Les lectrices et les lecteurs qui me font le plaisir de lire quotidiennement les chroniques quotidiennes que je publie sur ce blog depuis plus de 15 ans peuvent témoigner que j’ai maintes fois alerté sur un contexte national dangereux. Aucune prétention dans ce propos mais un simple constat. J’aimerais tant avoir tort sur de nombreux points de notre vie sociale collective mais si les paroles (même présidentielles) s’envolent les écrits demeurent comme preuves de certaines analyses à contre-courant qui se ont révélées reelles.

N’adhérant et ne militant plus dans aucun parti politique depuis maintenant 5 ans je n’ai pas forcément gagné en liberté puisque certain.e.s voient dans ces moments personnels d’écriture une preuve absolue de mon hostilité à l’égard de leur favorit.e. Dans le fond cette situation me convient car elle démontre quelque part une certaine indépendance d’esprit et eds prsies de risques.

Alors en écoutant le Président de ce qu’il reste de République dresser un panorama dramatique de la situation de la France après avoir expliqué que nous avions été les meilleurs en tout depuis des mois (masques, tests, repérages des cas contacts et même egstion des hopitaux ) j’en suis venu à douter de ce que je vivais depuis presqu’un an.

J’avais probablement mal compris les annonces contradictoires sur la « grippette » saisonnière remplacée par une « épidémie » puis une « pandémie » ; la distanciation dite « sociale » devenue distanciation « physique » ; l’inutilité de mettre un masque suivi, après un louvoiement digne d’un grand navigateur des mers, par l’obligation de le faire ; les mérites de Raoult et de son hydromachinchose agonisés et vilipendés par les mêmes qui les avaient vantés ; les tests d’abord parcimonieusement distribués avant de devenir « LA » solution absolue ; les carences en postes et en matériel des hôpitaux niées avant d’être admises (souvenez-vous des « héros »!) puis oubliées pour redevenir prioritaires.

Désormais au bord du précipice le généralissime lance l’appel à « l’union sacrée » qui est brandi comme le dernier rempart contre le mal dévastateur qui nous guette…Toutes celles et tous ceux qui n’approuveront pas les mesures décidées deviendront des traîtres à fusiller sur les plateaux des télés-perroquets. Or ces mesures annoncées ont été arrêtées par un « conseil de défense » illustration parfaite des pratiques du pouvoir actuel qui considèrent le gouvernement comme un outils d’exécution de décisions prises ailleurs. Un accessoire dans le jeu présidentiel.

Le Parlement enregistrera les propos présidentiels, chaque fractions organisées en son sein ira de son « oui mais » ou de son « non mais » sans avoir la moindre influence sur le catalogue explicatif des propositions des hauts fonctionnaires entourant le chef de guerre. Comment dans un tel contexte obtenir la confiance, ressouder la Nation et ne pas sombrer dans un splendide isolement ?

Quand en plus il appelle à la rescousse « les maires et les présidents d’intercommunalités » (qui n’ont aucune compétence dans la lutte contre la pandémie) et que sont oubliés les Départements il faut s’interroger. Où est la volonté réelle de mettre en synergie les acteur.trice.s d’une indispensable solidarité ?

Dans ces chroniques le 2 mai, le 3 septembre puis le 7 octobre le mot « confiance » figurait dans le titre…Il n’y aura pas d’acceptation sociétale des conséquences indiscutablement dramatiques de la pandémie si de manière forte, constante, sincère tout n’est pas mis en œuvre pour redonner « confiance ». Et ça c’est plus dur que de décider de fermer les librairies, les bibliothèques, les cinémas ou les théâtres, les salles de sport, less alles des fêtes ou les vestiaires des stades de mettre une référence à un âge qui aurait valeur d’état de santé.

Il n’est pas question de remettre en cause la nécessité absolue d’enrayer une crise sanitaire présentée à longueur de débats abscons, fallacieux ou approximatifs comme étant d’un danger absolu (400 000 morts seraient possibles) alors que, selon les statistiques de l’INSEE, il n’y a que quelques centaines de décès de différence sur 9 mois (480 963 en 2019) avec les nombres des deux années antérieures – 470 557 en septembre 2017 (-2,2 %), 481 462 en 2018 (+0,1 %) , 480 363 en 2019 (– 0,12 %)-

En fait toutes les mesures prises que je respecterai et demanderai autour de moi de respecter à la lettre, visent essentiellement à empêcher un écroulement total du système de santé publique miné sur ses bases depuis des années par les vagues des restrictions financières destinées à démontrer que le privé était beaucoup plus performant en gestion et en résultats.

Le sabordage de tous les services publics organisé depuis près de 20 ans au nom des économies budgétaires voulues par une Europe libérale et liberticide, montre ses vraies conséquences. Et cette épidémie là ne sera pas soignée… par une confinement mais par un changement radical de politique dont les résultats n’arriveraiennt  que bien longtemps après la fin de la pandémie.