Si les Britanniques et notamment les Anglais se considèrent comme appartenant à l’élite mondiale et notamment européenne les récentes décisions prises par leur gouvernement (mais est-ce seulement chez eux?) vont les mettre au supplice. La pandémie bat son plein et l’affaiblissement général du pays ne se discute même plus.

L’ineffable Boris Johnson a annoncé une batterie de nouvelles restrictions concernant l’Angleterre : fermeture à 22 heures des pubs, bars et restaurants, télétravail encouragé, mariages limités à 15 participants, report du retour du public aux manifestations sportives.

Le port du masque obligatoire est étendu aux employés de commerces, de bars et restaurants, et les sanctions durcies. Ces mesures seront en place pendant « peut-être six mois », a avancé le premier ministre britannique. « Si les gens ne suivent pas les règles que nous avons établies, nous devrons aller plus loin », a-t-il déclaré et il est allé jusqu’à annoncer que l’armée pourrait être appelée en renfort de la police ce qui serait un événement sans précédent en Europe.

De son côté, la première ministre écossaise a déclaré que sa province ira plus loin dans les restrictions plus « dures », comme l’interdiction des visites dans d’autres foyers, n’excluant pas un confinement sévère durant les vacances scolaires d’automne si le nombre de nouvelles contaminations restait élevé.

Rien ne va mieux au Pays de Galles où pendant deux semaines, du 23 octobre au 9 novembre, tous les commerces non essentiels, les bibliothèques, les bars et les restaurants seront fermés. Sauf très rares exceptions, la règle sera de rester chez soi, avec interdiction de recevoir des invités.Une frontière a été de fait instituée avec l’Angleterre voisine qui n’a pris que des mesures localisées. Interdiction de passer d’un « pays » à l’autre !

Pubs et restaurants irlandais sont totalement fermés une période d’un mois, tandis que les vacances scolaires ont été prolongées à deux semaines dans la province britannique Dans la restauration, livraisons et vente à emporter seront néanmoins possibles jusqu’à 23h. Les commerces pourront rester ouverts mais ne pourront plus vendre d’alcool à partir de 20h.

Les rassemblements de plus de 15 personnes, hormis les événements sportifs autorisés, seront interdits. Le télétravail devra être mis en oeuvre sauf quand c’est impossible et il est demandé aux universités de donner autant que possible des cours en ligne.

Dans tout le « Royaume désuni », le nouveau coronavirus a fait plus de 43.000 morts, largement plus que dans n’importe quel autre pays d’Europe, et contaminé au moins 635.000 personnes. Nul ne sait vraiment vers où voguent les îles britanniques d’autant qu’approche la date butoir du Brexit !

Boris Johnson continue l’épreuve de force avec les 27 qui ne veulent pas céder sur le principe d’un accord de libre échange au rabais. Il a donc déclaré en pleine débâcle sanitaire et donc économique qu’il fallait se préparer à un « non accord »

Les deux parties continuent à échanger des communiqués alors que le temps disponible se réduit pour arriver à un compromis, les Européens estimant un accord nécessaire avant la fin octobre pour être transposé et adopté d’ici à la fin de l’année. Et le 1° janvier le risque est très élevé que le « no deal » entraîne le rétablissement de quotas et droits de douanes entre le continent et la Grande-Bretagne.

On s’affronte sur la pêche, la concurrence libre et non faussée pour les produits européens au Royaume désuni et surtout les procédures efficaces pour régler les contestations.

Une partie de poker menteur dans un contexte très tendu s’organise avec des refus spectaculaires ou des menaces véhémentes. Plus l’échéance approche et plus le dialogue va tourner à l’affrontement avec l’espoir que l’on cédera. Pas de programme de relance, pas de soutien monétaire, pas de solidarité internationale…. et un allié (Trump) mal en point.

Si la Grande-Bretagne manque le rendez-vous après que la Covid-19 ait causé des ravages humains et économiques, que les USA aient changé de gouvernance, que les 27 restent unis il faudra vraiment beaucoup d’optimisme outre-Manche pour se sortir d’un contexte très compliqué.

Boris Johnson aura du mal à tenir malgré son ton provocateur et son exhortation les entreprises à accélérer leurs préparatifs pour faire face aux nouvelles règles douanières qui s’appliqueront dès janvier… Le double confinement en quelque sorte !