Nous avons constaté combien il est nécessaire d’avoir des prévisions fiables dans tous les secteurs de la vie collective. Il est en effet effroyable dans un pays du niveau de celui de la France que nous soyons toujours en réaction par rapport aux événements or comme, on le répétera jamais assez, « gouverner c’est prévoir » ce qui est loin d’être le cas.

Les masques ? Les équipements sanitaires ? Les respirateurs ? Les vaccins bientôt ? La gestion est d’une semaine à l’autre voire d’un jour à l »autre. Les statisticiens ou les prévisionnistes sérieux ne sont pas considérés comme des personnes essentielles. La course poursuite entre les faits et les réponses va donc continuer.

Les analyses restent sommaires ou biseautés des projections n’impactent pas les politiques dans absolument tous les domaines. Les décisions sont donc globales et peu adaptées à des évolutions très différentes. Il faudrait pourtant que l’on convienne de grandes évolutions qui vont bouleverser les certitudes que nous avons socialement à court ou à moyen terme.

Ainsi dans le système éducatif, dans un avenir proche, des changements sont à prévoir qui ont un impact sur la vie des collectivités locales. Les prévisions faites sur le nombre d’enfants selon leur niveau scolaire sont intéressantes . Par exemple il faut s’attendre à ce que les effectifs des écoles primaires accusent une baisse marquée dès la rentrée 2020 et que ce constat se poursuive dans les prochaines années

Si 6,617 millions d’élèves ont été accueillis dans les 49.965 écoles publiques et privées du premier degré en 2020 ce seront 86.900 élèves qui manqueront à l’appel en septembre 2021. Une chute de 1,3% expliquée par les « évolutions démographiques ».

Le nombre de naissances étant passé de 832.800 en 2010 à 753.000 en 2018…. soit une chute de près de 9,5 %  qui se répercutera sur les structures collectives de la petite enfance, l’accueil des assistantes maternelles et les écoles maternelles en 2021 et surtout 2022… L’effet est immédiat

Les classes maternelles perdront ainsi 66.500 élèves (-2,7%), contre 22.500 dans l’élémentaire (-0,5%). Un paradoxe apparaît : alors que l’instruction est devenue obligatoire dès l’âge de trois ans il y a un an, les taux de scolarisation des enfants âgés de trois et quatre ans diminuent.

Tandis que celui des enfants de deux ans s’écroule : -13.9%…. alors que souvent les municipalités ont mis en place du personnel titulaire spécialisé qui très rapidement sera en sureffectif. Bien entendu les réalités sont différentes d’une commune à l’autre, d’un département à l’autre ou d’une région à l’autre.

Le secteur primaire public révèle une forte fracture territoriale. À l’exception de l’Île-de-France et de Strasbourg, les académies les plus touchées par la baisse des effectifs sont toutes situées dans la moitié nord. Dans le sud, le quart sud-est – académies de Grenoble, Aix-Marseille et Nice – est le moins touché par l’érosion. Dans les départements la Gironde est néanmoins en baisse globalement.

C’est exactement le phénomène inverse qui arrive dans l’enseignement secondaire (collège et lycée) À la rentrée 2020, 5,686 millions d’élèves y sont scolarisés, soit 9.400 de plus qu’un an plus tôt (+0,2%). Explication : la génération 2009, qui entre au collège, est plus importante de 17.800 naissances que celle de 2005, qui vient d’en sortir. Certains département et certaines régions vont devoir sur une décennie faire face à des besoins financiers pour construire des établissements de manière accéléré.

Globalement en France le nombre des élèves est nettement en hausse dans les collèges (+16.000) ainsi que dans les lycées professionnels (+1.400). En revanche, les effectifs décroissent dans les filières générales et technologiques des lycées (-8.000). Ici, ce n’est pas la démographie qui est à l’œuvre, mais la mécanique de l’Éducation nationale. Cette baisse s’explique par la chute des redoublements en terminale, elle-même liée au taux de réussite très élevé au baccalauréat 2020. 

Toujours dans le second degré, quatorze académies voient leurs effectifs progresser, dont douze plus fortement que la moyenne nationale. La Gironde est dans la haut de ce palmarès avec par exemple plus de 8 000 collégiens supplémentaires à accueillir dans les six ans qui viennent.

Deux phénomènes se conjuguent : celui de la démographie des naissances antérieures en augmentation et celui de l’afflux de 18 à 23 000 habitants supplémentaires chaque année. Et nul n’a encore analysé les effets de la pandémie sur ces prévisions ce qui promet des moments difficiles quand il s’agira de parler postes d’enseignant.e.s ou locaux nécessaires à l’enseignement et à la demi-pension !