Les mots se succèdent dans l’actualité alimentant les polémiques et servant à alimenter les médias avides de nouveautés. La crise sanitaire a révélé cette tendance actuel de l’éphémère célébrité d’un nom commun, d’un adverbe ou d’un adjectif. C’est ainsi que le « masque » a laissé la place sur le devant de la scène au « test ». Durant des mois les querelles ont porté sur l’utilité ou l’inutilité d’une protection du visage. Ce n’est pas encore terminé car les positions se cristallisent.

Après la quête des masques ayant provoqué des files d’attente pour parvenir à obtenir ce qui constituait un objet rare, on retrouve des centaines de mètres de personnes dans l’attente de se faire éventuellement tirer le virus du nez ! Devant les laboratoires, dans les lieux de dépistage gratuit, lors des séances collectives des dizaines de personnes de tous les âges tentent de se rassurer.

Bien évidemment les critiques pleuvent puisqu’il faut parfois des heures avant de s’asseoir sur une chaise face à un (e) préleveur (veuse). L’opération dure seulement quelques minutes et le geste clé de cette opération quelques secondes mais les nécessaires précautions préalables compliquent singulièrement le déroulement.

Comme il y avait eu des doutes sur l’efficacité des masques, désormais les pires commentaires sont lâchés sur les tests. La douleur provoquées par l’écouvillon dans la « fosse nasale » provoque des affirmations débridées. Ainsi le prélèvement naso-pharyngé  réalisé en vue d’un test diagnostic PCR pour le SARS-CoV-2 provoquerait des atteintes à l’enveloppe protégeant le cerveau. Une publication péremptoire sur les réseaux sociaux révèle la terrible bêtise dont son capables les complotistes.

« Les testeurs avec leurs écouvillons – qu’ils vous rentrent (vraiment loin) jusqu’à toucher la dernière barrière physique avant d’arriver à votre cerveau – mettent votre barrière hémato-encéphalique en danger ». Cette affirmation est agrémenté d’innombrables risques qui seraient induits par une telle atteinte à la barrière hémato-encéphalique : autisme, AVC, cancer…Ces affirmations ont de quoi effrayer plus d’un internaute, elles ne reposent sur aucun fondement scientifique. La pandémie aura au moins mis en évidence cette propension à diffuser de pseudos informations présentées comme techniquement vérifiées.

C’est parfaitement normal car bien d’éminents représentants du monde médical ont distillé durant des semaines des certitudes aussi farfelues et inconsidérées. Comment ne pas rappeler ces entretiens relevant du spectacle de foire où les traitements miraculeux étaient annoncés ? Peut-on vraiment critiquer ces diffuseurs d’informations farfelues quand des professeurs de médecine ont joué les Pythie ou les Nostradamus durant des heures sur des plateaux de télévision complaisants ? Le doute est permis car il a surtout été instillé par des gens réputés compétents.

Il serait aisé de rappeler les approximations (dans le meilleur des cas) ou les contre-vérités proférées. Les politiques n’ont pas été mauvais dans ce domaine. Masque inutile, masque presque inutile, masque possible, masque partiellement obligatoire, masque obligatoire… Les tests ont eu le même sort et le même cheminement. Leur utilité semble mise en cause puisque la vérité d’un jour ne sera pas forcément celle du lendemain compte-tenu des périodes d’incubation. Rien n’est totalement fiable et définitif.

Le dépistage selon la méthode actuelle ne démontrera son efficacité que si l’on teste de façon quasi exhaustive la population à risques. Le « filet » laisse passer bien trop de personnes asymptomatiques. L’approche actuelle des autorités – un prélèvement dans le nez suivi d’une analyse de chaque échantillon individuellement – atteindra vite ses limites, et, sans la mis en place de nouveaux procédés moins contraignants le vœu gouvernemental : , « tester, tester, tester » ne résoudra rien si ce n’est une mesure très lente de l’évolution de la pandémie.

Comme pour les masques la France du retard en matière de fabrication des tests bien plus rapides que le PCR. Ils seront bientôt disponibles. Sommes nous prêts pour en vérifier l’efficacité et surtout en obtenir des quantités suffisantes avant l’Hiver puisque le mot « vaccin » n’est pas encore à la mode !