On pédale davantage mais on partage moins

Depuis le début de la pandémie et le probable impact des déplacements en transports collectifs les déplacements sur deux roues ont largement progressé en France dans les zones urbaines. Statistiquement les cyclistes de tous les jours occupent toujours plus les rues des villes de toutes tailles. Depuis des années on n’a jamais vendu ou réparé autant de vélos ce qui dénote un vrai changement d’habitudes.

Cette mutation sera-t-elle durable ? Il faut l’espérer quand on sait que 80 % des enfants qui vont à l’école habitant à moins de deux kilomètres s’y rendent…. transportés par leurs parents en automobile ou même en autocar de ramassage scolaire. Et que l’obésité, le diabète, les maladies respiratoires ne cessent de menancer l’avenir des jeunes.

Le beau temps a sans doute favorisé ce développement de l’un des modes de déplacement les plus citoyens dans ses principes. En effet une personne qui pédale cumule des aspects extrêmement positif pour la vie collective. S’il le peut ou s’il le veut un adepte de la bicyclette est un excellent contributeur au budget de la nation.

En effet, et c’est démontré par de nombreuses études la pratique du vélo permet d’améliorer la santé et donc d’éviter de nombreuses maladies générés par la passivité des autres modes de déplacement. La plus récente est écossaise et se termine par un constat vraiment positif. Sauf à souffrir d’une pathologie entraînant un risque de chute majeur, tout le monde peut donc profiter des bienfaits de la bicyclette. Et ils sont nombreux.

« Pour une personne sédentaire, le plus dur, c’est de mettre le pied à l’étrier. Mais après 3 ou 4 séances, les effets positifs se font ressentir. La première chose que me rapportent mes patients concerne l’amélioration de leurs capacités respiratoires, ils se sentent moins essoufflés. Certaines douleurs s’estompent, ils remarquent qu’ils sont moins fatigués. Leur amplitude articulaire se développe. En fait, ils ressentent très vite un mieux-être général », explique un médecin lyonnais en cette période où les méfaits d.e la COVID-19 s’étalent médiatiquement.

Les bénéfices de la pratique ne sont pas uniquement physiques. La santé psychique au sens large connaît la même métamorphose. Pédaler stimule les neurones et accroît ainsi la mémoire et les capacités cognitives. Monter en selle régulièrement aide à combattre le stress, permet d’augmenter son temps d’exposition à la lumière, fait gonfler l’estime de soi, améliore la qualité du sommeil… et la liste est encore longue.

Les comptes de la Sécurité sociale pourraient être diminués de près de 29 millions d’euros et la généralisation du déplacement à vélo pour se rendre au travail pourrait aussi faire économiser jusqu’à 37 millions d’euros par an en supprimant les impacts négatifs de la voiture (bruit, accidents, pollution…).

Le (la) cycliste économise l’énergie (pétrole ou électricité) puisqu’il.elle ne se déplace qu’à la force des mollets. La lutte contre le réchauffement climatique est bien réelle et amplement démontrée puisque la pollution n’existe pas et le recyclage ne pose pas de frais problèmes de… recyclage ! On peut ajouter que le pouvoir d’achat s’en trouve amélioré par une forte réduction des dépenses liées aux trajets de proximité. La prime vélo exonérée de charges contribue également à cette amélioration des finances familiales.

La principale difficulté reste la dangerosité des déplacements dans un trafic souvent perçu à raison comme dangereux (troisième mort en quelques jours en Gironde) , car trop dense et trop ignorant des réglementations de la vitesse. Se remettre en selle nécessite parfois une période de réadaptation ou d’apprentissage.

Il ne faut en effet jamais s’approcher trop près d’un poids lourd à cause des angles morts, ne jamais circuler à moins d’un mètre d’une voiture en stationnement pour éviter d’être heurté par l’ouverture intempestive d’une portière, négocier les tourne-à-gauche et les giratoires en prenant toute sa place sur la chaussée… des milliers kilomètres de bandes blanches ont été tracées à la hâte et l’application de la réglementation zone de rencontre hiérarchisant différemment les priorités ont été enfin instaurées.

Il reste que l’augmentation du nombre de cyclistes a généré un accroissement des incivilités et des entorses plus ou moins graves au code de la route (j’ai toujours réclamé un code de la rue plus adapté et plus efficace). Interrogé par Europe 1 je me suis clairement exprimé sur ces manquements à la citoyenneté.

 « Le sentiment de liberté que donne le vélo, peut-être nouveau pour certains et fait croire que tout est permis et qu’ils n’ont pas à respecter de règles ». Pour ma part je pense que « cyclistes et piétons doivent trouver un moyen de cohabiter car l’absence de pratique citoyenne du vélo peut se révéler un obstacle très fort à son développement dans les prochains mois ». La citoyenneté… toujours la citoyenneté !

