Les banques connaissent une embellie depuis la dernière phase du déconfinement. Les clients désireux d’acquérir ou de construire leur domicile hors des grandes villes sont de plus en plus nombreux. Pour plusieurs raisons le marché de l’immobilier reprendrait plus vite que prévu pour plusieurs raisons. Plus que jamais le fantasme contemporain (maison, gazon, téléivision de la maison individuelle idyllique située au milieu de nulle part a repris des couleurs.

La période « d’enfermement » en ville a été parfois mal ressentie par des familles qui souhaiteraient davantage d’air et d’espace. La chasse au terrain à bâtir à une ou deux dizaines de kilomètres des métropoles a débuté. En ville, plus question de vendre pour les agents des appartements sans balcon ou terrasse même réduite. Les exigences des acheteurs ont été accentué par la période sombre edu Coronavirus.

Dans cette quête à l’emplacement idéal réputé paisible car dénué de toute activité humaine il faut vite dénicher les moyens financiers d’y accéder. Avec prudence les banquiers proposent donc des prêts à des taux encore intéressants sur des durées assez longues. Comme circulent des inquiétudes sur l’évolution des ces deux critères les candidat.e.s à la propriété semblent pressés de contracter leurs emprunts.

Les conditions d’attribution deviennent cependant sévères et les assurances coûteuses. Cependant les prêteurs n’étant pas des philanthropes ils ont vite vu le filon. Alors que l’Etat leur demande de soutenir les entreprises avec sa garantie, ils savent bien que ce sont les particuliers solvables qui représentent la meilleure clientèle. Une clientèle à ne pas dédaigner pour assurer l’avenir car les avances faites aux commerçant.e.s, aux prestataires de services, aux artisans sont normalement à court terme dans un contexte peu rassurant.

Il existe une autre clientèle beaucoup plus intéressante : celles des investisseurs ! Ils souhaitent sortir de placements susceptibles de subir des effets néfastes d’une crise financière potentielle. La notion de « placement » sûr entre désormais dans les préoccupations de gens qui ne comptent pas ou qui comptent trop bien. Ils recherchent des biens pouvant déboucher sur des plus-value ultérieures. En attendant leur recherche conduit à une augmentation des prix de l’ancien pouvant être aménagé, transformé en logements. L’investissement immobilier est un investissement qui dure dans le temps et cette tentation reste très présente dans la société française.

La bulle qui a existé l’an prochain ne gonflera pas autant qu’en 2019 mais il est fort probable qu’elle reviendra à un niveau convenable tant que des doutes existeront sur le retour éventuel de la seconde vague. Le confinement a marqué les esprits beaucoup plus qu’on ne le pense. L’impact sur les politiques publiques risque d’être immédiat.

La pression dans les zones rurales ou périurbaines sur le foncier risque de mettre à mal les documents d’urbanisme en cours de rédaction ou déjà en place. Le logement, le travail, la vie de famille, forment un tout. Les effets du télétravail, imposé par ce confinement et qui durera plusieurs mois pour certains grands groupes accentuent la volonté de s’éloigner vers des territoires isolés et réputés « naturels ».

Quel impact cette nouvelle manière de travailler aura sur les choix d’habitation ? Sur le temps de transport jusqu’ici « accepté » par les salariés ? Sur l’équilibre accordé entre vie personnelle et vie professionnelle ? Nul ne le sait encore mais des prémices existent.

La collision entre de principes pourtant réputés indiscutables : diminuer la consommation de terres agricoles, restreindre l’étalement urbain, installer d’autres moyens de déplacement que l’automobile, revitaliser les cœurs des villes et l’ambition des classes B+ risque de faire du mal.

Dans un récent rapport le Sénat préconise : d’« encourager les mises en chantier, car cela permet de doper l’offre. Mieux aménager le territoire pour que la population soit mieux répartie. Lutter contre les logements vacants pour réinjecter de l’offre sur le marché ». Et enfin « réhabiliter les logements anciens dégradés. Notamment dans les centres-villes et centres-bourgs. Outre l’aspect revitalisation, cela permet de renouveler l’offre ». Des solutions archiconnues qui n’arrivent pas émerger réellement.

Il y a par exemple 40 000 demandes de logement à loyer modéré sur la Métropole bordelaise. La pénurie existe également dans tout le département. La demande de maison individuelle avec espace vert privatif en location dans les zones périurbaines ou rurales va se renforcer alors que les « installés » refusent d’accueillir ces constructions. Bien des listes aux municipales l’ont emporté en promettant un arrêt de l’urbanisation, ce qui devient dangereux pour l’avenir.