Et si une bonne partie de l’électorat de l’agité enfermé dans le bocal de la Maison Blanche avait atteint le point de non-retour vers la raison ? Chaque jour post élection démontre que le fanatisme découlant d’une irrationalité omniprésente dans la société US va conduire à des comportements dont nul ne connaît l’impact.

Impossible de les sortir des idéaux complotistes, de cette paranoïa épouvantablement inquiétante reposant soit sur des principes d’un autre âge soit sur une négation de tout ce qui ne correspond pas à leur vérité.

Dans le fond il vaut peut-être mieux que le « battu » aille doucement vers l’admission des a défaite car cette contestation absurde du résultat instille doucement dans son électorat la notion de défense. Seuls les extrémistes continuent à manifester leur contestation infondée de l’élection de Joë Biden et il faut admettre que pour ces milliers de « croyant.e.s » il n’y a rien à espérer. Drogués par l’opium du racisme, des haines de toutes sortes, un individualismes forcené, un «nationalisme » inquiétant ils s’enfoncent dans une résistance au réel.

Leur échec ou celui de leur mentor a nécessairement des explications totalement absurdes mais dont ils ne varient pas. Sans preuve crédible, les avocats de Donald Trump ont essuyé une vingtaine de défaites pour une seule victoire devant les tribunaux et retirent même leurs contestations.

C’est irréfutable et irrémédiable, l’explication est simple : il existe une complicité du « Deep state » (Etat profond) qui n’aurait jamais accepté la légitimité du président « sorti » qui est en plus est seul face aux mensonges de Fake News des grands médias hostile et à la censure de Facebook ou de Twitter.

Le manque d’éducation et plus encore de culture accentue l’imprégnation de ces idées simplistes, répétées en boucle, dans des groupes structurés. On assiste à un phénomène collectif qui s’il ne concerne pas la majorité des électeur.trice.s reste la base de l’installation d’une forme d’extrémisme dangereux. Le meilleur exemple reste celui de la pandémie que des millions d’Américains nient l’existence même.

Dans l’émission « Quotidien » le témoignage d’une infirmière révélait cette affreuse emprise trumpiste sur les esprits. Elle expliquait que des malades hospitalisés car gravement atteints par La Covid 19 niaient sur leur lit la réalité du mal qui les affaiblissait. Mieux à l’approche d’une issue fatale certain.e.s refusaient encore que l’on prévienne leurs proches pour les avertir de leur possible contamination. Trump a affirmé que la pandémie n’existait pas et donc ils ne pouvaient pas en mourir !

Sommes nous si éloignés en pareilles circonstances de ce que nous condamnons dans les aliénations de masse religieuses conduisant à des extrémités terroristes ? Le travail de sape mené par les Républicains durant quatre ans a vraiment fait s’effondrer la capacité d’analyse d’un grande partie du pays. Rien ne les ébranlera et il est à craindre que la « folie » fasse un jour parler les armes qui sont omniprésentes dans leurs rangs.

Les récentes municipales françaises avaient récemment démontré qu’il y avait un « vote urbain » et « un vote rural » totalement différent. La présidentielle américaine a été encore plus contrastée sur ces bases. Christophe Guilluy trouvera des arguments pour justifier ses constats de la France Périphérique et à constater qu’ils ont une certaine universalité. La carte des votes US est extrêmement révélatrice de ce malaise.

Entre les habitant.e.s des métropoles où se créent les richesses et où « se concentre une nouvelle bourgeoisie qui capte l’essentiel des bienfaits du modèle mondialisé » et des zones des catégories populaires, celle des villes petites et moyennes et des territoires ruraux la fracture s’accroît. L’absence de lien social, le repli sur le triptyque « maison, gazon, télévision », l’isolement même des personnes précarisées, les inquiétudes économiques en se conjuguant donnent des réactions du type de celles de l’électorat trumpiste.

Tous les partis politiques français devraient vraiment se préoccuper de cette évolution et se préparer à l’émergence de nouveaux phénomènes lors des prochaines élections. Le Trump français n’a pas encore émergé alors en attendant le cap vers les repères et les repaires pouvant le trouver est maintenu. Tous les symptômes existent.