L’urbain submergé par la seconde vague verte

Dans le fond le second tour aura déconfiné la politique locale… Une vraie performance du gouvernement qui a renouvelé de manière spectaculaire le personnel politique des grandes métropoles françaises. Il y a un an La République en Marche devait décrocher un réseau d’élus locaux qui lui permettrait de s’ancrer politiquement. Désormais la drapeau vert flotte sur les grandes mairies et celui de LREM est rangé à la cave.

Le premier constat c’est que ce n’est même pas un échec cuisant, mais comme l’on dirait dans un vestiaire de rugby, une branlée phénoménale. Este-ce bien pour le pays ? Je n’en suis pas certain dans la période actuelle tant le Président de ce qu’il reste de la République, va être affaibli et isolé. Aucun de ses prédécesseurs n’a été dans une telle situation. Un gouvernement d’une grande faiblesse, un parti qui ressemble à un mouchoir de poche, des alliances catastrophiques avec la droite et une crise sociale qui se profile : l’avenir est sombre!

Certes les municipales ne constituent pas un signe d’appréciation de la politique nationale mais il faut constater que partout où est apparu l’étiquette, même très discrète, LREM elle a généralement constitué un repoussoir. Le résultat de Bordeaux en apporte une preuve flagrante mais c’est aussi le cas dans de nombreuses autres villes. Le nouveau monde n’a rien apporté à l’ancien quand justement le contraire c’est produit sur la gauche. A Bordeaux non seulement Cazenave n’a pas apporté son électorat mais il a mobilisé contre Florain la « haine » des classes moyennes en s’aliant avec un défenseur du pouvoir en place.

Depuis de mois les spécialistes envisageaient une «seconde vague ». Celle-ci est arrivée. Elle a déferlé et submergé des métropoles. Immédiatement les têtes (de liste) ont émergé. Elles ont un bonnet vert et donc bien évidemment les médias ne voient plus que cette couleur alors que les équipes ont des nuances bien plus diverses. Les comptes mériteront d’être faits quand toutes les collectivités auront été installées et rien n’est certain en terme de majorité verte aus esn EE-LV d’adhésions officielles.

Il n’est pas certain que la victoire soit aussi monocolore que l’on veut bien le dire. Il aurait été préférable, malgré les protestations de certains de parler de victoires des valeurs citoyennes incarnées par des têtes de liste inscrites dans un parti écologistes.

Le plus dur arrive puisque dès ce matin, il faut pour ces nouveaux élus, passer de la parole aux actes, de l’opposition à la gestion, de la contradiction à l’adhésion. La réforme de la fiscalité locale va prendre effet dans les prochains mois et les marges de manœuvre vont se réduire comme peau de chagrin. Rien ne pourra être similaire, en matière de gestion, aux années antérieures. Des budgets 2020 déjà fortement engagés et des perspectives peu enthousiasmantes. Les vainqueurs vont devoir se pencher d’urgence sur les rapports entre collectivités territoriales et l’État et sur l’animation d’une équipe pour gérer.

Le premier constat oblige à reconnaître que les personnalités fortes dans tous les partis ont échappé au massacre dès le premier tour. La rupture a souvent été consommée quand arrivait sur le devant de la scène un.e successeur.euse. La personnalité de l’héritier.e ou de la repreneur.euse a joué probablement un grand rôle. « Tant qu’à changer on va donc changer ! » et les vieilles recettes du passé n’ont pas suffi à ineverser cette volonté de bouleverser la donne.

A Marseille, à Lyon, à Bordeaux, à Strasbourg, à Tours, à Poitiers… cette réalité a été vérifiée. A l’inverse à Paris, Lille, Toulouse, Pau les sortant.e.s ont résisté. C’est aussi le cas dans de nombreuses communes de moindre importance où les relèves ont été extrêmement difficiles. Avec même des cas où il n’y a même pas été possible qu’elles existent. Ce phénomène va inciter de passages de témoins anticipés dans le courant de ce mandat qui débute. La leçon aura été rude dans bien des villes.

Encore une fois les résultats passés au filtre des médias sont uniquement urbains. Les municipales c’est aussi un réseau de dentelle sur le territoire national. Si l’on observe plus finement le second tour dans le département de la Gironde la plupart des villages structurants (anciens chefs-lieux de canton) ont basculé dans l’escarcelle de la gauche sous toutes ses formes confortant un premier tour qui avait été déjà favorable.

Bazas, Sauveterre de Guyenne, Sainte Foy la Grande, Guitres, Branne… par exemple ont été rejointes par Salles et Belin, Saint Jean d’Illac,… Les statistiques des résultats dans les communes de plus de 3 500 habitants seront à cet égard révélatrices d’un changement profond de la vie politique locale. On verra les retombées de ces modifications dans les prochains jours avec le troisième tour que représente la mise en place des intercommunalités… et la préparation des départementales et des régionales. On en reparlera…

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4 réponses à L’urbain submergé par la seconde vague verte

  1. J.J. dit :

    Bien sûr, la Droite Honteuse (LREM, qui sous le fallacieux prétexte d’apolitisme, a des réticences à afficher ses pâles couleurs et qui est victime d’ un coup sévère de décolorant) a pris un grave camouflet.
    Nous ne pouvons que nous en réjouir, si cela n’ouvre pas la porte à des aventuriers.

    On pourrait se réjouir aussi de voir arriver des têtes et des idées plus ou moins nouvelles, mais c’est oublier que, quelle que soit la couleur de l’apparente gouvernance, c’est la Phynance qui aura le dernier mot….comme d’habitude.

  2. Puyo Martine dit :

    Qui vivra, verra.

    • Bernadette dit :

      La dette de la France au sens de Maastricht s’élève à 2415 milliards d’Euros (source Insee)

      • Bernadette dit :

        Quelle que soit la couleur politique, chacun et chacune de nous devront participer au paiement de cette dette, à moins que les nouveaux hommes et femmes politiques puissent participer à son éradication !

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