Paris et sa première couronne, les principales villes de France (Marseille, Lyon, Montpellier, Toulouse, Grenoble et à un degré moindre Bordeaux) sont sous la pression de la COVD-19 sans que l’on puisse assurer que l’accroissement de son impact sera maîtrisé. C’est exactement la même situation que dans certaines capitales européennes et notamment Barcelone, Madrid, Bruxelles.

Partout c’est le même constat : la pandémie se propage beaucoup plus rapidement en milieu urbain que dans les zones rurales. C’est probablement une lapalissade compte-tenu des modes de vies et du contexte démographique. N’empêche que le virus des villes semble beaucoup plus gaillard que celui des campagnes.

La seconde vague s’est atténuée à la rentrée alors qu’elle avait amorcée son apparition dans les départements ou les zones touristiques. Le retour sur certains territoires à des densités de population moins dangereuses a considérablement changé la donne. La période estivale avait dans une certaine mesure préservé les grandes villes. Les statistiques des fréquentations touristiques démontrent que les centres habituellement très fréquentés n’avaient pas connu la pression habituelle. D’ailleurs leur économie en grande souffrance a tout fait pour tenter de récupérer cette réalité économique.

Les transports en commun collectif étaient loin d’afficher l’affluence que la reprise du travail, le retour des collégien.ne.s, des lycéen.ne.s, des étudiant.e.s a dopé en quelques jours. Le port obligatoire du masque et les mesures de nettoyage des espaces de vie collective ont diminué les risques mais ne les ont pas éliminés compte-tenu des conséquences du retour à des affluences de favorisant pas la distanciation sociale.

Le problème essentiel est ailleurs et découle du confinement du début d’année. Les résultats au baccalauréat ont provoqué une afflux inédit dans les universités déjà surchargées les années précédentes. Amphis bondés durant plusieurs jours, couloirs surchargés, affluence accrue de plusieurs centaines d’entrant.e.s en première année et la nécessité pour eux de prendre leur marque ont vite profité à la contamination. Les groupes dans lesquels le virus a circulé ont été fort nombreux. Des mesures de gestion différente des cours a tenté selon les universités de contrer cet effet négatif.

La reprise des modes de vie estudiantins a accentué la propagation du Coronavirus. Les lieux nocturnes de rassemblement n’ont pas tous joué le respect des règles, trop contents de retrouver leur clientèle… certaines soirées vers la mi-septembre ont largement contribué à la montée de statistiques ayant plongé les grandes villes dans le rouge vif ou écarlate.

Les dernières données confirment que la multiplication de nouvelles contaminations est majoritairement liée à des rassemblements privés (soirée étudiante, privatisation de bars…) associés à un relâchement des consignes sanitaires, notamment des gestes barrières. Résultat : les cas chez les jeunes ont augmenté.La puissance publique ne pouvant ni tout réglementer, ni tout contrôler les décisions prises au nom de l’intérêt général sont inévitablement contournées par des initiatives « privées » encore plus dangereuses.

Pour un spécialiste suisse les milieux urbains denses favorisent de tous temps la transmission de virus respiratoire qui parfois sont en suspension dans l’air. L’intensité de la vie sociale a renforcé cette situation. L’essentiel des emplois et des lieux dédiés aux soins, aux études, étant concentrés sur les zones urbaines, chaque jour, des milliers de personnes s’y retrouvent protégés dans les espaces structurés mais en danger dès qu’ils en sortent.

Plus la pandémie se prolonge plus les concentrations urbaines apparaissent comme difficilement gérables. La densification montre en effet ses limites et la concentration de l’activité économique, des emplois et des équipements se révèle une erreur sociétale. Or le retour en arrière paraît impossible dans cette période et dans l’état actuel des lois. Il suffit par exemple de suivre les péripéties de l’installation d’un lycée sur le Créonnais pour mesurer combien les services de l’État ont des attitudes dépassées en cette période.

La « fuite » des gens qui le peuvent de ces secteurs réputés pollués, bruyants, manquant de sécurité et maintenant dangereux sur la plan sanitaire va s’accentuer dans les prochains mois. C’est la revanche du milieu périurbain ou des « petites » villes qui, si elles savent vraiment se montrer et se préparer auront des opportunités de développement. Il faudra cependant une « révolution » culturelle en matière d’urbanisme et d’aménagement du territoire.