« Le Président avait souhaité, en pleine crise sanitaire, économique qui est devenue très vite sociale, repousser les ajustements annuels du budget supplémentaire. En effet il nous fallait une adaptation financière permanente à des circonstances exceptionnelles et ce fut le cas.

            Les repères budgétaires, stables, grâce à une gestion saine des finances départementales depuis une décennie, ont été singulièrement remis en cause en une dizaine de mois. Nous avons su faire face aux nécessités d’une période où des décisions rapides ont été prises.

            L’incertitude croissante sur le niveau de nos recettes ; les modifications indispensables de nos dépenses de fonctionnement pour répondre aux besoins liés à la crise de la COVID-19, l’accroissement des difficultés techniques pour la mise en œuvre concrète de nos investissements ont véritablement pesé au jour le jour sur la vie départementale. Nous n’avons pourtant jamais été en difficulté.

            Il nous faut collectivement remercier les services de notre collectivité qui, dans leur globalité ont su faire face à un contexte général pour le moins compliqué.

            Depuis le début du mandat nous n’avons eu de cesse de démontrer que nos priorités demeuraient envers et contre tout :

  • le maintien de notre engagement au service quotidien de toutes les générations de  Girondines et de Girondins
  • le soutien à l’activité économique et donc à l’emploi, avec une volonté constante d’investir dans les équipements d’avenir dont notre département a besoin
  • le respect des équilibres financiers alors que, ce budget supplémentaire le démontrera encore, nous devons faire face à des situations échappant à nos décisions d’élu.e.s bien qu’elles nous pénalisent lourdement.

            Le Président avait donc souhaité que nous maintenions le cap dans la tourmente, que nous restions pour cette année 2020 dans le strict respect des engagements pris. J’espère que, vous admettrez que cette orientation, dans le contexte général que nous connaissons n’avait rien d’une sinécure quand l’Etat a navigué à vue.

            D’abord j’ai personnellement en mémoire les propos tenus dan cette enceinte ayant donné lieu à des titres à sensation dans la presse locale sur l’excès suspect de prudence dont nous aurions fait preuve les années antérieures dans nos prévisions de recettes.

            L’année 2020 démontrera en effet que les propos que j’ai indéfectiblement tenus sur le caractère aléatoire de recettes basées sur une croissance économique exponentielle n’étaient pas si infondées que ça. Nous essaierons de le démontrer puisqu’en 2020 elles se seront toutes effondrées ou au minimum tassées sans qu’il nous soit possible de redresser quoi que ce soit. Il est vrai que le Président du conseil départemental n’a jamais déclaré que nous ferions tout « à n’importe quel prix »

            En acceptant que nous essayons, chaque année au moment du vote du budget, de bâtir une stratégie de base prudente et maîtrisée et de ne pas en déroger nous a permis durant ce mandat nous avons réussi à amortir tous les chocs imposés par l’Etat.

            Si nous avions basé toute notre stratégie financière sur des prévisions immodérées des droits de mutation, de la Contribution à la valeur ajoutée des entreprises, des taxes sur les assurances, les produits pétroliers, l’électricité et sur les permis de construire nous nous serions retrouvés cette année dans l’incapacité de faire face à nos obligations croissantes liées aux besoins de la solidarité humaine. Or à l’euro près nous remplirons notre mission/

            Je le redis, car ça restera dans le compte-rendu, que les départements ne pourront pas survivre si leurs ressources viennent de dotations ou de compensations décidées ailleurs que dans cet hémicycle. Notre pouvoir de gestion libre au sens de l’article 72 de la constitution, bien qu’encore théoriquement possible pour cet exercice budgétaire, n’aura plus aucune réalité dès l’an prochain avec la réforme fiscale.

            Pour ce budget supplémentaire dont le niveau est très faible en volume nous utiliserons encore nos économies de l’an passé (140 millions) l’excédent de 2019 qui ne seront que partiellement consommées par des reports de dépenses pas trop élevés (c’est un autre signe de bonne gestion).

            Cet excédent nous permettra de faire face à des dépenses ne dépendant absolument pas des choix de la majorité départementale ou étant circonstancielles et, plus largement de la volonté collective souvent unanime dont vous avez témoignée en votant, lors de la session du budget 2020, toutes les dépenses relatives aux politiques départementales.

            L’autre aspect général que je voulais souligner au nom du Président c’est que l’évolution de nos dépenses hors celles qui sont liées à la crise sanitaire et désormais à la crise sociale, sont parfaitement contenues et le compte administratif 2020 en témoignera amplement : il n’y aura aucun dépassement notable.

            Nous n’avons donc retenu pour ce budget supplémentaire que des ajustements de faible ampleur dans des secteurs déterminés ce qui ne donne globalement qu’un peu plus de 1,2 % de modifications liées à des propositions nouvelles. Il n’y aura et nous le savons déjà, aucun dérapage lié à des décisions de la majorité départementale, hors allocations individuelles de solidarité qui nous sont imposées par l’Etat.

            Seules les dépenses nécessaires pour financer nos réponses à la crise sanitaire peuvent expliquer des augmentations ponctuelles sur certains chapitres. Nous devons enfin prendre la mesure des modifications profondes constatées dans le volume global de nos recettes depuis décembre 2019. Les amputations cumulées de nos recettes décidées nationalement auxquelles il faut ajouter les dépenses imprévues obligatoires car répondant à la crise : nous atteignons 140 millions qui feront défaut aux sommes votées en décembre 2019. C’est une année d’autofinancement qui disparait sans que nous ayons les moyens de nous y opposer. Ce sont 7 collèges dont nous perdons le financement sans emprunt !

            Ce budget supplémentaire démontre donc concrètement ce que peut et doit être notre capacité de résilience financière. Elle nous aura a permis d’amortir les effets d’une période difficile et de maintenir l’ADN de notre collectivité : la solidarité. Pas un seul mouvement budgétaire ne reflète pas l’illustration de cette volonté collective. Nous avons fait face à nos engagements et nous ferons résolument face aux engagements pris.

            Nous avons, par les décisions qui vous sont proposées, pleinement rempli nos missions essentielles : préserver les populations, notamment les plus fragiles, et les personnels qui les accompagnent dans une période angoissante ;participer à la relance économique en augmentant une nouvelle fois le montant de nos investissements d’intérêt général qui se situeront au plus haut niveau des dix dernières années (230 millions dont 110 pour le plan collège) ; maintenir autant que faire se peut les emplois liés aux aides quotidiennes de proximité apportées à toutes les générations. ; répondre aux besoins essentiels des Girondines et girondins via les allocations de solidarité que nous réglerons intégralement ; permettre au lien social, via le soutien à la vie associative, de résister aux conséquences de la crise;  rassurer sur la solidité indiscutable de l’institution départementale  dans des circonstances exceptionnelles          

            Vivre c’est simplement accepter de faire face au présent, à la réalité sans se détourner des problèmes à venir.  Ce budget supplémentaire n’a pas d’autres objectifs.

  Je vous mets en garde car en 2021 vous n’aurez plus ce pouvoir de résilience et d’adaptation puisque vous ne voterez plus que 2 % de vos recettes et donc vous les départements ne seront que des caisses redistributives de dotations ou de compensations aléatoires venant de la loi des Finances votée au Parlement. »