Aucun prévisionniste sérieux peut avancer des hypothèses fiables sur la cascade de crises quis e profile. Il faut pourtant se rendre à l’évidence : le pire est à venir en France. Toute la stratégie gouvernementale étant basée depuis plusieurs années consécutives sur l’amélioration sociale par la seule croissance économique nous allons droit vers le précipice. Il paraît que les élites qui pensent et agissent dans l’intérêt général gamberge autour des perspectives à court et plus encore à moyen terme.

La fameuse loi de l’offre et de la demande tombe à plat et n’a plus aucun sens car il n’y aura pas de reprise rapide de la consommation intérieure. Les foyers ayant encore les moyens d’investir dans divers secteurs peuvent peut-être se laisser tenter par des placements sécurisés quand les plus modestes ne dépensent pas en raison de leur peur de l’insécurité sociale liée à la crise.

Le Livret A enregistre en en effet un niveau de collecte record pour un mois de mars : les dépôts ont dépassé les retraits à hauteur de 2,71 milliards d’euros, d’après les chiffres communiqués par la Caisse des dépôts.. Certes la crise du coronavirus est à l’origine de cette collecte hors normes. La consommation des Français a drastiquement diminué et ne semble pas rebondir dans certains secteurs. L’année 2019 avait également été exceptionnelle, avec une collecte nette de 12,66 milliards d’euros, c’est-à-dire 26% de plus qu’en 2018 !

Comment peut-on croire que la croissance dans un tel contexte est encore la planche de salut ? Le Fonds monétaire international (FMI) place d’ailleurs la France parmi les pays les plus touchés au monde par…la récession. Le Produit intérieure brut, dont on pourrait discuter de son intérêt comme repère de la richesses réelle, chuterait en 2020 de 12,5%, au lieu de 7,2% initialement prévus. Seules l’Italie et l’Espagne (-12,8 %) feraient plus mal !

Bien évidemment le gouvernement et notamment Bercy dont les ordinateurs surpuissants savent trouver les pistes d’estimation de ce plongeon dangereux. Il était aux alentours de 11 % ce qui constitue un record absolu ! Si tout allait pour le mieux (réouverture des frontières en Europe le 15 juin et à la fin de l’été avec le reste du monde le tourisme repartirait) et si le rythme de retour des productions et des services s’accentue cette prospective serait très difficile à confirmer dans les faits.

Un peuple ayant perdu la confiance, ballotté depuis des semaines par des décisions contradictoires, déboussolé par des manœuvres incompréhensibles ne retournera pas facilement par exemple vers les magasins, les restaurants, les automobiles ou le mobilier. Or le FMI rappelle que seule la consommation des ménages sera particulièrement déterminante puisque la crise sanitaire a surtout provoqué un arrêt de la demande.

Pendant le confinement, en France, comme ailleurs, les ménages ont effectué principalement des achats de produits de première nécessité (alimentaire et hygiène), délaissant vêtements, meubles ou encore véhicules. Il faudrait surtout de la stabilité, de la lisibilité de l’avenir pour changer cette frilosité qui s’est installée.

La « peur » sous diverses formes a ruisselé dans toutes les classes sociales. Majoritairement elle concerne le Coronavirus dont on apprend chaque jour qu’il est encore loin de son extinction. Les « vieux » qui alimentent la machine économique sont les plus concernés par cette réalité et ne sortent plus pour alimenter la croissance. Le seuil des dix millions de cas de Covid-19 dans le monde devrait être atteint la semaine prochaine alors que l’épidémie n’a pas encore atteint son pic dans la région des Amériques, a averti l’OMS. Doit-on être très optimiste ?

Il existe également un angoisse touchant à l’avenir professionnel dans un contexte où les dépôts de bilan vont se succéder. Comment se projeter quand du jour au lendemain vous pouvez perdre votre activité (commerçant.e.s, artisan.e.s, auto-entrepreneurs) ou votre travail (ouvriers, cadres, techniciens) ? La peur des collectivités territoriales privées par l’effondrement de l’économie de la sûreté de leurs ressources dont elles ont besoin pour mettre en œuvre une solidarité efficace va devenir problématique. Partout la peur à pris le pouvoir !

L’échéance d’un retour à la normale est fixée à « mi-2022). Pas avant et certains prédisent qu’il faudra des décennies pour que la « mondialisation » présentée comme salvatrice des intérêts généraux revienne à son niveau antérieur. Il faudrait repartir sur de nouvelles bases alors que le libéralisme se contente de mettre des rustines sur sur un système financier en perdition. Laisserons-nous le « joueur de flûte » nous conduire vers le précipice ?