Il y a des mots qui obsèdent ce pauvre Choupinet depuis plusieurs mois et qui reviennent sans cesse dans les conversation sont peu nombreux. Chaque jour les « masques » et les « milliards » tournent autour de lui comme les mouches autour de l’âne. C’est une situation qui devient obsédante puisque depuis quelque temps la « guerre » contre l’ennemi invisible de l’intérieur semble repartir. Ayant abandonné l’arme miraculeuse de la Chloroquine pour celle moins flamboyante du masque, il affichait une mine inquiète. Alors en ce moment la morosité a envahi le quotidien.

Les conseils de défense succèdent au conseils de défenses. On y débat sur un ton solennel des mesures à prendre pour que tout le monde se sente libre de vivre presque à sa guise mais dans un contexte où les contraintes sanitaires doivent redevenir contraignantes. Choupinet le libérateur alterne avec Choupinet la menace. En focalisant le débat sur le seul port du masque il espère que l’on parviendra à atteindre la rentrée tant bien que mal. Le changement des mentalités est beaucoup plus difficile à mettre en œuvre que les règlements coercitifs.

Le tube de l’année aurait du être la « raspa du masque » avec dans le rôle du crooner aux accents enchanteurs Jérôme Salomon. Il ne va pas tarder à revenir pour commenter l’évolution de cette seconde vague dont on pressent qu’elle effacera les souvenirs des estivants tout de même heureux d’avoir profité d’une liberté même conditionnelle. La France est sur le sable et elle n’est pas prête à en sortir. De quoi démoraliser le château.

Alors Choupinet se dope aux injections de « milliards ». Chaque jour il prend sa dose par intraveineuse. Elle le conduit à multiplier les annonces de crédits ouverts pour redonner vie à des secteurs entiers de la vie collective. La France sous perfusion ne parvient pas à se sortir du marasme dans lequel elle s’enfonçait déjà depuis des mois. La « fièvre jaune » de 2019 avait singulièrement affaibli sa résistance et celle provoquée par le Coronavirus n’a fait que l’accentuer.

Lae « bandit manchot » européen fonctionne a plein régime. Le casino de Bruxelles tourne à plein régime. Choupinet s’est essayé à la roulette ou au black-jack et a fini par gagner 40 de ces milliards venus du ciel européen. Il a fallu qu’il déploie ses talents de joueur de poker pour rafler une part de la mise disponible. Un exploit obtenu à l’esbroufe en raison des concessions faites sur l’avenir.

Expert éminent dans l’air de la manipulation des cartes, prestidigitateur habile sortant de son chapeau des sommes jusque-là invisibles, escamoteur redoutable des dossiers les plus dangereux, doté d’une dextérité exceptionnelle de la main droite, il épate encore un public subjugué par son art de la mise en scène. Les milliards se multiplient au même rythme et dans les mêmes proportions que les pains et les poissons des évangiles. Ce qui impressionnait car exceptionnel est devenu en quelques semaines banal et récurrent. Il suffit de demander un peu fort pour être attributaire d’une manne céleste inépuisable. Dans le public, le sourire amusé du « bourreau de Tourcoing » anciennement préposé aux cordons de la bourse en dit long sur son appréciation de ce numéro de cirque.

Avec l’aide sa gouvernante soucieuse de le voir parfaitement maîtriser, depuis des décennies parait-il, les arts de la scène, Choupinet se construit l’image du Rescator ou du Comte de Monte-Cristo roulant sur l’or. Au point que le remplaçant du « bourreau de Tourcoing » s’en est ému. Ce traître a déclaré tout de go : « à un moment il faudra arrêter d’arroser comme on arrose, » ce qui a jeté un froid parmi les masqués bénéficiaires de la pluie de milliards ! On attendra comme il a ajouté « la fin du feu » (à une date indéterminée) pour que les robinets soient coupés.

Certes les mots « masque » et «  milliards » se succèdent tout au long des journées, Choupinet se régale en jouant ses tours de passe-passe devant une assemblée crédule et un public abasourdi par ce monde porteur d’un danger invisible réputé être réservé aux autres. Le « magicien » a encore de beaux jours devant lui avec ses recettes traditionnelles entretenant l’illusion qu’il est impossible de concevoir un autre monde ne reposant pas sur les finances…

L’illusion ne durera pas ! Il le sait et il demande seulement qu’elle existe durant une vingtaine de mois. Choupinet se transformera en jongleur, clown, trapéziste, dresseur de fauves, écuyer…pour rester le plus longtemps possible en scène.