Le Coronavirus a vraiment empêché un certain nombre de personnalités qui comptent, de baver sur les plateaux des télés ne survivant que par le scandale. Les super-toubibs qui savent tout et les éminents spécialistes qui enchaînent le contradictions sur le Coronavirus ont eu le monopole de la parole. Du coup les aboyeur.euses.s patentés doivent rattraper leur retard en se rappelant au bons souvenir des amoureux de la polémique la plus vile. Leurs fonds de commerce comme celui des restaurateurs ou des tenanciers de bars perd beaucoup de sa valeur si on ne parle plus de leurs outrances ou de leur petites phrases assassines.

Zemmour avait semble-t-il disparu car dépassé par les contempteurs du masque ou les pourfendeurs des tests. Certes, il y a bien eu le 25 septembre sa condamnation. Le parquet de Paris a en en effet obtenu que lui soit infligé 10 000 euros d’amende (un pourboire pour lui!) pour injures et provocation à la haine, pour une diatribe sur l’islam et l’immigration lors d’un rassemblement politique un an plus tôt et diffusée en direct sur la chaîne LCI. Comme peu de monde en a parlé sa notoriété n’a pas retrouvé son niveau d’avant crise sanitaire. Il lui fallait donc faire dans l’odieux pour revenir sur le devant de la scène.

Dans une émission sur Cnews dont les gens ayant un brin de sens de l’éthique journalistique apprécient la qualité, le chroniqueur a donc lancé l’une de ses plus abjectes attaques contre les Mineurs Non Accompagnés (MNA) qu’ils appellent les Migrants Mineurs Isolés. Une émission enregistrée que la rédaction de cette chaîne dégoulinante de populisme malsain n’a évidement pas coupé au montage comme la plus élémentaire des prudences lui aurait recommandé de le faire. C’est donc délibéré!

Dans un débat dédié à la question des mineurs isolés après l’attaque terroriste devant les ex-locaux de Charlie Hebdo, Eric Zemmour a ainsi déclaré mercredi soir : « Ils n’ont rien à faire ici, ils sont voleurs, ils sont assassins, ils sont violeurs, c’est tout ce qu’ils sont, il faut les renvoyer et il ne faut même pas qu’ils viennent. ».

Une telle diatribe ne peut être que volontaite tellement elle relève de la caricature fascisante. Comme le veut la tradition les protestations politiques offusquées seront nombreuses. Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA) sera saisi et la chaîne invoquera la liberté d’expression pour couvrir l’une des récidives les plus graves parmi ses déclarations. Le temps passera et il en replacera une ou deux quand il faudra relancre la machine à pub !

Le parquet de Paris a aussitôt ouvert une enquête pour « provocation à la haine raciale » et « injures publiques à caractère raciste » ce qui prendra des mois alors que n’importe quel ouvrier se permettant une critique bien sentie sur son patron serait illico licencié. On ne le mettra surtout pas, à sa place, dans le caniveau se rendant ainsi complice avéré de ses propos. L’enquête débouchera dans quelques années sur une condamnation financière dont celui qui ne vit que de l’exploitation des instincts les plus abjects de la race humaine n’a cure.

Le 29 octobre 2019, le groupe Canal+ avait décidé de ne plus diffuser l’émission en direct. Cette décision faisait suite selon la presse écite, à « de nombreux dérapages d’Éric Zemmour ». Ainsi d’après D’après le chroniquer en Syrie, « Bachar Al-Assad n’a pas gazé son peuple » ; les homosexuels n’ont qu’à « coucher avec l’autre sexe » pour « faire des enfants » ; « la politique de Vichy n’avait pas comme conséquence l’extermination et les camps nazis » et être français reviendrait à être « du côté du général Bugeaud », l’un des officiers de la conquête d’Algérie de 1840, qui massacrait « les musulmans et même certains juifs.» Il rajoute une tirade qui va encore plus loin et espère ainsi provoquer le tollé des opposants ce qui renforcera sa clientèle. C’était enregistré et non allégé de ce propos raciste.

Le vrai problème c’est qu’en novembre 2019, grâce à l’émission, CNews est passée du statut « de lointain concurrent à celui de leader des chaînes info, devant BFMTV et LCI » sur cette tranche horaire. La publicité rentre à fond et rapporte davantage. Le créneau rassemble ainsi 170 % de téléspectateurs de plus sur le créneau 19–20 heures de CNews à la même période en 2018. En deuxième semaine de décembre, Éric Zemmour a mobilisé une moyenne de 321 000 personnes, ce qui permet à « Face à l’info » d’atteindre un niveau historique qui perdure. Plus les propos sont outranciers et plus ils attirent. Une catastrophe démocratique.

Il est pourtant impossible de lui laisser proférer ces généralisations dévastatrices pour tous ces associations qui s’investissent pour répondre à un flux inexorable de jeunes ayant tout subi ou accepté pour trouver un avenir meilleur que celui que notre société dézinguée a créée dans leur pays. Comme parmi les chroniqueurs payés à coup de milliers d’euros il y a parmi ces déracinés le bon grain et l’ivraie. Zemmour le sait fort bien mais il lui faut du buzz pour vivre et à n’importe quel prix.

Des centaines plaintes institutionnelles partiront vers le CSA et le Parquet… mais malheureusement l’indifférence citoyenne constitue la meilleur alliée de ces charognards dépeçant les valeurs républicaines. CNews a encore de beaux jours devant elle avec le Zemmourvid de la haine !