Le vieux principe voulant qui « décide, paye! » n’a absolument pas résisté au nouveau monde d’avant la crise sanitaire. Depuis le début du quinquennat actuel le gouvernement ne cesse en effet d’effectuer des annonces destinées à satisfaire les revendications légitimes de professions ou à ajuster les modalités de la solidarité humaine avec chaque fois la même astuce : il « flambe » et en transfère les dépenses sur les collectivités territoriales ! Comme l’opinion dominante ne retient que la satisfaction d’un besoin exprimé souvent via des manifestations et elle ne se préoccupe pas du tout de la manière dont sera assuré le financement.

Les exonérations d’impôts, les dégrèvements de taxes, les remises diverses sur des participations à la vie collective sont évidemment appréciés alors que la seule question à se poser demeure : comment une collectivité locale, départementale ou régionale peut augmenter ses dépenses sans avoir les recettes correspondantes !

La vox populi parle alors de réduction de pans entiers de la vie sociale sans se rendre compte que ces restrictions pénalise toujours les plus défavorisés. Les « victimes » de la baisse des subventions, des aides, des investissements se retourneront alors contre les élu.e.s locaux.cales et oublieront que les responsabilités sont ailleurs.

Les exemples ne manquent pas depuis quelques mois. Les primes qu’adorent le gouvernement car elles sont éphémères et n’entrent pas en compte pour les retraites futures, pleuvent afin d’éteindre les revendications sociales les plus urgentes.

Certaines de ces attributions ont été promises par l’Etat qui emprunte à tout va pour tenter de juguler la crise économique. Des négociations permettront de ralentir les décisions même si parfois il faut vite lâcher du lest.

C’est ainsi que des rémunérations supplémentaires ont été promises aux personnels ayant assuré courageusement et efficacement le soutien aux personnes fragilisées par leur dépendance physique ou psychique. Elles ne sont pas encore officialisées et leur montant reste incertain. La seule certitude : elles seront payées par l’établissement public et donc intégrées dans les prix de journée !

Or ces tarifs fortement comprimés depuis des années dépendent pour l’hébergement au sens large de la contribution du résident s’il en a les moyens et du… département via l’allocation personnalisée d’autonomie (APA établissement) ; l’aide sociale, les crédits alloués annuellement.

L’Agence Régionale de Santé (ARS) assurera seulement la partie soins pour les personnels qui l’assument. Les promesses n’engagent que ceux qui ne le paient pas. Il en sera de même,sauf changement de dernière minute, pour les services d’aide à domicile, pour le secteur du handicap, pour celui de l’aide sociale à l’enfance, pour les personnels ayant été en première ligne !

Parmi eux les sapeurs-pompiers qui ont assuré la sécurité des personnes dans toutes les circonstances. Ils réclament depuis des mois une revalorisation de la « prime dite de feu » destinée à reconnaître les risques qu’ils prennent. Elle leur a été accordée par le Ministre de l’intérieur avec l’accord du gouvernement, d’autant plus facilement qu’elle devra être payée désormais chaque année, par le Département, collectivité support des dépenses du service d’incendie et de secours. Le coût annuel avoisinera les 5 millions d’euros pour la Gironde.

L’achat des masques : il sera pris en charge à 50 % par l’État avait annoncé le gouvernement ! Exact mais sur la base de 2 € alors que les protection en tissu reviennent à environ 4€ ce qui donnera à l’arrivée à une subvention de…. 25 % et non pas de 50 % et encore il faut préciser que cette aide sera financée par des fonds européens. Pour le reste on verra après que les collectivités aient dressé la liste de leurs dépenses…

Selon les prévisions réalistes du conseil départemental de la Gironde il faudra un rallonge minimum de 11 millions d’€ pour faire face à l’augmentation des inscriptions au RSA. Qui sait en effet que si la CAF effectue les inscriptions qu’elle ne contrôle que tous les 3 mois, les fonds sont ceux du département qui doit se débrouiller à assumer une dépense obligatoire décidée par l’Etat mais payé par la collectivité ! On arrivera en 2020 à près de 250 millions d’€ dans notre département. Circulez on a rien vu dit-on à Bercy !

La liste pourrait être plus longue mais elle a peu de chance de convaincre compte-tenu de la faiblesse de la conscience citoyenne ! La perte d’environ 25 % des recettes des Droits de Mutation pour les départements ne semblent guère préoccuper le gouvernement. Des avances de trésorerie seront proposées pour compenser la perte des fonds nécessaires pour faire face à des dépenses décidées nationalement.

La crise aura mis en évidence le mépris dont fait preuve un gouvernement à l’égard de la réalité de l’action concrète menée par les collectivités locales ayant en charge la solidarité humaine. Solidarité économique / pas de problème ! Solidarité sanitaire : on va voir ! Solidarité sociale ?