L’insouciance voire l’indifférence risquent bel et bien de replonger la France dans une nouvelle crise sanitaire. Les signes d’alerte se multiplient mais rien n’arrête une sorte de frénésie collective de retrouver le monde d’avant. Enfin pour une partie importante de la population qui ravale au rang de zombies anxieux les gens respectueux des gestes barrière. Or les dernières communications de l’organisation mondiale de la santé, accusé par l’agité du bocal américain, d’inefficacité ont matière à inquiéter le pouvoir nouvellement installé.

Pour la première fois depuis le début de la pandémie de Covid-19, l’OMS a annoncé hier que des « preuves émergeaient » sur la transmission par l’air du nouveau coronavirus. « La possibilité d’une transmission par voie aérienne dans les lieux publics, particulièrement bondés, ne peut pas être exclue. Les preuves doivent toutefois être rassemblées et interprétées » annonce-t-on.

Il est donc fortement recommandé d’effectuer « une ventilation efficace dans les lieux fermés et d’y respecter une distanciation physique. Lorsque ce n’est pas possible, nous recommandons le port du masque ». Des scientifiques internationaux ont également exhorté l’OMS et la communauté médicale internationale à « reconnaître le potentiel de transmission aérienne du Covid-19 ». C’est donc un nouveau danger très difficile à enrayer qui émerge.

Par ailleurs l’organisation internationale reconnaît que « l’épidémie s’accélère et (que) nous n’avons pas atteint le pic de la pandémie.Si le nombre de décès semble s’être stabilisé au niveau mondial, en réalité, certains pays ont fait des progrès significatifs dans la réduction du nombre de décès, alors que dans d’autres pays, les décès sont toujours en augmentation ». A ce jour 11,4 millions de cas ont été recensés dans le monde, et le virus a tué plus de 535 000 personnes.

En fait le débat sur la saisonnalité du virus bat son plein. L’Europe abordant la période des fortes chaleurs voit le nombre des cas diminuer fortement quand l’hémisphère sud constate un envol de la pandémie. « C’est extrêmement inquiétant », souligne un épidémiologiste français qui constate « une montée de l’épidémie très forte dans les pays qui sont aujourd’hui en période hivernale ».

A Melbourne, deuxième ville d’Australie, plus de cinq millions de personnes ont reçu hier l’ordre des autorités locales, de rester chez elles pendant au moins six semaines. A Madagascar où le médicament miracle du Président n’a pas suffi, deux mois après son déconfinement, la capital est de nouveau placée à l’isolement. En Afrique du Sud où des médecins militaires ont été appelés en renfort dans la province du Cap oriental pour soutenir le personnel médical à faire face à la recrudescence de la pandémie, alors même qu’un déconfinement progressif a débuté en juin…

La saisonnalité apparaît de plus en plus probable et devrait inciter les autorités françaises à se préparer à une fin d’année 2020 compliquée. Rappelons que c’est en hiver et en Chine continentale que le virus a débuté avant de déclencher de fortes épidémies dans les zones tempérées de l’hémisphère nord entre janvier et mai avant que son activité était moindre dans les zones tempérées de l’hémisphère sud.

Après les Etats-Unis (130 080 décès pour 2 910 023 cas), les pays les plus touchés en terme de décès sont le Brésil (64 867 morts), le Royaume-Uni (44 236 morts), l’Italie (34 869 morts) et le Mexique qui dépasse la France avec 30 639 morts. Ces statistiques sont nettement sous-évaluées en Amérique du sud où la misère empêche vraiment de comptabiliser les victimes. Au Brésil où l’autre fada du continent Bolsanero a été contaminé, les décès sont probablement nettement plus nombreux.

Il serait également prudent d’examiner la situation espagnole pour en tirer des enseignements. En effet les fêtes relancées , les repas de famille, les rassemblements privés ont vraiment relancé le danger épidémique. Le territoire de Segria et sa capitale de Lleida, a été la première zone reconfinée d’Espagne.

Le gouvernement catalan a pris la décision d’isoler ce territoire de 210.000 habitants suite à une augmentation des cas mais surtout des hospitalisations pour Covid19 qui ont triplé en 10 jours. Il est interdit de sortir ou entrer dans la zone confinée sauf pour motif de santé, pour aller travailler ou pour cas de force majeure. Les touristes ont eu quelques heures pour repartir avant la mise en place du confinement.

Quand on constate que le CHU de Bordeaux vient de signaler les premiers clusters liés à ce même type de concentrations humaines en milieu fermée et qu’il alerte sur l’arrivée de vacanciers d’autres zones du territoire on peut envisager que tout ne s’annonce pas très sécurisé dans les semaines à venir. La relance ne sera peut-être pas celle que l’on croit.