Il fut un temps où l’organisation de manifestations autorisées sur la voie publique nécessitait un dialogue préalable avec les « gardiens de la Paix » devenus les « Forces de l’ordre » sur le sujet de l’auto-protection du cortège. Les partis politiques, les syndicats avaient des militants spécialisés qui encadraient les participant.e.s afin d’éviter les débordements. Désormais ces relations ont pratiquement disparu et les événements deviennent inquiétants.

L’apparition depuis plus de vingt ans de groupes organisés violents et dénués de tout lien avec l’objectif des protestataires a totalement perverti la mise en place de revendications démocratiques. Le (la) manifestant.e aussi sincère et paisible soit-il.elle a bien du mal à se retrouver dans des débordements discréditant son action.  En fait l’amalgame plane dans toutes les circonstances et les scènes de dégradations volontaires, de caillassages ou les attaques groupées menées par ceux que l’on dénomme les Blacks Bloc font la une des télés perroquets.

L’origine de ces pratiques de noyautage des manifestations vient de Berlin où les  autonomes adu début des années se sont regroupés et structurés pour faire face aux incursions policières.dans leur lieux de « vie ». Ils occupaient en effet des squats ou des lieux « autogérés » .

Leur comportement défensif a progressivement inspirés en marge des mouvances « anticapitalistes », internationalistes » ou antifascistes ». Cette utilisation de la violence a donc migré à travers le monde (USA notamment et bien évidemment Europe) avec des approches différentes.

En fait leurs pratiques découlent d’une approche « politique » condamnant toutes les revendications pacifiques quelles qu’en soient les motivations. L’essentiel pour eux c’est d’amalgamer autour d’eux les gens de tous bords voulant exister par des actes dépassant la logique simple du défilé.

Leur technique constante se base sur des rassemblements par petits groupes en marge du trajet avec une dispersion au sein des manifestations avant de se regrouper lors des dispersions et passer aux actes violents.

Les actions des « blacks blocs » ciblent alotrs généralement les symboles de l’État (police, tribunaux, bâtiments administratifs) et du « capitalisme » (banques, agence d’intérim, entreprises multinationales, publicité, restauration rapide, agences immobilières).

Afin de justifier leurs interventions contre la mondialisation libérale, les militants soutiennent que le capitalisme est infiniment plus destructeur qu’aucune de leurs actions directes. En fait à l’arrivée ils finissent vraiment par décrédibiliser des actions citoyennes lucides et responsables.

Aucune revendication officielle, aucune possibilité de reconnaissance, absence réelle d’organisation pyramidale, le black bloc ne serait ni une structure, ni un réseau, ni une idéologie. Elle utilise au sein d’une manifestation les possibilités de dissimulation pour mettre en œuvre sa contestation de tout ordre établi.

Ces individus qui parfois ne se connaissent que par affinités portent des vêtements noirs ou très sombres, ce qui rend difficile le travail d’identification et d’interpellation. Ils s’habillent ainsi au dernier moment et changent immédiatement de tenue une fois les exactions terminées.

En général ils sont rarement arrêtés et savent que seuls les suivistes maladroits et mal formés sont interpellés et il est extrêmement difficile de remonter la piste des vrais « blacks blocs ». Ils viennent de partout et peuvent se regrouper lentement pour de grands rassemblements sans forcément être repérés.

J’ai pu avoir un récit précis et documenté du 21e sommet de l’OTAN, conférence diplomatique réunissant dans les villes de Strasbourg en France et de Kehl et Baden-Baden en Allemagne les 3 et 4 avril 2009 les chefs d’États et de gouvernement des pays membres de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord.. Ce moment avait été marqué par la première visite sur le sol français et allemand du président américain Barack Obama !

Dans le pacte franco-allemand sur la sécurité, le gouvernement de la chancelière Merkel devait contenir les Blacks Blocs sur la rive du Rhin du côté Kehl mais sous la pression d’une « armée très violente » (2 000 personnes) le barrage a cédé et comme tout le service d’ordre français était concentré sur le trajet entre le lieux de réunion et l’aéroport ce fut un désastre.

La douane, l’office du tourisme, un distributeur de billets, une pharmacie (par propagation du feu) et l’hôtel Ibis sont incendiés, des vitrines d’usines et 27 abris bus sont détruits, ainsi que des panneaux publicitaires, des caméras de vidéo-surveillance et un radar automatique. Le montant des dégâts s’élève à plus de 100 millions d’euros tandis que 1 500 personnes ont été blessées dont plus de 100 policiers et 13 pompiers.

Ce type d’action n’existe plus et désormais un étrange mélange entre Black Bloc et excités divers utilise le support de revendications légitimes pour poursuivre son œuvre de déstabilisation de la démocratie. Un vrai danger que personne ne sait vraiment maîtriser.