Il faut véritablement avoir un ballon rond qui tourne en permanence dans la tête pour trouver désormais un intérêt à une rencontre du championnat de football professionnel français. Il y a peut-être un ou deux matches par saison dignes du tarif des places ou du nouvel abonnement à une chaîne privée permettant de contempler la décrépitude d’un spectacle d’une médiocrité désarmante. Ce week-end les trois meilleures équipes de l’hexagone étaient en lice.

Les Lyonnais rendaient visite à des Bordelais étant de moins en moins girondins alors que les Marseillais convalescents allaient défier des parisiens requinqués. Un splendide bilan avec un but sur coup de pied arrêté en près de 200 minutes d’affrontements sans autre intérêt que celui de meubler les écrans. Le néant. Le vide. Un désert technique avec la négation du verbe essentiel « jouer » !

Ayant mis un petit milliard pour posséder les droits de diffusion de ce qui relève de la caricature du sport, l’investisseur a toutes les raisons de s’inquiéter sur l’avenir. Ayant tout tablé sur les étoiles intermittentes du Paris Saint Germain il se retrouve avec non seulement une baudruche médiatique mais avec des scandales à profusion. Inconsistants, écervelés, surfaits et surtout méprisants, ils ont accumulé les « bavures » destructrices pour l’image de leur club et par ricochet de tout le football français.

Après l’épopée européenne mal terminée, ils donnent un signe épouvantable en refusant d’aller jouer chez un promu au prétexte qu’ils étaient épuisés par trois rencontres et qu’ils avaient besoin de récupérer. La colère légitime du maire lensois n’avait pas eu un écho médiatique autre que celui du politique qui se mêle de ce qui ne le regarde pas. Comment un élu pouvait attenter ainsi à la santé de ces « travailleurs » moralement abattus et physiquement mal en point ?

Bien évidemment les congés leur ont été accordés car leur puissance est telle qu’aucun dirigeant n’ose aller contre leur volonté. Leur club a calé. La Ligue Nationale a cédé. Et illico en avion payé par le PSG Neymar et ses acolytes ont filé à Ibiza ravi de leur puissance. Tout le monde connaît la suite !

Aucun club n’a protesté. Aucune sanction de leurs dirigeants. Un simple allongement de la période de repos via une quarantaine qui les a transformé en miraculés de la COVID-19. Les infectés des nuits d’Ibiza ont été sur leurs crampons plus vite que toutes les autres malades du pays avec une certitude c’est que le traitement n’avait pas été fourni par le professeur Raoult avant la venue de l’OM. N’empêche que ces guérisons donnent de l’espoir à bien des gens qui ont été contaminés dans des circonstances moins affriolantes.

Face aux Marseillais les dirigeants du club ayant mis en sourdine leurs reproches, espéraient que leurs vedettes auraient à cœur d’effacer cet épisode peu glorieux. Le football en sortirait grandi et une victoire contre « l’ennemi » historique sauverait les meubles qataris. Et encore une fois les enflés du compte en banque ont dérapé sur une plaque glissante de leur suffisance.

Quelles qu’en soient les raisons, le pugilat de la fin de la rencontre a rajouté une pierre à la tombe la Ligue 1 puisque les images ont fait le tour du monde ! Uber Eats a livré un dessert très indigeste.

Coups, injures, racisme éventuel, échanges de tweets violents, accusations, menaces de mort… les suites sont encore plus lamentables. Voici après ce triste début de saison, le football professionnel face à ses responsabilités. S’il ne sanctionne pas de manière exemplaire le trio parisien et le duo marseillais il perdra le peu de crédibilité qui lui reste. La commission de discipline demain soir a intérêt à frapper fort des deux cotés mais elle ne changera rien à la triste réalité. Les fossoyeurs de mon sport iront chercher leurs dollars ailleurs ! 

Des matchs de triste niveau, des retransmissions devenues confidentielles (les chiffres sont inconnus), du foot relégué à la rubrique des faits divers et à l’arrivée plus d’un million de téléspectateur.trice;s devant la chaîne gratuite l’Équipe qui se contente de raconter ce que l’on ne voit pas. Plus de public dans des stades déjà surdimensionnés et des recettes annexes en chute libre (loges ou produits dérivés) ne vont pas nécessairement arranger le sort de la Ligue 1. Pour le football « ordinaire » toutes les précautions sont prises en Gironde : les vestiaires sont interdits pour enrayer le Coronavirus.