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8 réponses à On pédale davantage mais on partage moins

  1. Dabé dit :

    Bonjour Jean Marie.
    Oui le vélo fait du bien. oui le vélo est un art de vivre…..
    Le seul problème est la cohabitation avec les voitures. Je suggère donc que lors du passage du permis de conduire l’on prête pour 30 minutes un vélo au futur conducteur et que on le place en situation dans une rue fréquentée et aussi une ligne droite d’au moins 300m. Dans cette rue le cycliste néophyte s’apercevra vite du danger du stationnement , des intersections et dans la ligne droite il pourrait constater que les véhicules le double à moins de 1,50 m!!
    En ce qui concerne la prime de 50 euros pour faire réparer son vélo: c’est une usine à gaz pour le vélociste qui perd 20 minutes par client pour monter le dossier. Mon vélociste a vite abandonné car il perdait 1h de travail par jour. Il y a peut être là des emplois a créer….! Bonne journée; Adischatz.

  2. Tusitala dit :

    Je suis ok pour cette ode au velo et ses bienfaits..
    mais je suis ulcéré par l’anarchie et les incivilités des cyclistes en ville ..
    Que fait la puissance publique?
    Y a-t-il une règle pour les automobilistes et une autre pour les deux roues qui font n’importe quoi ?
    Les feux rouges n’existent plus ?
    Qu’un cycliste n’oublie jamais qu’il n’est qu’un véhicule sans carrosserie…!!!

    • J.J. dit :

      « Qu’un cycliste n’oublie jamais qu’il n’est qu’un véhicule sans carrosserie… »et un piéton avant et après être monté puis descendu de son Pégase.
      Tout comme un automobiliste est un ancien piéton en passe de le redevenir.
      Je crains que ce bel enthousiasme cycliste ne soit douché par les nuées qui commencent à nous arroser copieusement, et les frimas qui ne tarderont peut être pas.
      Se déplacer à bicyclette au soleil, « avec Paulette » et partir au boulot dans le brouillard, la pluie, la nuit, ça n’est pas vraiment comparable.
      Je souhaite courage et persévérance aux nouveaux convertis du « deux roues ».

  3. Laure Lataste dit :

    Un bémol pour votre enthousiasme…
    Que penser de la « petite reine à pédales » détrônée par la fée électricité ?

    • J.J. dit :

      «  »Que penser de la « petite reine à pédales » détrônée par la fée électricité ? »
      Tout dépend du contexte : dans une ville comme Angoulême, avec ses rampes très longues et jusqu’à 13 %, cela permet à certaines et certains d’utiliser un vélo, ce qui sans la « fée électricité » leur est physiquement impossible.

  4. Puyo Martine dit :

    Bonjour Jean Marie,
    La principale difficulté reste la dangerosité des déplacements dans un trafic souvent perçu à raison comme dangereux
    Tout à fait. Un cycliste, aux heures de pointe est continuellement en danger. Les camions sont tout particulièrement un danger pour les cycliste, vu leur taille et leur peu de compassion pour plus petit qu’eux. Mon fils fait Latresne/Bordeaux Centre C.D.) tous les jours depuis des années. Il a vu le trafic augmenté ainsi que les incivilités. Aussi je te propose de demander aux grosses administrations et autres de Bordeaux de bien vouloir mettre en place un étalement des heures d’embauche et de débauche 7 h du mat, 19 h le soir. cela faciliterait le trafic c’est une proposition qui peut se mettre en place assez facilement si la volonté est là.
    bonne journée.

  5. BORTOLETTO Francoise-Micheline (dite Michou) née CHAVANSOT dit :

    On ne peut nier tous les bienfaits qu’apportent la pratique du vélo mais malheureusement il y a des hic…… c’est le manque de respect mutuel entre les cyclistes et les automobilistes ou camionneurs……… chacun se croyant « le Roi »……. d’où les nombreux accidents que l’on déplore……. Il y a beaucoup de travail à faire pour que cette cohabitation devienne plus harmonieuse….
    Et puis il y a des personnes comme moi qui ont abandonné le vélo depuis très longtemps pour moultes raisons……. ce n’est vraiment pas évident de s’y remettre avec succès, personnellement j’ai peur et il n’y a pas de lieux pour apprendre à se remettre en selle, malheureusement même pas sur notre piste cyclable où il y a de tout et peu de personnes compréhensibles……

  6. Philippe Conchou dit :

    En 40 ans de vélo j’ai fait l’équivalent de 2 fois le tour de la terre et j’en suis à mon cinquième vélo, le sixième sera électrique.
    il y a beaucoup à dire sur l’évolution de la pratique cycliste. Tout d’abord les vélos ont considérablement évolué, fiabilité, tenue de route, freinage etc, les routes sont, en général, meilleures quoique plus fréquentées par les automobilistes, mais, crise oblige, moins par les camions.
    Les automobilistes, par contre, semblent ignorer totalement les conditions de dépassement des cyclistes.
    Je ne pratique jamais en ville, non par crainte mais parce que je vis à la campagne.
    Mais lorsque je me rends en ville je suis sidéré par la pratique dangereuse des cyclistes urbains, pas de casque, pas de vêtements voyants, pneus mal gonflés, manque d’éclairage, franchissement de feux rouges etc… pas étonnant qu’il y ait tant d’accidents…

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