Il serait vraiment naïf de penser un seul instant que la rentrée 2020-2021 ne connaîtra pas de graves problèmes liées au maintien de la menace du coronavirus. Tout reposera, une fois encore, sur l’adaptabilité des collectivités territoriales à des mesures venues de Paris. Des aménagements à tous les niveaux seront à nouveau nécessaires pour juguler des phénomènes probablement plus graves que ceux que l’on a connus.

Certes les achats de précaution de masques, de gel, de blouses, de gants se multiplient et des stocks se constituent. Et une sage décision. Les achats de tablettes ou d’ordinateurs portables sont en cours. Il faudra en effet tenir compte des manquements graves qui ont eu lieu en matière d’équité d’accès au savoir distribué par les enseignants. La fracture sociale aggravée il faudra impérativement imaginer des solutions nouvelles.

«La rentrée ne sera pas normale», a souligné le président du Conseil scientifique, Jean-François Delfraissy, alors que la France enregistre une forte hausse des appels à SOS Médecins pour suspicion de Covid-19. «La rentrée va être aussi normale que possible mais pas tout à fait normale. On sera encore dans cette ambiance de Covid», a-t-il ajouté Selon le médecin, 500 nouveaux cas de coronavirus sont diagnostiqués par jour en France, «probablement la moitié de la réalité», a-t-il assuré, évoquant un manque de tests. D’ici la fin août tout laisse présager une remise en cause des dispositifs actuels.

«Les mesures de distanciation sociale et les mesures barrières sont en train de s’évanouir ». Mais les Français «ne voudront pas revivre» un confinement généralisé. Faisons attention qu’il n’y ait pas un retour du virus dès les mois d’été», a mis en garde le scientifique, tout en affirmant que désormais la France est capable de dépister les «clusters», les isoler et tracer les cas contacts. «Notre avenir est dans nos mains. Nous sommes nos propres médecins. Plus on prendra les mesures de distanciation, plus la rentrée sera normale». La proposition n’est ni plus ni moins qu’un appel à la citoyenneté.

Il y a désormais un ministre délégué pour suivre ou prendre des initiatives destinées à réveiller une conscience citoyenne bien endormie. Autant que l’écologie dont tout le monde se préoccupe maintenant la citoyenneté constitue bel et bien une préoccupation transversale devant traverser toutes les politiques ? Comment parler de « gestes barrières » solidaires face à une éventuelle seconde vague à des consommateurs de vacances, à des consommateurs de vie collective, des consommateurs d’une fausse liberté d’action se retournant contre eux, des consommateurs de lieux réputés favoriser la convivialité ?

Des consignes claires, simples s’imposent : port du masque obligatoire dans tous les lieux fermés recevant du public. Tout le monde s’accorde sur la dangerosité de la promiscuité et la fréquentation d’espace clos sans renouevllement massif de l’air mais de nombreux exemples démontrent que la généralisation des gestes barrières nuit à son application. en milieu ouvert libre choix, en milieu fermé : pas de choix. N’a-t-on pas légiférer sur le port du voile alors que les conséquences sont sans rapport avec celle de la pandémie ?

Le port du masque est simplement un acte citoyen vis à vis de notre avenir collectif. Or depuis maintenant quatre décennies il a été inculqué que l’essentiel était d’accéder à la consommation dans tous les secteurs de la vie sociale pour favoriser le bonheur via la croissance. Se priver d’une pouce de ce système ressemblant à une machine à broyer les consciences constitue une atteinte aux principes de liberté.

L’épidémie reviendra dès septembre c’est certain. Le système scolaire s’adaptera une fois encore à la hâte. Nul n’oserait réfléchir dès maintenant à une prise en compte possible de nouveaux paramètres. Les vacances sont les vacances. Le monde d’après ne repartira une fois encore que sous la pression et la contrainte des événements. Il en est désormais ainsi… dans absolument tous les domaines. Il paraît que c’est être pessimiste que de tenter d’anticiper les crises or là, nous vivons même plus dans l’optimisme mais plutôt dans une euphorie estivale conduisant à de sévères gueules de bois à la rentrée.

Le pain et les jeux reviennnent dès demain. C’est en effet la fin officielle de l’état d’urgence sanitaire, qui aura été mis en place pendant près de seize semaines. A compter du samedi 11 juillet, même si plusieurs mesures restrictives de droit commun restent en vigueur, certains changements sont à prévoir alors que le risque d’une deuxième vague de la pandémie de Covid-19 suscite toujours des inquiétudes en France. On en revient à l’ordre général des choses et ce n’est pas nécessairement rassurant. Comme les mentalités n’ont pas globalement changé le désastre sera à la mesure de ce constat.