La situation en Gironde comme dans tous les départements touristiques, universitaires et peuplés dégénèrent depuis plusieurs semaines. Est-ce vraiment une surprise ? Pas pour celles et ceux qui observent les comportements en milieu urbain ou péri-urbain.

Les causes de contamination se sont cumulées : populations venues de l’extérieur avec les dangers qui accompagnent ces déplacements, rentrée dans les facs avec ses rituels collectifs, concentrations des publics les moins âgés en raison du climat bienveillant dans des espaces public de décompression, rattrapage des réunions non organisées en mai et juin !

Ces phénomènes assez aisément prévisibles n’ont pas été anticipés par un système bicéphale (Préfecture et ARS) essentiellement préoccupé par les conséquences de la crise sanitaire dans son secteur de compétence. Les services de l’État sont arc-boutés sur la relancé économique et veulent absolument éviter des mesures pouvant l’altérer ou la bloquer quand l’Agence régionale de santé joue au plombier en tentant d’arrêter avec les dix doigts des mains des fuites multiples sur des tuyaux percés. La Gironde relativement épargnée en fin d’année scolaire va prendre de plein fouet, cette fois, la pandémie.

Il arrive ainsi que le lanceur d’alerte soit perdu et mêm noyé dans cet océan anonyme où chaque appel ressemble à une bouteille jetée dans la mer des incertitudes. Le décalage entre les annonces officielles et les réactions de celles et ceux qui doivent les mettre en marche est aussi grand qu’entre les souhaits de bonne année et la vie qui suit.

La Gironde étant considérée comme une grande cour de récréation dans laquelle bien des activités sont permises et comme l’été indien semble devoir se poursuivre, la pandémie s’en donne à cœur joie, trouvant des publics nouveaux chaque semaine. En fait à cause de graves difficultés de coordination les autorités diverses ont été dans la réaction permanente contre un mal qui va plus vite que les protocoles et jamais dans l’anticipation. Les écueils sont là!

L’organisation administrative conduit en effet à ce que toute décision nécessite de longues négociations entre des responsables passant leur temps à défendre leur pré carré. C’est du moins ce que l’on perçoit de l’extérieur quand on se trouve confronté aux effets du Coronavirus.Dans la journée de nombreuses demandes me sont ainsi parvenues pour « décoder » le nouveau dispositif ayant à la fois des particularités territoriales variables, des indications numériques différentes et ayant des difficultés concrètes à être mises en œuvre et à faire respecter.

Personne n’évoque, car c’est un sujet tabou, que les administrations concernées par les difficultés actuelles, ont vu leurs effectifs fondre depuis plus d’une décennie. Moins de fonctionnaires de terrain partout c’est inévitablement moins de soutien, moins de réponses rapides, moins de prévention, moins de moyens pour les soins, moins de possibilité pour l’accompagnement des plus fragiles… et tout à coup les personnes dans la panade « gueulent » contre l’absence de relais sécurisants. Il est impossible d’oublier cette course aux crédits et aux moyens matériels promis qui prend un temps considérable et mobilise des énergies utiles ailleurs.

Le Président de ce qu’il reste comme République, dans son discours du 13 avril 2020, faisait de « l’innovation » l’une des pierres angulaires du monde d’après… « Il est de notre responsabilité de bâtir dès aujourd’hui des solidarités et des coopérations nouvelles. Il nous reviendra aussi, dans les prochaines semaines, de préparer l’après. » Une superbe déclaration présidentielle que le gouvernement devrait rapidement mettre en œuvre au niveau de l’Etat en s’inspirant de la réactivité des collectivités territoriales qui ont innové, simplifié, réagi dans des délais rapides. Une profonde réforme devient indispensable. Le département, les intercommunalités, les communes continuent à maintenir des efforts quotidiens concrets pour tenter de pallier une crise beaucoup durable et tenace que nous l’avons cru. En Gironde comme ailleurs ! Est-ce connu ? J’en doute. Est-ce reconnu ? J’en doute encore plus.