Le rapport sur le report des échéance électorales a été remis en mains propres et passées au gel hydroalcoolique du Premier des Ministres. Comme tous les documents de ce genre il sert surtout à faire plaisir à celui qui l’a rédigé car rien n’oblige celui qui le reçoit à le mettre en œuvre. Souvent, comme la décision est prise bien en amont il suffira de ne retenir que ce qui correspond à ce qui la justifie. Dans l’hypothèse où le contenu serait décalé, il suffira de le mettre sur une étagère avant de l’envoyer aux archives.

Échaudés par des élections municipales quelque peu chaotiques le pouvoir en place a décidé de « concerter » autour de la date des prochaines régionales et départementales. La pandémie qui était considérée comme inoffensive ou au moins maîtrisable en mars dernier a depuis considérablement augmenté son impact social.

Un sondage à la hâte avait démontré que le doublement des bureaux de vote (régionales et départementales) avec doublement des files d’attente, des tables de dépouillement et des opérations électorales effrayaient les maires anciens et nouveau  Les arguments utilisés pour organiser un premier tour catastrophique sur le plan de la participation dans les zones urbaines devenaient inutilisables dans le contexte actuel.

Il est vrai que la pression du Président du Sénat sortant en faveur de ce scrutin dans les communes avait été très forte car il avait en point de mire le renouvellement partiel du sénat devant lui permettre de conserver son fauteuil présidentiel.

La propagation du Coronavirus, la mise en danger des scrutateur.trice.s n’avaient alors pas une grande importance ! La responsabilité de l’échec démocratique de ce rendez-vous électoral de proximité a été porté au discrédit de l’Élysée alors qu’il ne lui incombe vraiment pas totalement. Loin s’en faut.

Les régionales constituant l’enjeu majeur avant les Présidentielles la prudence s’est imposée et donc il fallait diluer la responsabilité de les repousser afin d’éviter une déroute et espérer que la majorité actuelle évite un nouveau naufrage. L’analyse des municipales a en effet démontré que l’électorat urbain qui avait souvent conduit à la victoire des candidat.e.s LREM ne suivait plus.

Or les grandes « régions » se joueront cette fois encore dans les zones métropolitaines avec des candidats pouvant empêcher en 2022 la captation de l’électorat de droite par le président sortant : Pécresse, Bertrand, Wauquiez, Muselier…Il fallait donc repousser l’échéance le plus loin possible. Et rien ne dit que ce ne sera pas le cas…

Peu importe qu’il y ait le même jour des départementales car les chances de victoire dans ce scrutin où les exécutifs sont majoritairement très solides et difficiles à mettre en péril. Il s’agit en effet d’un vote binominal sur des personnes et pas nécessairement comme à la proportionnelle sur des concepts partisans. Pour renverser une majorité quand on a aucun élu.e sortant.e il faudrait vraiment des circonstances exceptionnelles.

A un an des Présidentielles il était également difficile de se trouver des alliés politiques à droite quand le candidat sortant met la barre résolument dans cette direction. Comme à gauche c’est la cacophonie intégrale avec un soliste à l’ego incontrôlable et des Verts boulimiques la tentation était grande d’attendre…. la fin 2022 en position de force. Ce n’était pas aisé de prolonger un mandat électif de… plus de 18 mois et donc ce serait considérer comme un coup de force.

Alors le rapport accepté tel quel par le Premier des Ministres va être soumis d’abord au Sénat puis à l’Assemblée nationale pour la promulgation d’une loi…qui tentera de jouer sur le délai de juin 2021 en introduisant une clause de revoyure mensuelle après avis du conseil scientifique… Rien n’est donc perdu si la pandémie se poursuit durant la période post fêtes de fin d’année et si en mars avril il existe encore des doutes !

Personnellement j’approuve les propositions de Debré car elles me paraissent les plus adaptées aux circonstances actuelles. L’acte citoyen de voter doit être préservé mais le système des procurations vérifiées par des personnes assermentées désignées par le.la Préfet.ète (la Gendarmerie et la Police ont d’autres occupations) et des horaires élargis partout pour éviter des moments d’affluence néfastes. Je suis plus réservé sur le vote par correspondance… car c’est une source de contestation et pas qu’aux États-Unis. Autant éviter par les temps qui courent !