Le débat entre l’économie, le politique et maintenant l’écologie constitue désormais une constante de la vie sociale. La crise en cours a aggravé une situation déjà extrêmement défavorable dans le rapport de force. Et les prévisions économiques pour la fin d’année devenant de plus en plus incertaines et en raison de la résurgence de l’épidémie de coronavirus il faut s’attendre à des conséquences graves. »Comme depuis le début de la crise sanitaire, c’est l’évolution de l’épidémie qui devrait en grande partie conditionner celle de l’activité économique des tout prochains mois », indique l’Institut national de la statistique dans sa dernière note de conjoncture.

Dans l’hypothèse où, au quatrième trimestre 2020, les services les plus affectés (hôtellerie-restauration, services de transport, activités récréatives et de loisirs) reviendraient, après une embellie durant l’été, à leur niveau d’activité de juin dernier et où l’investissement resterait, par attentisme, à un niveau proche de celui du troisième trimestre, la croissance serait nulle en fin d’année selon les prévisions de l’INSEE.

Tout le gouvernement parle de relance et se prépare à distribuer des milliards pour ce qu’il espère être la solution miracle. Quand on connaît la lenteur du déploiement de crédits ainsi que l’incapacité de l’échelon parisien d’organiser une vrai politique d’investissements concrets il y a lieu de s’inquiéter. Entre les annonces et leur arrivée réelle sur le terrain il se déroulera des mois et des mois. Le système descendant tel qu’il reste du monde d’après n’a plus aucune efficacité.

La décentralisation des fonds d’investissement et le soutien massif aux projets déjà prêts à être mise en œuvre par les collectivités territoriales.

Il faut accélérer les chantiers, ouvrir des perspectives de carnet de commande pour les entreprises car bien plus que des aides éphémères elles ont besoin de propositions concrètes pour l’avenir. Accélérons avec des crédits qui, bien que promis tardent à venir l’installation de la fibre à domicile, débloquons les soutiens nécessaires pour toute la transition énergétique et accentuant les aides apportés à toutes les initiatives locales au plus près de gens.

L’INSEE avertit qu’un « durcissement durable » des restrictions sanitaires pourrait provoquer une nouvelle contraction du PIB au quatrième trimestre et les mouvements de carte bleu surveillés comme le lait sur le feu par les économistes ne donnent pas le tournis aux adeptes de la surconsommation comme recette à tous les maux. Or ils ne repartent que très (trop) lentement. Celles et ceux qui pourraient acheter et investir se recroquevillent sur leurs livrets de caisse d’épargne.

En raison du confinement, puis des changements des habitudes de consommation (moins de repas au restaurant, de spectacles, de voyages, de séjours, d’achats de produits à partager…), les Français devraient mettre de côté cette année quelque 100 milliards d’euros supplémentaires. C’est un énorme trou d’air en matière de recettes de TVA et comme toute la stratégie libérale repose sur les multiples taxes sur les achats on va vers des difficultés croissantes.

Si durant l’été un vent d’optimisme a soufflé sur les dépenses, depuis la rentrée la reprise de la pandémie a rendu le plus grand nombre très précautionneux. La pluie de mauvaises nouvelles a mis un coup de frein brutal à cette dynamique. Or la confiance ne reviendra que dans la proximité territoriale surtout après des mois de cacophonie, de promesses non tenues (comme pour le secteur hospitalier) au plus haut niveau des responsables du pays.

Le parti gouvernemental commence à avoir ses frondeurs (plus d’une soixantaine de députés ont refusé de soutenir le retour des néonicotinoïdes), la côte de leur mentor reste faible et celle de son auxiliaire de Matignon ne décolle pas. La droitisation des discours tente de renouer avec les campagnes traditionnelles alors que les mentalités des citoyen.ne.s prenant à cœur leur rôle lors des élections ont évolué.

Le vrai problème c’est que la confiance n’est plus au rendez-vous et qu’elle ne reviendra pas de sitôt. Les milliards virtuels de Bercy ne changeront rien car ils n’ont aucun vrai impact sur le terrain. Le centralisme outrancier géré par des technocrates imbibés de la culture du néo-libéralisme conduira inéluctablement à une fracture sociale sans précédent pour fin 2020 et début 2021. Leur entêtement à refuser de donner de l’air aux collectivités territoriales de toute urgence et de renoncer à la mise en place du carcan des dotations ou des compensations… va bloquer les volontés de relance. Et les vœux du nouvel an risque bel et bien de paraître amers.