Dans la France actuelle certaines estimations prétendent que, pour des raisons diverses, 10% de la population ne maîtriserait pas plus de 400 à 500 mots. Ce phénomène se poursuit lentement mais inexorablement. Il permet d’utiliser cette ignorance pour générer des mouvements incertains reposant sur l’approximation et l’amalgame. Sous prétexte de parler « simplement » et de ne pas ennuyer le monde on finit par l’abêtir pour l’asservir.

Le secteur de l’immigration est peut-être celui des plus grandes généralisations hâtives volontaires. Dans le langage courant on parle d’immigrés et on colle ce qualificatif à tout étranger se trouvant sur le sol français. Cette synthèse permet bien évidemment de dresser le plus grand nombre de personnes contre celles qui ont des motivations des statuts, des droits bien différents. Facile de tout mélanger.

Un « migrant » selon l’Unesco doit être réservé à « toute personne qui vit de façon temporaire ou permanente dans un pays dans lequel il n’est pas né et qui a acquis d’importants liens sociaux avec ce pays ». Cependant, c’est un mot qui peut désigner toutes sortes de déplacements. Son usage explose à l’été 2015, lors de la crise des migrants.

Il est choisi par les médias, probablement parce qu’il était disponible – c’est-à-dire sans trop d’images attachées à lui. Mais il n’est pas neutre pour autant : il met l’accent « sur le mouvement des populations, plutôt que sur les raisons de leur départ ou les conditions de leur accueil. « 

Le temps d’un passage de frontière, « l’émigré » devient un « immigré ». L’Institut national d’études démographiques propose cette définition :  « En France, on réserve la dénomination d’immigré aux seules personnes “nées étrangères à l’étranger”, en excluant « les personnes nées françaises. »

Pourquoi ne pas rappeler simplement que sur le sol national, en dehors des « mineurs étrangers non accompagnés » reconnus par la Justice confiés aux services de l’enfance des départements, les « arrivants immigrés » dépendent à tous point de vue de la responsabilité de l’État ! Quelle que soit la manière dont ils arrivent (les filières mafieuses font des fortunes sur leur sort), il appartient aux services de la police de l’air et des frontières ainsi qu’à toutes les forces de maintien de l’ordre d’éviter qu’ils parviennent en France de manière illégale.

En fait un « immigré » ne peut « rester » que s’il justifie de motifs vérifiables et vérifiés pour avoir quitté son pays d’origine. Il sollicite alors l’accueil et devient alors ce que l’on appelle un demandeur d’asile. Il peut alors demeurer en France avec une attestation.

Sa situation sera maintes fois examinée et ses récits analysés surtout s’il ne vient pas d’un pays considéré comme « dangereux » et fans lequel il est considéré qu’il ne peut être « persécuté » ou « maltraité ». Des récits tout prêts sont préparés par les passeurs qui leur donnent des arguments stéréotypés ne résistant pas à l’examen des commissions.

Le migrant ou l’immigré devient alors « demandeur d’asile » et devra attendre plusieurs mois avant que sa démarche aboutisse. La possession d’une attestation de demande d’asile, ouvre des droits à l’Allocation pour demandeur d’asile (ADA) lors d’un rendez-vous au Guichet unique (Guda).

Le montant de l’allocation s’élève pour un adulte seul, il s’élève à 6,80 € par jour. Elle sera versée pendant toute la durée de la procédure de demande d’asile, à condition d’accepter les conditions matérielles d’accueil proposées par l’Ofii dans un centre d’accueil spécialisé dont le nombre de places est insuffisant !

La plupart du temps ces lieux sont gérées par des associations financées par l’État. Faute de possibilités d’accueil les demandeurs finissent souvent à la rue avec tous ceux qui n’ont pas obtenu une réponse favorable à sa demande ! Ils deviennent alors des « déboutés de l’asile » quand la demande rejetée définitivement par l’Ofpra et par la CNDA et ayant épuisé tous les recours possibles. En 2019 sur 110 000 demandes seulement 9 600 (hors mineurs accompagnants) ont été acceptées !

Si sa situation lui permet d’obtenir le statut il est qualifié de « réfugié » et pourra solliciter un permis de séjour ce qui devient une autre histoire administrative aussi longue de travailler. La reconduite à la frontière doit être assurée pour les autres qui n’ont aucun droit à s’installer en France, par l’État qui doit cependant obtenir l’accord du pays quitté ou celui par lequel il est entré dans l’espace Schengen.

Si ce n’est pas le cas n’ayant plus aucun droit il va tenter de survivre dans des conditions de précarité absolue en tentant d’échapper aux contrôles éventuels. Il devient alors une personne en « situation irrégulière » avec tous les dangers qui vont avec. Place de la République ils s’en sont aperçus !