En fait en quelques minutes et sans perte de temps le Premier des Ministres aurait pu annoncer qu’un re-re-confinement partiel allait nous aider à combattre la montée de la seconde vague. On s’en doutait un peu et le contraire eût été incompréhensible. Alors il aurait pu par exemple répondre à des questions sur la fermeture de l’usine de pneus de Bridegestone. Tout devait être politiquement tenté pour empêcher que le propriétaire nippon plie bagages en laissant sur le carreau à Béthune plus de 850 salarié.e.s de tous niveaux de compétence.

Il serait vraiment naïf de penser que cette annonce brutale dans le contexte actuel où les rassemblements sont interdits, les réunions limitées ou seulement pas visioconférence, le dialogue social très diminué relève de la pure coïncidence. Le 16 septembre une pré-annonce avait été faire générant des effets de manche des Ministres en charge de l’économie et de la réindustrialisation du pays !

La première alerte  avait été tirée par la direction locale de l’usine qui dans la proximité avait tenté de dégonfler l’affaire avec des promesses de reconversion et de plan social à minima. Là, le coup de grâce est venu de la direction européenne qui a confirme tout de go la décision de vider le site en avril 2021.

La ministre en charge du dossier a constaté avec une déclaration démontrant qu’elle avait été probablement informée : « Bridgestone a fermé la porte et quitte le site. Mais nous serons là aux côtés des salariés pour trouver les meilleures solutions possibles ». Une déclaration qui est un aveu totale d’impuissance.

Bien évidemment c’est être un affreux complotiste que de penser que c’est dans les Hauts de France, région présidée par l’un des rivaux potentiels du Président de ce qu’il reste de République. « Le bras de fer continue avec la direction », a vite lancé Xavier Bertrand, président du conseil régional. « Bridgestone ne va pas partir comme ça. On est en France, on ne jette pas les salariés comme des kleenex. » Le président de Région réclame le maximum d’efforts à la direction européenne du manufacturier japonais pour indemniser les salariés béthunois et revitaliser le site.

D’ailleurs le Maire UDI a à son tour parler « d’une période d e deuil qui débute » ce qui est pour le moins pas très heureux comme comparaison. Il a ajouté : « on a arraché une partie de notre histoire, mais maintenant il faut qu’on ait des perspectives d’avenir ». Or les repreneurs seraient au portillon. Indiens… Chinois et même… Turcs (sic) seraient tenté de s’installer sur un site que Bridgestone considère comme non rentable et sans intérêt industriel dans le contexte actuel de la chute des marchés automobiles.

Toutes les tentatives pour mettre en place un plan de refonte de la fabrication ont été vain. Les exonérations d’impôts sur les sociétés ou de charges sociales seront vite classées dans la catégorie « pertes et profits ». Toutes le rodomontades actuelles sont vouées à l’échec puisque durant deux mois les salariés ont respecté les consignes de rester mesurés pour favoriser les discussions et maintenant ils sont bloqués pour des semaines si ce n’est des mois par le confinement.

Le jour où est annoncée cette fermeture de Bridgestone qui plonge des centaines de familles dans la précarité  le secours Catholique publie ses prévisions sur la pauvreté. Le Premier des Ministres aurait pu nous indiquer comment il envisageait de répondre à l’annonce de plus de 10 millions de gens vivant sous le seuil de pauvreté d’ici la fin de l’année 2020. Selon l’Insee, la France comptait 9,3 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté monétaire en 2018.

Le Premier Ministre aurait pu commenter la manière dont il compte certes diminuer le risque sanitaire, mais aussi répondre à la perte de revenus, l’isolement dû au confinement, la distanciation, la peur de l’autre et au bout le chômage dont parlent les auteurs du rapport. Il aurait été intéressant qu’il explique si le « revenu de base » n’est pas la seule réponse intelligente à la situation actuelle.

Véronique Fayet « dangereuse révolutionnaires » du Secours Catholique  réclame « la mise en place d’un plancher social qui protège tout le monde des accidents de la vie, que l’on soit jeune dès 18 ans ou une personne âgée à la retraite » Elle appelle de ses vœux  « la création d’un revenu minimum garanti pour tous , y compris les moins de 25 ans qui n’ont pas droit aujourd’hui au RSA, équivalent à 50 % du revenu médian en France, soit 890 euros par mois et par personne ».

C’est concret, efficace, adapté mais c’est obstinément refusé depuis la campagne présidentielle uniquement parce que c’est une proposition progressiste émise par Benoît Hamon et portée désormais par des Présidents de Départements de gauche. C’est pourtant la seule solution qui permettra de sortir des effets d’une crise sociale qui ne fait que débuter !