Les services publics ont été saignés à blanc dans divers secteurs par les politiques libérales menées depuis le début du XXI ° siècle. Il s’aguit désomais de boucher eds failles béantes dans leur fonctionnement. La réponse n’est jamais structurelle (elle serait contraire aux dogmes du néo-libéralisme) mais purement conjoncturelle. 

Les primes poussent de tous les cotés avec des annonces faramineuses qui se terminent par des sommes vraiment différentes des montants propulsés dans les médias. Ces décisions circonstancielles, même si elles sont les bienvenues, ne règlent aucun des problèmes dont souffrent les réponses essentielles à la vie quotidienne !

Je siège dans divers conseils d’administration d’organismes devant attribuer ces subsides décidés nationalement à des personnels qui ont pris une part importante dans la lutte contre la pandémie. Partout personne ne remet en cause la décision de verser les sommes annoncées nationalement mais tout le monde peut s’interroger légitimement sur la manière de les financer puisque les promesses ont été faites sans que les crédits soient prévus. On est en cours d’exercice budgétaire annuel avec des recettes mal en point et des dépenses qui explosent et à Bercy personne ne s’en soucie ! 

Bien entendu l’opinion dominante ne s’intéresse pas à ce jeu de dupes qui va conduire à des prochaines années catastrophiques. La méthode Coué consiste à rester sur des positions d’un autre temps : en faisant verser des primes aux salariés qui les méritent le gouvernement espère que la consommation repartira et qu’ainsi son filet de taxes lui permettra de renflouer très partiellement des caisses vides. Or on ne décrète pas le retour de la confiance et plus encore on efface pas la peur de l’avenir.

Les EHPAD publics n’ont pas eu le choix et ont voté les primes annoncées. Qui va les payer ? Pour les personnels médicaux l’ARS devrait dénicher des crédits compensatoires mais pour celles et ceux qui relèvent de l’hébergement ou de la dépendance il faudra se tourner vers les… résident(e)s, les familles ou le… conseil départemental. Il faudra forcément un ajustement du prix de journée pour répondre aux besoins financiers correspondant à un engagement ne relevant pas d’une décision du conseil d’administration.

Le célèbre Ministre de l’Intérieur dès son arrivée a aussi décidé, d’accorder une augmentation de la prime dite du feu aux sapeurs-pompiers professionnels soumis à une forte pression à cause de l’accroissement exponentiel des secours à personnes. Le jeudi 16 juillet 2020 il passait de 19 à 25 % le montant de ce complément de salaire. La date d’effet est au premier août mais comme dans tous les autres cas les fonds ne sortent pas des caisses de l’État.

Les contributions des collectivités locales (communes et intercommunalités) ayant été votées et arrêtées pour 2020 le complément de financement sera assumé… par les seuls conseils départementaux dont les budgets ont été votés en décembre 2019 ou au premier trimestre 2020. Les sommes à trouver atteignent la bagatelle de 80 millions soit + 0, 15 % de leurs dépenses. Pour la Gironde l’ensemble des crédits nécessaires arrive à 2 millions d’euros et donc à 3,6 millions en 2021 !

Les primes aux services d’aide à domicile pour les personnes handicapées ou âgées ont été accordées et… le conseil départemental a dû ajuster les tarifs horaires en conséquence générant plus de 3 millions de dépenses supplémentaires sans que personne ne réagisse. Le gouvernement l’avait annoncé et la seule collectivité ayant compétence en matière de solidarité humaine doit assumer. Et il existe bien d’autres secteurs soumis exactement aux mêmes règles.

Le Revenu de solidarité active a augmenté de 8 % en quelques mois. Au total ce sont plus de 10 millions qui devront être trouvé sur le budget départemental pour pouvoir répondre aux appels de fonds de la CAF. Comme dans le même temps un rapport de la Cour des comptes évalue à un milliard d’euros la fraude détectée aux prestations sociales. Le chiffre aurait presque doublé en trois ans.

Mais l’ampleur réelle du phénomène pourrait atteindre… 14 milliards d’euros par an ! Qui paye : le département pour le RSA puisque les inscriptions sont effectuées par la CAF. Là encore l’État s’en lave les mains… et refuse la renationalisation de cette allocation.

Responsabilité nationale et effets locaux  : en  fait avec cynisme et mépris les gouvernements appliquent un principe simple : « je décide et je fais payer aux autres en les sanctionnant parce qu’ils dépensent trop  ! » Ils le mettent en œuvre ouvertement et partout, en toute hypocrisie comptant essentiellement sur l’ignorance de l’opinion dominante peu informée de ces arcanes financiers pour acculer le local à une crise les dévalorisant. Et en prime… les électrices et les électeurs se retournent contre les élus locaux réputés incapables de faire des priorités ou de diminuer leurs dépenses !