficit un cheval de bataille pendant le mandat de Barack Obama, son successeur peine à faire baisser la facture. Le déficit devrait ainsi dépasser les 1000 milliards de dollars en 2020, soit près du triple du montant annoncé en 2018 (456 milliards). La situation en France prend le même chemin car les recettes basées sur la richesse économique ne cessent de diminuer et  Donald Trump en accordant des baisses d’impôts aux plus aisés a aggravé la baisse des recettes.

Comme le budget a aussi globalement augmenté de plus 700 milliards de dollars par rapport à 2018 pour atteindre 4,8 milliards de dollars en 2021 le déficit fédéral dépassera donc 1000 milliards de dollars en 2020 et devrait encore augmenter pour dépasser 1500 milliards de dollars en 2030. Le déficit représentera 4,6% du PIB en 2020 et devrait grimper à 5,4% en 2030, sauf changements sur le plan fiscal ou sur les dépenses.

Le sauveur des finances du pays en sera le fossoyeur ajoutant à la crise sanitaire et économique une terrible crise sociale. Jamais dans l’histoire des États-Unis on a atteint un tel niveau du chômage. L’économie américaine n’a en effet jamais perdu autant d’emplois en si peu de temps. Ce sont 20,5 millions de postes qui ont été détruits au mois d’avril.

En comparaison, 8,6 millions d’emplois avaient été supprimés pendant les deux années de la crise financière mondiale il y a un peu plus de dix ans. La pandémie, loin d’être maîtrisée a ainsi fait passer le taux de chômage, en deux mois, de son niveau le plus bas depuis cinquante ans à un niveau digne de la crise des années 1930.

Les démocratures fleurissent dans le monde et la crise va les renforcer. Celle des USA paraît la plus dangereuse pour le reste de la planète car elle sera la plus dangereuse pour un équilibre géopolitique extrêmement fragile. Qui a la certitude que le mal ne gagnera pas la France cet été ? Pas moi !